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La lecture de Montaigne
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초록
La lecture constitue chez Montaigne non seulement une formation essentielle pour un humaniste mais aussi un facteur créateur pour la représentation du moi. Aussi, pour mieux comprendre l’élaboration et l’évolution de ses idées exprimées dans les Essais, est-il indispensable de suivre et d’examiner ses lectures. Un tel travail a été entamé par Pierre Villey et il souligne avec force que Montaigne, homme de la Renaissance, doit beaucoup aux livres. La recherche sur les ouvrages lus et la chronologie des lectures dévoile la formation de ses idées et leur transformation. Notre étude consiste donc à examiner de près les habitudes de lecture de Montaigne et ce que signifient les livres et la lecture à travers certains chapitres des Essais. Nous y abordons Des livres, chapitre consacré entièrement aux impressions personnelles sur la lecture, après avoir présenté sa formation à la lecture dans l'enfance et cherché l’origine de son goû̂t non seulement pour les écrivains latins mais aussi pour les poètes et les historiens. Montaigne nous propose, dans ce chapitre, des jugements sur les ouvrages qu’il a lus, donnant ses appréciations sur certains genres littéraires, notamment sur la poésie et l'histoire, et revient sur son propre livre, offrant essentiellement des confidences sur lui-même et sur les Essais. Telle est l’importance de ce chapitre consacré aux livres et nous nous attacherons à accompagner son cheminement. Or, quel est le but réel de la lecture pour Montaigne ? Quel fruit en cueille-t-il ? À de telles questions, il répond qu’il ne se soucie nullement de l’érudition mais cherche à se nourrir et à se connaître. Il n’entend pas devenir plus “savant ou éloquent” mais plus “sage”, s’efforçant sans cesse d’exercer son propre jugement. Ainsi, il préfère les “livres qui usent des sciences ; non ceux qui les dressent”. À ce propos, le chapitre Des livres n’est pas un exposé de son opinion contre la science, mais plus précisément une condamnation de la science inutile, le pédantisme. D’ailleurs, il apprend par la lecture à “ranger ses humeurs et ses conditions”. C’est le même rôle qu’il assigne, nettement plus tard, à l’enregistrement de ses rêveries, en réalisant son autoportrait.
Abstract
La lecture constitue chez Montaigne non seulement une formation essentielle pour un humaniste mais aussi un facteur créateur pour la représentation du moi. Aussi, pour mieux comprendre l’élaboration et l’évolution de ses idées exprimées dans les Essais, est-il indispensable de suivre et d’examiner ses lectures. Un tel travail a été entamé par Pierre Villey et il souligne avec force que Montaigne, homme de la Renaissance, doit beaucoup aux livres. La recherche sur les ouvrages lus et la chronologie des lectures dévoile la formation de ses idées et leur transformation. Notre étude consiste donc à examiner de près les habitudes de lecture de Montaigne et ce que signifient les livres et la lecture à travers certains chapitres des Essais. Nous y abordons Des livres, chapitre consacré entièrement aux impressions personnelles sur la lecture, après avoir présenté sa formation à la lecture dans l'enfance et cherché l’origine de son goû̂t non seulement pour les écrivains latins mais aussi pour les poètes et les historiens. Montaigne nous propose, dans ce chapitre, des jugements sur les ouvrages qu’il a lus, donnant ses appréciations sur certains genres littéraires, notamment sur la poésie et l'histoire, et revient sur son propre livre, offrant essentiellement des confidences sur lui-même et sur les Essais. Telle est l’importance de ce chapitre consacré aux livres et nous nous attacherons à accompagner son cheminement. Or, quel est le but réel de la lecture pour Montaigne ? Quel fruit en cueille-t-il ? À de telles questions, il répond qu’il ne se soucie nullement de l’érudition mais cherche à se nourrir et à se connaître. Il n’entend pas devenir plus “savant ou éloquent” mais plus “sage”, s’efforçant sans cesse d’exercer son propre jugement. Ainsi, il préfère les “livres qui usent des sciences ; non ceux qui les dressent”. À ce propos, le chapitre Des livres n’est pas un exposé de son opinion contre la science, mais plus précisément une condamnation de la science inutile, le pédantisme. D’ailleurs, il apprend par la lecture à “ranger ses humeurs et ses conditions”. C’est le même rôle qu’il assigne, nettement plus tard, à l’enregistrement de ses rêveries, en réalisant son autoportrait.
참고문헌 (10)
- MONTAIGNE Michel de, "Les Essais de Montaigne" (1924), PUF
- Les Essais, "réalisée sous la direction de Jean Céard" (2001), La Pochothèque
- BODIN Jean, "Methodus ad facilem historiarum cognitionem, in Méthode pour faciliter la connaissance de l'histoire, traduction de Pierre Mesnard" (1941), Les Belles Lettres
- L’Histoire des roys de Pologne, "la Chronique de Flandres et les Mémoires d'Olivier de la Marche, édités par Denis Sauvage", Guillaume Rouille
- Histoire de la vie privée, "sous la direction de Philippe Ariès et Georges Duby, t. III, De la Renaissance aux Lumières" (1985), Editions du Seuil
- FRIEDRICH Hugo, "Montaigne, traduit de l'allemand par Robert Rovini" (1968), Gallimard
- JEANNERET Michel, "Je lis, donc je suis : Herméneutique et conscience de soi à la Renaissance, Emergence du sujet : De l'Amant vert au Misanthrope", pp.151~169 (2005), Etudes réunies par Olivier Pot
- POTTIEE-SPERRY F, "Barbouillés de mes notes (Essais de Montaigne, II, 10), Première reproduction en fac-simile de l’exemplaire des Commentaires de César annoté par Montaigne, in Musée Condé et Bordeaux" (2003), William Blake et Cie
- STAROBINSKI Jean, "Montaigne en mouvement" (1982), Gallimard
- VILLEY Pierre, "Les sources et l'évolution des Essais de Montaign" (1908), Hachette
