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경계인의 공간 – 앗시아 제바르의 『스트라스부르의 밤들』을 중심으로

L’espace des hommes transfrontaliers – Autour des Nuits de Strasbourg par Assia Djebar

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La présente étude forme le projet de mettre en lumière la signification de l’espace décrit dans les Nuits de Strabourg, oeuvre d’Assia Djebar, et le message que l’écrivaine veut transmettre aux lecteurs. Pour cela, tout d’abord, nous mettons en évidence le statut spécifique de ce roman: c’est la seule oeuvre qui se déroule hors de l’Algérie, à la différence de ses autres romans où l’auteur écrit le plus souvent sur l’Algérie. Elle y traite la vie des émigrants qui sont principalement d’origines alsacienne et algérienne et qui habitent dans le quartier «Hautepierre» de Strasbourg. Ensuite, nous analysons le sens implicite de l’espace «Alsagérie», nommé par l’héroïne, Thelja, qui incarne l’écrivaine, et celui de l’inscription «il y a toujours quelque chose d’absent qui me tourmente», que se sont échangé comme dernier signe Thelja et son amant, en considérant l’érotisme nocturne des deux amants comme une expérience qui se passe sur l’«ego expérimental» et par laquelle l’écrivaine envisage une issue dans l’impasse caractérisée par l’expatriation et la nostalgie. Par ces deux analyses, cet espace en vient à s’interpréter comme étant à la fois le milieu existentiel des hommes transfrontaliers et la matrice djebarienne de la création littéraire, et cette inscription finit par se révéler comme étant la volonté de l’héroïne, ou la résolution de l’auteur, de continuer sans relâche le travail de mémoire, et non celui de deuil. Finalement, nous montrons que, pour l’auteur, la vie des êtres humains n’est pas autre chose que celle des émigrants qui sont destinés à vivre dans l’inter-rivages, et que leur mode d’existence transfrontalier comporte «l’espoir qui s’allume au fond du désespoir». Avec cela, nous sommes en mesure d’affirmer qu’avec les Nuits de Strasbourg, Assia Djebar nous ouvre un espace littéraire plus large qu’autrefois, en avançant avec une passion intransigeante à travers la vaine sollicitation de l’internationalisation et la grande duperie de la mondialisation, ouverture qui peut être atteinte grâce à un long dialogue ininterrompu avec des mondes extérieurs, et non point par la tentative de s’envoler vers l’universalité occidentale. En somme, nous pourrions considérer ce roman unique comme un point d’appui stratégique pour poursuivre, de pair avec Assia Djebar, nos recherches sur la littérature de la diaspora, voire sur la littérature européenne, du point de vue comparatif.

Abstract

La présente étude forme le projet de mettre en lumière la signification de l’espace décrit dans les Nuits de Strabourg, oeuvre d’Assia Djebar, et le message que l’écrivaine veut transmettre aux lecteurs. Pour cela, tout d’abord, nous mettons en évidence le statut spécifique de ce roman: c’est la seule oeuvre qui se déroule hors de l’Algérie, à la différence de ses autres romans où l’auteur écrit le plus souvent sur l’Algérie. Elle y traite la vie des émigrants qui sont principalement d’origines alsacienne et algérienne et qui habitent dans le quartier «Hautepierre» de Strasbourg. Ensuite, nous analysons le sens implicite de l’espace «Alsagérie», nommé par l’héroïne, Thelja, qui incarne l’écrivaine, et celui de l’inscription «il y a toujours quelque chose d’absent qui me tourmente», que se sont échangé comme dernier signe Thelja et son amant, en considérant l’érotisme nocturne des deux amants comme une expérience qui se passe sur l’«ego expérimental» et par laquelle l’écrivaine envisage une issue dans l’impasse caractérisée par l’expatriation et la nostalgie. Par ces deux analyses, cet espace en vient à s’interpréter comme étant à la fois le milieu existentiel des hommes transfrontaliers et la matrice djebarienne de la création littéraire, et cette inscription finit par se révéler comme étant la volonté de l’héroïne, ou la résolution de l’auteur, de continuer sans relâche le travail de mémoire, et non celui de deuil. Finalement, nous montrons que, pour l’auteur, la vie des êtres humains n’est pas autre chose que celle des émigrants qui sont destinés à vivre dans l’inter-rivages, et que leur mode d’existence transfrontalier comporte «l’espoir qui s’allume au fond du désespoir». Avec cela, nous sommes en mesure d’affirmer qu’avec les Nuits de Strasbourg, Assia Djebar nous ouvre un espace littéraire plus large qu’autrefois, en avançant avec une passion intransigeante à travers la vaine sollicitation de l’internationalisation et la grande duperie de la mondialisation, ouverture qui peut être atteinte grâce à un long dialogue ininterrompu avec des mondes extérieurs, et non point par la tentative de s’envoler vers l’universalité occidentale. En somme, nous pourrions considérer ce roman unique comme un point d’appui stratégique pour poursuivre, de pair avec Assia Djebar, nos recherches sur la littérature de la diaspora, voire sur la littérature européenne, du point de vue comparatif.

참고문헌 (12)

  1. Anna Rocca, "Assia Djebar, le corps invisible Voir sans être vue" (2004), L’Harmattan
  2. Assia Djebar, "Ces voix qui m’assiègent" (1999), Albin Michel
  3. Assia Djebar, "Le blanc de l’Algérie" (1995), Albin Michel
  4. Assia Djebar, "La disparition de la langue française" (2003), Albin Michel
  5. Assia Djebar, "Les nuits de Strasbourg", pp.390~ (1997), Actes Sud
  6. Beïda Chilhi, "Assia Djebar Histoire et fantaisie" (2007), PUPS
  7. Marcel Proust, "A la recherche du temps perdu I (Bibliothèque de la Pléiade)" (1954), Gallimard
  8. Milan Kundera, "L’ignorance" (2003), Gallimard
  9. Wolfgang Asholt, "Les villes transfrontalières d’Assia Djebar, In Mireille Calle-Gruber(sous la direction de), Assia Djebar Nomade entre les murs,,," (2005), Maisonneuve & Larose
  10. 우석균, "사랑과 다른 악마들" (2008), 민음사
  11. 밀란 쿤데라, "소설의 기술" (2004), 책세상
  12. 프리드리히 실러, "미학 편지" (2012), Human Art

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