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『오베르만』에 나타난 우울과 형이상학적 근원

L'ennui et ses causes métaphysiques dans Obermann

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초록

Assurément, l'ennui est le thème dont parle le plus souvent le héros d'Obermann : il revient inlassablement sur ce mal d'exister, tantôt pour décrire ses effets dévastateurs, tantôt pour sonder ses causes non pas toujours aisément formulables, tantôt pour trouver des moyens qui lui permettraient d'y échapper. Cela doit contribuer à créer l'atmosphère et la couleur inouïes du roman, à faire d'Obermann un personnage inoubliable. L'ennui dont il souffre sans relâche mérite d'être appelé une maladie psychique, tant il perturbe profondément à la fois la vie quotidienne et la vie intérieure : impossibilité de communication avec autrui, léthargie et indifférence, inquiétude permanente. Obermann va finir par le juger “irrémédiable”. Quand tout effort est vain, qu'aucun divertissement n'est plus possible, il ne restera qu'une chose : la mort. Il la regardera s'approcher avec l'espoir d'un repos qu'elle pourrait lui fournir. Obermann n'est pas seul à avoir connu ce mal du siècle. René, un autre personnage beaucoup plus célèbre, avait déjà témoigné de la même souffrance. Cependant leurs différences ne sont pas négligeables : l'un est “sourd, immobile, étouffé, replié sur lui”, l'autre est bruyant et prestigieux, plein d'énergie et de passion. Baudelaire, de son côté, a érigé un grand monument littéraire en se servant de son sentiment de spleen. Sa situation ne paraît pourtant pas aussi désespérante que celle d'Obermann : non seulement il a trouvé divers moyens de sortir de l'ennui, fût-ce provisoirement, mais aussi il a su associer l'état ou les caractères mélancoliques à sa conception de la beauté et à la création artistique. Rien de tel chez Obermann. Dans ce sens, son ennui peut être considéré comme le plus pur et le plus négatif. D'où vient cette maladie irrémédiable? Il est très probable qu'elle est surdéterminée par divers facteurs : histoire, autobiographie, lectures, caractère personnel etc. Mais nous pensons que ce qui donne à l'ennui d'Obermann sa propre couleur, lourde et profonde, c'est avant tout sa pensée métaphysique foncièrement pessimiste. Lui qui désire atteindre le fond des choses, posséder la vérité ultime ne peut que constater que rien n'est certain dans ce monde ; tout lui échappe, “jusqu'aux probabilités elles-mêmes”. Dans cette obscurité impénétrable, où trouver le but et le sens de la vie? Le sentiment du vide l'envahit alors jusqu'aux racines de son être. Quant à sa conception du temps, elle exaspère encore plus son pessimisme : le temps conduit inexorablement l'homme et les choses au néant. Tout s'anéantit irrévocablement comme si rien n'avait existé. Aucune issue, aucune consolation pour Obermann qui est profondément irréligieux. C'est pourquoi il qualifie son ennui d'incurable. C'est aussi pourquoi Obermann est un des livres les plus tragiques qui soient écrits dans la langue française. On sait que Senancour est un homme fidèle au XVIIIe siècle. Les valeurs qu'il en a héritées jouent un rôle primordial dans ses activités intellectuelles. La raison est par exemple le fil conducteur de son raisonnement et le critère de son jugement. Cependant il n'est pas insensible à ce qui dépasse un pur rationalisme, loin de là. L'aspiration vers l'infini, le désir de l'absolu, bref un certain mysticisme est autant enraciné en lui. D'où ce personnage contradictoire, Obermann-Senancour en proie à la discordance insoluble qui aggrave, prolonge infiniment le mal d'exister, appelé communément l'ennui.

