색 명사의 특성
Quelques caractéristiques des noms de couleur
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초록
Dans cet article, nous voulions mettre au point et éclaircir quelques particularités des noms de couleur. De prime abord, il semble naturel de considérer les noms de couleurs commme des noms massifs tels que les sentiments, les qualités ou les états dans la mesure où ils partagent avec ces derniers des propriétés morpho-syntaxiques. Les noms de couleurs se combinent aisément avec l'article partitif mais ils s'associent difficilement avec les numéraux et des déterminants tels que quelques, plusieurs, etc. Ce n'est pas du bleu, c'est du rouge *Ce sont (deux + quelques) rouges Et de même que les noms abstraits, les noms de couleurs, grâce à leur caractère homogène, autorisent des quantifieurs tels que beaucoup de, peu de et un peu de, etc :Il y a (beaucoup de + peu de + un peu de) nostalgie dans ce poème Il y a (beaucoup de + peu de + un peu de) rouge sur le mur Mais nous insistons sur le fait que l'idée de quantité que véhiculent ces quantifieurs n'est pas identique : si avec le nom nostalgie, ces quantifieurs indiquent un degré d'intensité, avec les noms de couleurs, ils portent sur la quantité de surface de couleur, c'est-à-dire que les couleurs donnent lieu àune interprétation quantitative spatiale. Cette différence peut être mise en évidence à l'aide des exemples suivants :Ce poème est très nostalgique ?Le mur est très rouge D'ailleurs, les noms de couleur se distinguent de noms massifs concrets tels que sable, eau, etc. par le fait suivant : par rapport aux noms massifs dont les entités comportent une forme tridimensionnelle, les noms de couleur peuvent être caractérisés par l'absence de tridimensionalité, c'est-à-dire que les occurrences de couleurs occupent une portion d'espace bidimensionnel :un litre d'eau vs *un litre de rouge *Combien pèse ce rouge ?Or, le nom couleur a un comportement morpho-syntaxique assez différent des noms de couleur. Tout d'abord, le nom couleur autorise l'emploi du pluriel, c'est-à-dire qu'il se combine avec les déterminants dénombrables (deux rouges, quelques rouges, etc.). Ensuite, contrairement aux noms de couleur, il est mesurable (des couleurs en quantité) et peut se trouver avec l'interrogatif combien (Combien de couleurs ?). Une autre particularité des noms de couleur est leur caractère immatériel : non seulement ce ne sont pas des objets concrets mais ils n'ont pas non plus de bornes intrinsèques qui leur permettraient d'avoir une forme. Comme le fait remarquer G. Kleiber, du rouge signifie 'une surface indéterminée de couleur rouge'. Et c'est la raison pour laquelle on les rapproche des noms abstraits. Cela dit, les noms de couleurs sont les seules entités bidimensionnelles non bornées. Mais il faut toutefois noter qu'à la différence des noms abstraits, les noms de couleur sont perceptibles par la vue. D'où leur dualité : les noms de couleur possèdent à la fois les caractères abstrait et concret. Pour finir, les noms de couleur peuvent se caractériser par leur caractère non autonome en ce sens qu'ils ont besoin d'un support. La voiture dans une voiture rouge est le support tridimensionnel de la couleur rouge et il est vrai qu'on ne pourra pas enlever la couleur rouge sans enlever en même temps une partie de la voiture. Le rouge devient dès lors une des propriétés de la voiture. Les couleurs sont constiuées de divers propriétés (longueur d'onde,symbole, effet de sens, etc.). C'est ainsi que certains objets sont revêtus de couleurs pour produire certains effets. Le rouge, par exemple, étant la couleur la plus rapidement vue et qui saute le plus à l’oeil s'utilise pour mettre en valeur des choses importantes. Et le rouge sur les panneaux d'interdiction s'explique par le fait qu'il évoque une sensation de danger. D'où provient leur valeur de signe qui constitue un des domaines de la sémiotique.
