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『오베르만』의 풍경묘사에 관하여 - 빛과 어둠의 문제를 중심으로

Une étude sur la description des paysages dans Obermann - autour des problèmes de lumière et d'obscurité

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La description des paysages joue un rôle particulièrement important dans Obermann : elle fonctionne comme un élément constitutif majeur du roman, qui est, par contre, presque dépourvu de récit. Montagnes, lacs, forêt sont des sites favoris que Senancour décrit inlassablement. Nous ne nous intéresserons pourtant pas à ces objets descriptifs, mais à leur atmosphère dont la cohérence est assez caractéristique : manque de lumière et abondance d'ombre. Obermann est un personnage étrange qui fuit presque maladivement le beau temps. La force de la lumière, évoquant immédiatement la sécheresse et la platitude, lui paraît toujours pénible, voire insupportable. D'où une quasi-absence de paysages en plein soleil dans l'oeuvre. Pour qu'elle puisse y entrer, la lumière doit être affaiblie comme celle du matin ou du soir, sinon couverte de brouillards. La lumière du soleil qui éclaire les paysages de l'Obermann est donc le plus souvent une lumière faible, accompagnée de brume et menacée d'obscurité. Il n'en va pas de même pour la nuit : temps et lieu privilégiés où le héros agit, rêve et médite en regardant, parcourant, écoutant même les paysages. C'est seulement dans les paysages nocturnes, du moins crépusculaires qu'à peine vivant, il se ressource, qu'il peut trouver le repos qui calme son inquiétude déracinable, mais enfin et surtout qu'il se livre entièrement à la rêverie qui, perturbant la réalité implacable du monde visible, le conduit parfois à frôler une autre réalité. Pour lui, la nuit est par excellence le lieu de la révélation ou le passage à un “ailleurs”. Ajoutons que les paysages nocturnes dans Obermann sont souvent décrits par les sons de la nature. Ce qui est visé, ce n'est donc pas la forme ni la couleur d'un tel objet, mais ce qui est derrière elles, sa partie invisible. Les sons, toujours plus vagues et plus évocateurs que les formes, fournissent à notre héros un des meilleurs moyens d'éprouver un sentiment de l'infini. Ce n'est donc pas par hasard s'il utilise plus d'une fois le mot “romantique”, pour exprimer la vertu et la portée des sons naturels ou humains qu'on entend dans l'obscurité. Car l'attitude mystique, l'aspiration à l'infini, le désir de fusion avec la nature sont autant de caractéristiques du romantisme. Tout cela montre bien qu'Obermann est irrésistiblement séduit par ce qui est indécis : les paysages brumeux, crépusculaires ou nocturnes. Les paysages “auditifs” sont encore plus incertains puisque l'ouïe appartient plutôt au domaine du coeur, si la vue est du côté de l'esprit. Or l'indécis est un état qui favorise le glissement vers un autre, et c'est effectivement ce qui se produit chez Obermann : du domaine des sens, il passe au domaine de l'âme par l'intermédiaire de l'indécis. Son but ultime n'est autre que d'entrer dans cette sphère spirituelle, de trouver ou retrouver son “âme profonde”. Les perceptions sensibles sont nécessaires mais doivent laisser place à une certaine spiritualité. Et dans ce roman, c'est en peignant des paysages qui lui étaient chers que Senancour a décrit d'une manière poétique ce processus.

Abstract

La description des paysages joue un rôle particulièrement important dans Obermann : elle fonctionne comme un élément constitutif majeur du roman, qui est, par contre, presque dépourvu de récit. Montagnes, lacs, forêt sont des sites favoris que Senancour décrit inlassablement. Nous ne nous intéresserons pourtant pas à ces objets descriptifs, mais à leur atmosphère dont la cohérence est assez caractéristique : manque de lumière et abondance d'ombre. Obermann est un personnage étrange qui fuit presque maladivement le beau temps. La force de la lumière, évoquant immédiatement la sécheresse et la platitude, lui paraît toujours pénible, voire insupportable. D'où une quasi-absence de paysages en plein soleil dans l'oeuvre. Pour qu'elle puisse y entrer, la lumière doit être affaiblie comme celle du matin ou du soir, sinon couverte de brouillards. La lumière du soleil qui éclaire les paysages de l'Obermann est donc le plus souvent une lumière faible, accompagnée de brume et menacée d'obscurité. Il n'en va pas de même pour la nuit : temps et lieu privilégiés où le héros agit, rêve et médite en regardant, parcourant, écoutant même les paysages. C'est seulement dans les paysages nocturnes, du moins crépusculaires qu'à peine vivant, il se ressource, qu'il peut trouver le repos qui calme son inquiétude déracinable, mais enfin et surtout qu'il se livre entièrement à la rêverie qui, perturbant la réalité implacable du monde visible, le conduit parfois à frôler une autre réalité. Pour lui, la nuit est par excellence le lieu de la révélation ou le passage à un “ailleurs”. Ajoutons que les paysages nocturnes dans Obermann sont souvent décrits par les sons de la nature. Ce qui est visé, ce n'est donc pas la forme ni la couleur d'un tel objet, mais ce qui est derrière elles, sa partie invisible. Les sons, toujours plus vagues et plus évocateurs que les formes, fournissent à notre héros un des meilleurs moyens d'éprouver un sentiment de l'infini. Ce n'est donc pas par hasard s'il utilise plus d'une fois le mot “romantique”, pour exprimer la vertu et la portée des sons naturels ou humains qu'on entend dans l'obscurité. Car l'attitude mystique, l'aspiration à l'infini, le désir de fusion avec la nature sont autant de caractéristiques du romantisme. Tout cela montre bien qu'Obermann est irrésistiblement séduit par ce qui est indécis : les paysages brumeux, crépusculaires ou nocturnes. Les paysages “auditifs” sont encore plus incertains puisque l'ouïe appartient plutôt au domaine du coeur, si la vue est du côté de l'esprit. Or l'indécis est un état qui favorise le glissement vers un autre, et c'est effectivement ce qui se produit chez Obermann : du domaine des sens, il passe au domaine de l'âme par l'intermédiaire de l'indécis. Son but ultime n'est autre que d'entrer dans cette sphère spirituelle, de trouver ou retrouver son “âme profonde”. Les perceptions sensibles sont nécessaires mais doivent laisser place à une certaine spiritualité. Et dans ce roman, c'est en peignant des paysages qui lui étaient chers que Senancour a décrit d'une manière poétique ce processus.

참고문헌 (7)

  1. Béguin, Albert, "L'âme romantique et le rêve" (1991), José Corti
  2. Didier (-Le Gall), "Béatrice, L'imaginaire chez Senancour I" (1966), José Corti
  3. Didier,Béatrice, "Senancour et la description romantique, In Poétique, t. 13" (1982), Seuil
  4. Senancour, "Obermann" (1984), Gallimard
  5. Verlaine, "OEuvre poétiques complètes(Pléiade)" (1962), Gallimard
  6. 김용민, "『오베르만』에 나타난 우울과 형이상학적 근원", 불어불문학연구, (84), pp.83~118 (2010), 한국불어불문학회
  7. 노발리스, "밤의 찬가" (1994), 태학당

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