몽테뉴의 『에세』와 일화의 차용 : 그리스 고전작품의 번역본 활용사례를 중심으로
L'emprunt des histoires dans les Essais de Montaigne : usage des traductions en français des auteurs grecs
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Dans les Essais, Montaigne rapporte plus de 1500 histoires empruntées aux auteurs anciens et contemporains. Ainsi, la place que ces histoires occupent dans les Essais est considérable, tant quantitativement que qualitativement. L'étude sur l'emprunt des histoires chez Montaigne porte sur trois points. Le premier répond à la question de savoir quels types d’histoires Montaigne rapporte. Malgré la richesse et la diversité qu'il nous propose, nous pouvons les regrouper en cinq catégories : les histoires singulières qui lui sont propres, les vies des grands hommes, les apophtegmes, les histoires des peuples et leurs coutumes, enfin, les histoires d’animaux. Le deuxième point est consacré essentiellement à l’examen des sources des histoires. Cette étape semble nécessaire pour arriver au dernier point qui insiste beaucoup sur la manière dont Montaigne s’approprie les récits d’autrui dans son texte. Compte tenu du fait que, la plupart du temps, Montaigne doit les histoires à ses lectures, il est indispensable de vérifier les ouvrages qu’il a consultés depuis ceux des auteurs de l’Antiquité jusqu’à ceux de ses contemporains. L’enquête sur les sources se concentre surtout sur les livres que Montaigne a pu lire. Dans ce travail, nous examinons l'emprunt aux auteurs grecs anciens car celui-ci implique une tâche supplémentaire qui consiste à aller examiner les traductions respectives soit en latin soit en français. Pour dresser la liste des exemplaires des traductions que Montaigne a pu consulter, il est nécessaire de s'interroger sur la possession des ouvrages concernés ou au moins de l'envisager. Cependant la disparition de certains exemplaires de sa bibliothèque rend la tâche difficile. Dans ce cas, il faut voir dans ses écrits les remarques ou les appréciations faites sur certains ouvrages ou auteurs. En ce qui concerne les traductions en français auxquelles cette étude se limite, nous devons beaucoup aux remarques que Montaigne a faites à propos du travail de Jacques Amyot, traducteur de Plutarque et de Diodore de Sicile. Une fois dressée la liste des exemplaires, nous comparons le texte de Montaigne et celui des auteurs anciens traduits en français. L'examen des textes montre plusieurs types d'adaptation des histoires rapportées dans les Essais : emprunt fidèle, emprunt partiel avec réduction ou amplification et emprunt indirect. Il nous apporte des précisions sur la plus ou moins grande fidélité de Montaigne. Nous pouvons voir en effet que tous les cas de figure se présentent, de la reprise littérale qui nous donne parfois le moyen de choisir parmi plusieurs possibilités au détournement notoire, en passant par les divers degrés d’adaptation possible. L’affirmation de la richesse et de la variété des opinions personnelles est l’un des traits qui démarquent les Essais à la Renaissance. Rapporter des histoires n’est pas qu’un simple appel à quelque autorité ou la démonstration d’un savoir mais le moyen de donner une image de l’extrême diversité de la vie qui provoque, en miroir, les infinies interprétations dont est capable l’être humain.
Abstract
Dans les Essais, Montaigne rapporte plus de 1500 histoires empruntées aux auteurs anciens et contemporains. Ainsi, la place que ces histoires occupent dans les Essais est considérable, tant quantitativement que qualitativement. L'étude sur l'emprunt des histoires chez Montaigne porte sur trois points. Le premier répond à la question de savoir quels types d’histoires Montaigne rapporte. Malgré la richesse et la diversité qu'il nous propose, nous pouvons les regrouper en cinq catégories : les histoires singulières qui lui sont propres, les vies des grands hommes, les apophtegmes, les histoires des peuples et leurs coutumes, enfin, les histoires d’animaux. Le deuxième point est consacré essentiellement à l’examen des sources des histoires. Cette étape semble nécessaire pour arriver au dernier point qui insiste beaucoup sur la manière dont Montaigne s’approprie les récits d’autrui dans son texte. Compte tenu du fait que, la plupart du temps, Montaigne doit les histoires à ses lectures, il est indispensable de vérifier les ouvrages qu’il a consultés depuis ceux des auteurs de l’Antiquité jusqu’à ceux de ses contemporains. L’enquête sur les sources se concentre surtout sur les livres que Montaigne a pu lire. Dans ce travail, nous examinons l'emprunt aux auteurs grecs anciens car celui-ci implique une tâche supplémentaire qui consiste à aller examiner les traductions respectives soit en latin soit en français. Pour dresser la liste des exemplaires des traductions que Montaigne a pu consulter, il est nécessaire de s'interroger sur la possession des ouvrages concernés ou au moins de l'envisager. Cependant la disparition de certains exemplaires de sa bibliothèque rend la tâche difficile. Dans ce cas, il faut voir dans ses écrits les remarques ou les appréciations faites sur certains ouvrages ou auteurs. En ce qui concerne les traductions en français auxquelles cette étude se limite, nous devons beaucoup aux remarques que Montaigne a faites à propos du travail de Jacques Amyot, traducteur de Plutarque et de Diodore de Sicile. Une fois dressée la liste des exemplaires, nous comparons le texte de Montaigne et celui des auteurs anciens traduits en français. L'examen des textes montre plusieurs types d'adaptation des histoires rapportées dans les Essais : emprunt fidèle, emprunt partiel avec réduction ou amplification et emprunt indirect. Il nous apporte des précisions sur la plus ou moins grande fidélité de Montaigne. Nous pouvons voir en effet que tous les cas de figure se présentent, de la reprise littérale qui nous donne parfois le moyen de choisir parmi plusieurs possibilités au détournement notoire, en passant par les divers degrés d’adaptation possible. L’affirmation de la richesse et de la variété des opinions personnelles est l’un des traits qui démarquent les Essais à la Renaissance. Rapporter des histoires n’est pas qu’un simple appel à quelque autorité ou la démonstration d’un savoir mais le moyen de donner une image de l’extrême diversité de la vie qui provoque, en miroir, les infinies interprétations dont est capable l’être humain.
참고문헌 (17)
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- , 1559
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- Pierre Villey, "Les Sources et l’évolution des Essais de Montaigne" (1976), Osnabrück
- Joseph de Zangroniz, "Montaigne, Amyot et Saliat : étude sur les sources des Essais (1906)" (1975), Slatkine Reprints
