(비)증언-시(Poésie-(Non)Témoignage) : 1930년대 프랑스 시와 한국 시 비교에 있어서 또 다른 관점
Poésie-(Non)Témoignage : un point de vue de la comparaison entre la poésie française et la poésie coréenne des années 1930
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초록
Cette étude cherche à mettre en évidence les reflets de la réalité historique chez Henri Michaux ainsi que chez Yi Sang, alors que ces deux auteurs sont souvent vus, chacun à sa manière, comme des «poètes à l’écart de l’histoire». Nous nous attachons donc à aborder les œuvres de Michaux et de Yi Sang en les rapportant à l’environnement historique dans lequel chacun se livrèrent à leurs premières tentatives littéraires. Autrement dit, c’est en interrogeant la poésie à partir de l’histoire, mais aussi l’histoire à partir de la poésie, que nous avons lu les poésies écrites, respectivement, par Michaux et par Yi Sang entre les deux guerres mondiales. Au temps où, dans «les années folles», Michaux fit ses débuts, nombre d’écrivains et intellectuels pouvaient se sentir requis d’agir par rapport à l’histoire moderne, une histoire extrêmement violente, où l’humanité apparaissait non seulement en tant que victime, mais aussi en tant qu’agresseur. Cependant, quelle qu’ait pu être la pression collective à cette époque, Michaux ne s’intégra pas à un mouvement général relevant de ce que Sartre appellerait un peu plus tard «littérature engagée ». Ses réactions à l’histoire (par exemple dans Epreuves et exorcismes(1945)) ont pu paraître insuffisantes aux yeux de certains militants de la liberté. C’est que sa voix se faisait entendre «tout bas», selon les termes de Paul Eluard. «Demeurant» rien de plus dans la même époque (celle, en Corée, de l’occupation parle Japon impérialiste), Yi Sang, en se tenant apparemment à distance de la réalité historique, ne fut qualifié que du nom de «moderniste». Toutefois, cet article met en question les images que l’on s’est généralement formées de Michaux et de Yi Sang dans leurs relations avec l’histoire. Pour soutenir notre interrogation, nous avons tout d’abord évoqué les croisements qui s’opèrent entre l’image globale d’une humanité détruite (telle que l’ont produite les deux guerres) et les visions d’atrocité qui surgissent dans les univers imaginaires respectifs des deux poètes. De surcroît, en observant le passage qu’opère Michaux de l’espace du dehors à l’espace du dedans et qui s’accentue à partir de 1945, nous avons posé la question : ne serait-ce pas sous la pression de l’environnement historique que s’est réalisé ce passage ? D’un autre côté, certaines images de guerre, comme celle de «la bombe éclatée», qui apparaissent allusivement chez Yi Sang, confirment le rapprochement, voire la confusion, chez lui, entre la réalité et l’univers imaginaire. C’est ainsi que nous avons soutenu l’idée que Michaux et Yi Sang cherchaient l’un et l’autre à témoigner de l’histoire de leur temps et d’abord des guerres dans leurs espaces imaginaires, comme l’ont fait beaucoup de leurs contemporains. Bien sûr, on ne saurait dire que leurs témoignages portent sur des faits manifestes, ni qu’ils auraient trait à l’histoire par des discours qui s’y rapporteraient directement. Autrement dit, ni Michaux ni Yi Sang n’accomplissent une sortie hors de la sphère du «soi» pour se consacrer à témoigner de la seule réalité collective. C’est bien plutôt par des témoignages quasi allégoriques que chacun d’eux ont évoqué une réalité historique suffocante. Et ces témoignages se réalisèrent en des motifs concrets, comme la destruction de l’être individuel ou la mise en pièces du corps humain. La fureur destructive, les invectives et la cruauté qui la manifestent, tels sont les moyens du témoignage « allégorique » chez Michaux. C’est par ces dispositions que le corps humain chez Michaux se brise et se réorganise en des images monstrueuses. Chez Yi Sang, de son côté, le corps humain est brisé et déchiré, non moins que chez Michaux, et il finit par se transformer en quelque chose de proprement «anti-physique». C’est ainsi que le désir de détruire la corporalité «réelle», concrètement manifesté chez les deux poètes, peut être une réaction à la cruauté qui émane de la réalité de ces temps historiques. De ce point de vue, Michaux et Yi Sang s’efforcent l’un et l’autre de trouver leur propre manière de témoigner de «la réalité difficile à ignorer». Faisant entrer en fusion leurs histoires singulières et l’histoire collective, ces deux poètes produisent de véritables caractérisations historiques en allant et venant sans cesse entre témoignage et non-témoignage.
