에두아르 글리상의 [레자르드천]에 나타난 반식민 투쟁
La lutte anticolonialiste représentée dans La Lézarde d’Édourad Glissant
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초록
Cette étude a pour but d’analyser la lutte anticolonialiste représentée dans La Lézarde, le premier roman d’Édouard Glissant natif de la Martinique. Ce penseur martiniquais, en se positionnant anticolonialiste par rapport au système colonial établi dans son île natale depuis plus trois siècles, ne cessait de revendiquer la dignité humaine des colonisés et de reconquérir la conscience de soi des opprimés. Il désirait s’enraciner dans son “lieu” martiniquais et antillais, caractérisé par l’histoire tragique de l’esclavage, la misère, et la complexité raciale et culturelle. Alors en s’inscrivant dans la perspective antillaise, il se démarque de la Négritude d’Aimé Césaire qui cherchait le «soubassement» africain. Ce roman publié en 1958 a été récompensé par le Prix Renaudot la même année. Il se situe dans le contexte spatio-temporel de la décolonisation : la Martinique en 1945 d’après la deuxième guerre mondiale pendant laquelle les martiniquais avait souffert du blocus des Américains et de la discrimination du régime de Vichy. On a affaire au roman dont le narrateur omniscient fonctionne comme le «témoin» des événements et il intervient de façon limitée comme un personnage. Les personnages principaux en sont de jeunes martiniquais qui luttent contre la domination coloniale de la métropole. Ils propagent l’idée de liberté et participent aux activités du «parti du peuple» auquel ils adhèrent. Finalement, le peuple remporte la victoire aux élections contre le parti des propriétaires colonialistes. À la fin du roman, on voit ces jeunes qui pensent que le “Centre” se trouve en chacun d’eux, non plus à la métropole et ils partent pour la reconquête de soi. À travers le regard de ces jeunes et celui du narrateur, le roman témoigne de la pauvreté et de la famine des habitants. Les cannes à sucre qui poussent bien font contraste avec la misère du peuple. Les habitations, héritières du colonialisme, où l’on cultive des cannes sont au service des intérêts des propriétaires blancs. Cette économie aliénante et dépendante remonte à l’époque de l’esclavage dont les paysages de l’île garde les traces. Il faut se débarrasser de l’Histoire imposée par le colonialisme afin de créer l’histoire ou les histoires du peuple opprimé. Or les noirs ne constituent pas seulement tout le peuple martiniquais mais il y a aussi les apports asiatiques. Il s’agit d’un peuple composé de noirs et d’asiatiques dont l’unité se dirige vers celle des Antilles. Donc, ce premier roman de Glissant préfigure bien l’ossature de sa pensée antillaise.
Abstract
Cette étude a pour but d’analyser la lutte anticolonialiste représentée dans La Lézarde, le premier roman d’Édouard Glissant natif de la Martinique. Ce penseur martiniquais, en se positionnant anticolonialiste par rapport au système colonial établi dans son île natale depuis plus trois siècles, ne cessait de revendiquer la dignité humaine des colonisés et de reconquérir la conscience de soi des opprimés. Il désirait s’enraciner dans son “lieu” martiniquais et antillais, caractérisé par l’histoire tragique de l’esclavage, la misère, et la complexité raciale et culturelle. Alors en s’inscrivant dans la perspective antillaise, il se démarque de la Négritude d’Aimé Césaire qui cherchait le «soubassement» africain. Ce roman publié en 1958 a été récompensé par le Prix Renaudot la même année. Il se situe dans le contexte spatio-temporel de la décolonisation : la Martinique en 1945 d’après la deuxième guerre mondiale pendant laquelle les martiniquais avait souffert du blocus des Américains et de la discrimination du régime de Vichy. On a affaire au roman dont le narrateur omniscient fonctionne comme le «témoin» des événements et il intervient de façon limitée comme un personnage. Les personnages principaux en sont de jeunes martiniquais qui luttent contre la domination coloniale de la métropole. Ils propagent l’idée de liberté et participent aux activités du «parti du peuple» auquel ils adhèrent. Finalement, le peuple remporte la victoire aux élections contre le parti des propriétaires colonialistes. À la fin du roman, on voit ces jeunes qui pensent que le “Centre” se trouve en chacun d’eux, non plus à la métropole et ils partent pour la reconquête de soi. À travers le regard de ces jeunes et celui du narrateur, le roman témoigne de la pauvreté et de la famine des habitants. Les cannes à sucre qui poussent bien font contraste avec la misère du peuple. Les habitations, héritières du colonialisme, où l’on cultive des cannes sont au service des intérêts des propriétaires blancs. Cette économie aliénante et dépendante remonte à l’époque de l’esclavage dont les paysages de l’île garde les traces. Il faut se débarrasser de l’Histoire imposée par le colonialisme afin de créer l’histoire ou les histoires du peuple opprimé. Or les noirs ne constituent pas seulement tout le peuple martiniquais mais il y a aussi les apports asiatiques. Il s’agit d’un peuple composé de noirs et d’asiatiques dont l’unité se dirige vers celle des Antilles. Donc, ce premier roman de Glissant préfigure bien l’ossature de sa pensée antillaise.
참고문헌 (20)
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- GLISSANT Édouard, "Les poèmes complets" (1997), Éditions Gallimard
- GLISSANT Édouard, "Soleil de la conscience, Poétique I" (1997), Éditions Gallimard
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- MEMMI Albert, "Portrait du colonisé précédé de Portrait du colonisateur et d’une préface de Jean-Paul Sartre" (1985), Éditions Gallimard
- NICOLAS Armand, "Histoire de la Martinique: des Arawaks à 1848, Tome 1" (1996), L’Harmattan
- RADFORD Daniel, "Édouard Glissant" (1982), Éditions Seghers
