낭만주의적 풍경의 탄생과 해체 - 루소와 플로베르를 중심으로 -
La naissance du paysage romantique et sa déconstruction - Rousseau et Flaubert
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초록
Le paysage présuppose étymologiquement le sujet et son regard. Comme le sujet est construit dans une situation donnée, le paysage, lui aussi, ne peut être déterminé que d’une manière historique. Ce n’est pas une constance matérielle qui existe toujours là, mais une construction historique. Dans l’histoire de la peinture occidentale, il est né avec la naissance de la perspective au milieu du 15e siècle. Mais dans l’histoire de la littérature, c’est Rousseau qui a découvert plus tard la nature, en particulier la montagne, comme un paysage. Il ne s’agit pas de la nature telle qu’elle est là depuis toujours, mais la nature perçue et représentée comme paysage littéraire par son style, qui consiste à révéler l’intimité de l’écrivain par l’usage subjectif des mots: déictiques, substantifs valorisant, adjectifs ou adverbes évaluatifs, etc. Les jeunes romantiques ont identifié les traits de son style, et les ont constitués en matrice d’imitation, d’une certaine manière en clichés, afin de les reproduire indéfiniment dans leurs propres oeuvres, surtout dans la description du paysage. Les romanciers réalistes, qui étaient fortement influencés par Rousseau dans leur jeunesse, tentent de se «dérousseauiser». Après les études sur la sociologie qui a appliqué la méthode zoologique pour analyser les comportements humains dans la société, Balzac refuse la dichotomie entre la nature et la culture, la thèse centrale de Rousseau. Stendhal découvre qu’il ne peut apercevoir et représenter le paysage que dans le cadre préétabli par les oeuvres de son maître de jeunesse et essaie d’inventer son propre style. Flaubert fustige Rousseau comme un générateur du mal de la société moderne, et du lyrisme personnel qui domine la littérature de l’époque. C’est lorsqu’il écrit Madame Bovary, surtout dans sa correspondance avec Louise Colet, sa critique envers son modèle de jeunesse devient plus violente. Flaubert critique le paysage romantique dans et par ses oeuvres. Le chapitre II de la 2e partie de Madame Bovary en est exemplaire. En mettant en «double opposition» le dialogue entre Emma et Léon, saturé de clichés romantiques concernant le paysage et le discours d’Homais qui énumère sans cesse les termes scientifiques pour décrire l’environnement, il révèle par ce chiasme non seulement le caractère démystifié du paysage perçu du point de vue scientifique mais aussi l’aspect sentimental du paysage romantique. Aussi déconstruit-il le paysage romantique à l’incipit du chapitre I en montrant au lieu de la «belle nature» le «paysage sans caractère» d’Yonville décrit par le «langage sans accentuation». Philippe Dufour explique alors ce paysage flaubertien par la «focalisation dépersonnalisée» qui «a pour personnage focal un corps anonyme, sans nom, sans histoire, sans détermination, dont l’existence excède pas la vie sensitive». Aussi, selon l'analyse de Proust, le style de Flaubert consiste à s’incorporer à la matière, comme le dit d’une manière emblématique Saint Antoine: «être matière».
Abstract
Le paysage présuppose étymologiquement le sujet et son regard. Comme le sujet est construit dans une situation donnée, le paysage, lui aussi, ne peut être déterminé que d’une manière historique. Ce n’est pas une constance matérielle qui existe toujours là, mais une construction historique. Dans l’histoire de la peinture occidentale, il est né avec la naissance de la perspective au milieu du 15e siècle. Mais dans l’histoire de la littérature, c’est Rousseau qui a découvert plus tard la nature, en particulier la montagne, comme un paysage. Il ne s’agit pas de la nature telle qu’elle est là depuis toujours, mais la nature perçue et représentée comme paysage littéraire par son style, qui consiste à révéler l’intimité de l’écrivain par l’usage subjectif des mots: déictiques, substantifs valorisant, adjectifs ou adverbes évaluatifs, etc. Les jeunes romantiques ont identifié les traits de son style, et les ont constitués en matrice d’imitation, d’une certaine manière en clichés, afin de les reproduire indéfiniment dans leurs propres oeuvres, surtout dans la description du paysage. Les romanciers réalistes, qui étaient fortement influencés par Rousseau dans leur jeunesse, tentent de se «dérousseauiser». Après les études sur la sociologie qui a appliqué la méthode zoologique pour analyser les comportements humains dans la société, Balzac refuse la dichotomie entre la nature et la culture, la thèse centrale de Rousseau. Stendhal découvre qu’il ne peut apercevoir et représenter le paysage que dans le cadre préétabli par les oeuvres de son maître de jeunesse et essaie d’inventer son propre style. Flaubert fustige Rousseau comme un générateur du mal de la société moderne, et du lyrisme personnel qui domine la littérature de l’époque. C’est lorsqu’il écrit Madame Bovary, surtout dans sa correspondance avec Louise Colet, sa critique envers son modèle de jeunesse devient plus violente. Flaubert critique le paysage romantique dans et par ses oeuvres. Le chapitre II de la 2e partie de Madame Bovary en est exemplaire. En mettant en «double opposition» le dialogue entre Emma et Léon, saturé de clichés romantiques concernant le paysage et le discours d’Homais qui énumère sans cesse les termes scientifiques pour décrire l’environnement, il révèle par ce chiasme non seulement le caractère démystifié du paysage perçu du point de vue scientifique mais aussi l’aspect sentimental du paysage romantique. Aussi déconstruit-il le paysage romantique à l’incipit du chapitre I en montrant au lieu de la «belle nature» le «paysage sans caractère» d’Yonville décrit par le «langage sans accentuation». Philippe Dufour explique alors ce paysage flaubertien par la «focalisation dépersonnalisée» qui «a pour personnage focal un corps anonyme, sans nom, sans histoire, sans détermination, dont l’existence excède pas la vie sensitive». Aussi, selon l'analyse de Proust, le style de Flaubert consiste à s’incorporer à la matière, comme le dit d’une manière emblématique Saint Antoine: «être matière».
참고문헌 (22)
- "La Comédie humaine (édition Furne, 1842-1855), édition critique en ligne"[URL]
- "Madame Bovary, Charpentier, 1873, Édition numérique établie par Danielle Girard et Yvan Leclerc, L'Atelier Bovary"[URL]
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- Flaubert, "OEuvres complètes" (1964), Seuil
- Flaubert, "Le Dictionnaire des Idées Reçues et Catalogue des idées chic" (1997), Librairie Générale Française
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- Rousseau, "OEuvres complètes" (1995), Gallimard
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- 플로베르, "마담 보바리" (2000), 민음사
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- Genette, Gérard, "Palimpsestes: La littérature au second degré" (1982), Seuil
- Genette, Gérard, "Silence de Flaubert in Figures I", pp.223~243 (1966), Seuil
- Thomas, Catherine, "Le mythe du XVIIIe siècle au XIXe siècle (1830-1860)" (2003), Champion
- "Flaubert, l'autre" (1989), Presses universitaire de Lyon
- 가라타니 고진, "일본근대문학의 기원", 민음사
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