Abstract
Cette étude cherche à mettre en évidence les reflets de la réalité historique chez Henri Michaux ainsi que chez Yi Sang, alors que ces deux auteurs sont souvent vus, chacun à sa manière, comme des «poètes à l’écart de l’histoire». Nous nous attachons donc à aborder les œuvres de Michaux et de Yi Sang en les rapportant à l’environnement historique dans lequel chacun se livrèrent à leurs premières tentatives littéraires. Autrement dit, c’est en interrogeant la poésie à partir de l’histoire, mais aussi l’histoire à partir de la poésie, que nous avons lu les poésies écrites, respectivement, par Michaux et par Yi Sang entre les deux guerres mondiales. Au temps où, dans «les années folles», Michaux fit ses débuts, nombre d’écrivains et intellectuels pouvaient se sentir requis d’agir par rapport à l’histoire moderne, une histoire extrêmement violente, où l’humanité apparaissait non seulement en tant que victime, mais aussi en tant qu’agresseur. Cependant, quelle qu’ait pu être la pression collective à cette époque, Michaux ne s’intégra pas à un mouvement général relevant de ce que Sartre appellerait un peu plus tard «littérature engagée ». Ses réactions à l’histoire (par exemple dans Epreuves et exorcismes(1945)) ont pu paraître insuffisantes aux yeux de certains militants de la liberté. C’est que sa voix se faisait entendre «tout bas», selon les termes de Paul Eluard. «Demeurant» rien de plus dans la même époque (celle, en Corée, de l’occupation parle Japon impérialiste), Yi Sang, en se tenant apparemment à distance de la réalité historique, ne fut qualifié que du nom de «moderniste». Toutefois, cet article met en question les images que l’on s’est généralement formées de Michaux et de Yi Sang dans leurs relations avec l’histoire. Pour soutenir notre interrogation, nous avons tout d’abord évoqué les croisements qui s’opèrent entre l’image globale d’une humanité détruite (telle que l’ont produite les deux guerres) et les visions d’atrocité qui surgissent dans les univers imaginaires respectifs des deux poètes. De surcroît, en observant le passage qu’opère Michaux de l’espace du dehors à l’espace du dedans et qui s’accentue à partir de 1945, nous avons posé la question : ne serait-ce pas sous la pression de l’environnement historique que s’est réalisé ce passage ? D’un autre côté, certaines images de guerre, comme celle de «la bombe éclatée», qui apparaissent allusivement chez Yi Sang, confirment le rapprochement, voire la confusion, chez lui, entre la réalité et l’univers imaginaire. C’est ainsi que nous avons soutenu l’idée que Michaux et Yi Sang cherchaient l’un et l’autre à témoigner de l’histoire de leur temps et d’abord des guerres dans leurs espaces imaginaires, comme l’ont fait beaucoup de leurs contemporains. Bien sûr, on ne saurait dire que leurs témoignages portent sur des faits manifestes, ni qu’ils auraient trait à l’histoire par des discours qui s’y rapporteraient directement. Autrement dit, ni Michaux ni Yi Sang n’accomplissent une sortie hors de la sphère du «soi» pour se consacrer à témoigner de la seule réalité collective. C’est bien plutôt par des témoignages quasi allégoriques que chacun d’eux ont évoqué une réalité historique suffocante. Et ces témoignages se réalisèrent en des motifs concrets, comme la destruction de l’être individuel ou la mise en pièces du corps humain. La fureur destructive, les invectives et la cruauté qui la manifestent, tels sont les moyens du témoignage « allégorique » chez Michaux. C’est par ces dispositions que le corps humain chez Michaux se brise et se réorganise en des images monstrueuses. Chez Yi Sang, de son côté, le corps humain est brisé et déchiré, non moins que chez Michaux, et il finit par se transformer en quelque chose de proprement «anti-physique». C’est ainsi que le désir de détruire la corporalité «réelle», concrètement manifesté chez les deux poètes, peut être une réaction à la cruauté qui émane de la réalité de ces temps historiques. De ce point de vue, Michaux et Yi Sang s’efforcent l’un et l’autre de trouver leur propre manière de témoigner de «la réalité difficile à ignorer». Faisant entrer en fusion leurs histoires singulières et l’histoire collective, ces deux poètes produisent de véritables caractérisations historiques en allant et venant sans cesse entre témoignage et non-témoignage.
참고문헌 (20)
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- Halbwachs, Maurice, "Les cadres sociaux de la mémoire" (1950), Albin Michel
- Le Goff, Jacques, "Histoire et mémoire" (1977), Gallimard
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