Abstract
Dans cet article, nous voulions mettre au point et éclaircir quelques particularités des noms de couleur. De prime abord, il semble naturel de considérer les noms de couleurs commme des noms massifs tels que les sentiments, les qualités ou les états dans la mesure où ils partagent avec ces derniers des propriétés morpho-syntaxiques. Les noms de couleurs se combinent aisément avec l'article partitif mais ils s'associent difficilement avec les numéraux et des déterminants tels que quelques, plusieurs, etc. Ce n'est pas du bleu, c'est du rouge *Ce sont (deux + quelques) rouges Et de même que les noms abstraits, les noms de couleurs, grâce à leur caractère homogène, autorisent des quantifieurs tels que beaucoup de, peu de et un peu de, etc :Il y a (beaucoup de + peu de + un peu de) nostalgie dans ce poème Il y a (beaucoup de + peu de + un peu de) rouge sur le mur Mais nous insistons sur le fait que l'idée de quantité que véhiculent ces quantifieurs n'est pas identique : si avec le nom nostalgie, ces quantifieurs indiquent un degré d'intensité, avec les noms de couleurs, ils portent sur la quantité de surface de couleur, c'est-à-dire que les couleurs donnent lieu àune interprétation quantitative spatiale. Cette différence peut être mise en évidence à l'aide des exemples suivants :Ce poème est très nostalgique ?Le mur est très rouge D'ailleurs, les noms de couleur se distinguent de noms massifs concrets tels que sable, eau, etc. par le fait suivant : par rapport aux noms massifs dont les entités comportent une forme tridimensionnelle, les noms de couleur peuvent être caractérisés par l'absence de tridimensionalité, c'est-à-dire que les occurrences de couleurs occupent une portion d'espace bidimensionnel :un litre d'eau vs *un litre de rouge *Combien pèse ce rouge ?Or, le nom couleur a un comportement morpho-syntaxique assez différent des noms de couleur. Tout d'abord, le nom couleur autorise l'emploi du pluriel, c'est-à-dire qu'il se combine avec les déterminants dénombrables (deux rouges, quelques rouges, etc.). Ensuite, contrairement aux noms de couleur, il est mesurable (des couleurs en quantité) et peut se trouver avec l'interrogatif combien (Combien de couleurs ?). Une autre particularité des noms de couleur est leur caractère immatériel : non seulement ce ne sont pas des objets concrets mais ils n'ont pas non plus de bornes intrinsèques qui leur permettraient d'avoir une forme. Comme le fait remarquer G. Kleiber, du rouge signifie 'une surface indéterminée de couleur rouge'. Et c'est la raison pour laquelle on les rapproche des noms abstraits. Cela dit, les noms de couleurs sont les seules entités bidimensionnelles non bornées. Mais il faut toutefois noter qu'à la différence des noms abstraits, les noms de couleur sont perceptibles par la vue. D'où leur dualité : les noms de couleur possèdent à la fois les caractères abstrait et concret. Pour finir, les noms de couleur peuvent se caractériser par leur caractère non autonome en ce sens qu'ils ont besoin d'un support. La voiture dans une voiture rouge est le support tridimensionnel de la couleur rouge et il est vrai qu'on ne pourra pas enlever la couleur rouge sans enlever en même temps une partie de la voiture. Le rouge devient dès lors une des propriétés de la voiture. Les couleurs sont constiuées de divers propriétés (longueur d'onde,symbole, effet de sens, etc.). C'est ainsi que certains objets sont revêtus de couleurs pour produire certains effets. Le rouge, par exemple, étant la couleur la plus rapidement vue et qui saute le plus à l’oeil s'utilise pour mettre en valeur des choses importantes. Et le rouge sur les panneaux d'interdiction s'explique par le fait qu'il évoque une sensation de danger. D'où provient leur valeur de signe qui constitue un des domaines de la sémiotique.
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