에두아르 글리상의 관계 정체성
L’identité relationnelle chez Édouard Glissant
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초록
Édouard Glissant, chantre de l’Antillanité qui s’inscrit dans le mouvement des quêtes identitaires aux Antilles, se montre anticolonialiste à travers la publication de ses œuvres littéraires et ses activités liées au Front antillo-guyanais. Ce penseur de la décolonisation se démarque de son maître au lycée Victor Schœlcheur à Fort-de France en Martinique: celui-ci se déclare africain en vue de retrouver sa part originaire dans le continent noir, alors que celui-là trouve son «lieu incontournable» dans l’espace caraïbe. Césaire dans son «grand cri de révolte» lance le mouvement de la Négritude définie comme «conscience d’être noir». Alors l’approche identitaire glissantienne s’y oppose dans le sens où celle-ci refuse le «soubassement» africain traduisant bien la pensée essentialiste de l’Un. L’objectif de cette recherche est de proposer une analyse de la problématique identitaire relationnelle de Glissant dans ce qu‘il y a de pluraliste, d’hybride et de rhizomatique. La société martiniquaise dont le trait remarquable est la mixité au niveau racial et culturel, existe à partir de la colonisation de cette île par les Français au 17e siècle. Après la disparition des autochtones due au massacre, à l’exploitation et aux maladies transmises par les Européens, les colons ont déporté les esclaves noirs pour subvenir aux besoins de la main d’œuvre aux plantations. Ce «marché de mort» a vu l’arrivée massive des Indiens et des autres Asiatiques comme ouvriers à la suite de l’abolition de l’esclavage. Naturellement, l’hybridité est un élément moteur dans la formation de cet espace colonial mixte. Or, il s’agit de la composition sociale pyramidale: au sommet une minorité des Blancs dominante, à la base un peuple des Noirs. Ainsi, pour l’auteur du Discours antillais, l’histoire de son «pays natal» et des îles caribéennes voisines est celle du métissage imposé par les forces coloniales. En vue de lutter contre le mal historique des conquérants et d’en tirer des facteurs positifs en se mettant du côté des opprimés aliénés, il conçoit l’idée de «créolisation». Dans la colonie martiniquaise, de différentes cultures d’origine diverse se croisaient, s’échangeaient et se mélangeaient pour pouvoir former enfin une unité marquée par la complexité, la diversité et l’hybridité. Pour les nègres coupés du cordon ombilical africain, il n’était pas possible de s’enraciner sur le sol de l’exil. Privés de racines, ils avaient dû s’appuyer sur des «traces» fragmentaires et obscures. Ils avaient inventé la langue créole en rassemblant des fragments linguistiques africain, français, anglais et espagnol. Le créole était une «arme miraculeuse» qui leur permettait la survie et la lutte contre l’assimilation coloniale. Dans la créolisation, l’essence ou le fondement de l’être ne saurait exister. Donc, ce processus ignore l’«origine», la «filiation», l’«identité-racine unique», d’où émane la pensée glissantienne de l’identité-Relation vouée au devenir permanent de l'étant.
Abstract
Édouard Glissant, chantre de l’Antillanité qui s’inscrit dans le mouvement des quêtes identitaires aux Antilles, se montre anticolonialiste à travers la publication de ses œuvres littéraires et ses activités liées au Front antillo-guyanais. Ce penseur de la décolonisation se démarque de son maître au lycée Victor Schœlcheur à Fort-de France en Martinique: celui-ci se déclare africain en vue de retrouver sa part originaire dans le continent noir, alors que celui-là trouve son «lieu incontournable» dans l’espace caraïbe. Césaire dans son «grand cri de révolte» lance le mouvement de la Négritude définie comme «conscience d’être noir». Alors l’approche identitaire glissantienne s’y oppose dans le sens où celle-ci refuse le «soubassement» africain traduisant bien la pensée essentialiste de l’Un. L’objectif de cette recherche est de proposer une analyse de la problématique identitaire relationnelle de Glissant dans ce qu‘il y a de pluraliste, d’hybride et de rhizomatique. La société martiniquaise dont le trait remarquable est la mixité au niveau racial et culturel, existe à partir de la colonisation de cette île par les Français au 17e siècle. Après la disparition des autochtones due au massacre, à l’exploitation et aux maladies transmises par les Européens, les colons ont déporté les esclaves noirs pour subvenir aux besoins de la main d’œuvre aux plantations. Ce «marché de mort» a vu l’arrivée massive des Indiens et des autres Asiatiques comme ouvriers à la suite de l’abolition de l’esclavage. Naturellement, l’hybridité est un élément moteur dans la formation de cet espace colonial mixte. Or, il s’agit de la composition sociale pyramidale: au sommet une minorité des Blancs dominante, à la base un peuple des Noirs. Ainsi, pour l’auteur du Discours antillais, l’histoire de son «pays natal» et des îles caribéennes voisines est celle du métissage imposé par les forces coloniales. En vue de lutter contre le mal historique des conquérants et d’en tirer des facteurs positifs en se mettant du côté des opprimés aliénés, il conçoit l’idée de «créolisation». Dans la colonie martiniquaise, de différentes cultures d’origine diverse se croisaient, s’échangeaient et se mélangeaient pour pouvoir former enfin une unité marquée par la complexité, la diversité et l’hybridité. Pour les nègres coupés du cordon ombilical africain, il n’était pas possible de s’enraciner sur le sol de l’exil. Privés de racines, ils avaient dû s’appuyer sur des «traces» fragmentaires et obscures. Ils avaient inventé la langue créole en rassemblant des fragments linguistiques africain, français, anglais et espagnol. Le créole était une «arme miraculeuse» qui leur permettait la survie et la lutte contre l’assimilation coloniale. Dans la créolisation, l’essence ou le fondement de l’être ne saurait exister. Donc, ce processus ignore l’«origine», la «filiation», l’«identité-racine unique», d’où émane la pensée glissantienne de l’identité-Relation vouée au devenir permanent de l'étant.
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