Abstract

Assurément, l'ennui est le thème dont parle le plus souvent le héros d'Obermann : il revient inlassablement sur ce mal d'exister, tantôt pour décrire ses effets dévastateurs, tantôt pour sonder ses causes non pas toujours aisément formulables, tantôt pour trouver des moyens qui lui permettraient d'y échapper. Cela doit contribuer à créer l'atmosphère et la couleur inouïes du roman, à faire d'Obermann un personnage inoubliable. L'ennui dont il souffre sans relâche mérite d'être appelé une maladie psychique, tant il perturbe profondément à la fois la vie quotidienne et la vie intérieure : impossibilité de communication avec autrui, léthargie et indifférence, inquiétude permanente. Obermann va finir par le juger “irrémédiable”. Quand tout effort est vain, qu'aucun divertissement n'est plus possible, il ne restera qu'une chose : la mort. Il la regardera s'approcher avec l'espoir d'un repos qu'elle pourrait lui fournir. Obermann n'est pas seul à avoir connu ce mal du siècle. René, un autre personnage beaucoup plus célèbre, avait déjà témoigné de la même souffrance. Cependant leurs différences ne sont pas négligeables : l'un est “sourd, immobile, étouffé, replié sur lui”, l'autre est bruyant et prestigieux, plein d'énergie et de passion. Baudelaire, de son côté, a érigé un grand monument littéraire en se servant de son sentiment de spleen. Sa situation ne paraît pourtant pas aussi désespérante que celle d'Obermann : non seulement il a trouvé divers moyens de sortir de l'ennui, fût-ce provisoirement, mais aussi il a su associer l'état ou les caractères mélancoliques à sa conception de la beauté et à la création artistique. Rien de tel chez Obermann. Dans ce sens, son ennui peut être considéré comme le plus pur et le plus négatif. D'où vient cette maladie irrémédiable? Il est très probable qu'elle est surdéterminée par divers facteurs : histoire, autobiographie, lectures, caractère personnel etc. Mais nous pensons que ce qui donne à l'ennui d'Obermann sa propre couleur, lourde et profonde, c'est avant tout sa pensée métaphysique foncièrement pessimiste. Lui qui désire atteindre le fond des choses, posséder la vérité ultime ne peut que constater que rien n'est certain dans ce monde ; tout lui échappe, “jusqu'aux probabilités elles-mêmes”. Dans cette obscurité impénétrable, où trouver le but et le sens de la vie? Le sentiment du vide l'envahit alors jusqu'aux racines de son être. Quant à sa conception du temps, elle exaspère encore plus son pessimisme : le temps conduit inexorablement l'homme et les choses au néant. Tout s'anéantit irrévocablement comme si rien n'avait existé. Aucune issue, aucune consolation pour Obermann qui est profondément irréligieux. C'est pourquoi il qualifie son ennui d'incurable. C'est aussi pourquoi Obermann est un des livres les plus tragiques qui soient écrits dans la langue française. On sait que Senancour est un homme fidèle au XVIIIe siècle. Les valeurs qu'il en a héritées jouent un rôle primordial dans ses activités intellectuelles. La raison est par exemple le fil conducteur de son raisonnement et le critère de son jugement. Cependant il n'est pas insensible à ce qui dépasse un pur rationalisme, loin de là. L'aspiration vers l'infini, le désir de l'absolu, bref un certain mysticisme est autant enraciné en lui. D'où ce personnage contradictoire, Obermann-Senancour en proie à la discordance insoluble qui aggrave, prolonge infiniment le mal d'exister, appelé communément l'ennui.

참고문헌 (15)

  1. Baudelaire, "OEuvres complètes I (Bibl. de la Pléiade)" (1975), Gallimard
  2. Baudelaire, "OEuvres complètes II (Bibl. de la Pléiade)" (1975), Gallimard
  3. Baudelaire, "Correspondance II(Bibl.de la Pléiade)" (1973)
  4. Bénichou, Paul, "Le Sacre de l'écrivain" (1985), José Corti
  5. Chateaubriand, Atala, René, "Les anentures du dernier Abencérage", Flammarion, ~ (1996)
  6. "Dictionnaire des OEuvres littéraires de langue française", Bordas, ~ (1994)
  7. Didier (-Le Gall), "L'imaginaire chez Senancour I" (1966), José Corti
  8. Lamartine, "OEuvres poétiques (Bibl. de la Pléiade)" (1963), Gallimard
  9. Lanson, G., "Histoire de la littérature française", Hachette, ~ (1929)
  10. Lévi, Zvi, Senancour, "dernier disciple de Rousseau, A.-G" (1979)
  11. Raymond, Marcel, "Sensations et Révélations" (1965), José Corti
  12. Senancour, "Obermann" (1984), Gallimard
  13. Starobinski, Jean, "La mélancolie au miroir", Julliard, ~ (1989)
  14. 이지순, "Oberman에 나타난 소설창조의 파라독스", 불어불문학연구, 28 (1993)
  15. A. 하우저, "문학과 예술의 사회사" (1981), 하, 창작과 비평사

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