Le pari de Duchamp - La beauté de l’échec et la nulle la plus idéale -
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초록
Marcel Duchamp (1887-1968), joueur invétéré du jeu d’échecs, se voue corps et âme aux beautés comme aux affres du jeu à tel point que son art se redéfinit par la mise en doute de son propre concept. Cet investissement atteignant un point culminant vers 1912 fut non sans des frictions considérables de son processus artistique profondément expérimental dont les résultats se voyaient refusés ou mal compris. À compter du milieu des années 1920, Duchamp perd intérêt dans le processus de l’art ainsi que le milieu artistique en France et aux États-Unis qui entend présenter une oeuvre estampillée de quelconque qualificatif et attirer toute sorte de jugement. Son déploiement échiquéen et ses activités artistiques s’acheminaient vers un but qui peut être résumé ainsi : la liberté par rapport à tout jugement et à l’illusion de la certitude. Pour lui, préétablir un objectif engendre une «répétition neurasthénique» de la croyance, du jugement et de la consommation. Ce qui lui importe absolument, c’est la vérité imprégnée dans la situation sur l’échiquier qui s’anime d’une série de mouvements inventés et conçus par décision logique. Cette dernière est prise sur le spectre intégral et oppositionnel s’étendant entre la logique pure et le pari. Les mouvements vectoriels de la pensée occupent une place centrale dans la notion duchampienne de beau, mais portent le nom d’échecs. Étrangement, il s’efforce, à partir de son indifférence envers la victoire ou la valeur, d’aboutir à une nullité, indifférence qu’il qualifie de «presque utopique». Cette nullité est cependant un objectif ultime de son art et de sa vie.
Abstract
Marcel Duchamp (1887-1968), joueur invétéré du jeu d’échecs, se voue corps et âme aux beautés comme aux affres du jeu à tel point que son art se redéfinit par la mise en doute de son propre concept. Cet investissement atteignant un point culminant vers 1912 fut non sans des frictions considérables de son processus artistique profondément expérimental dont les résultats se voyaient refusés ou mal compris. À compter du milieu des années 1920, Duchamp perd intérêt dans le processus de l’art ainsi que le milieu artistique en France et aux États-Unis qui entend présenter une oeuvre estampillée de quelconque qualificatif et attirer toute sorte de jugement. Son déploiement échiquéen et ses activités artistiques s’acheminaient vers un but qui peut être résumé ainsi : la liberté par rapport à tout jugement et à l’illusion de la certitude. Pour lui, préétablir un objectif engendre une «répétition neurasthénique» de la croyance, du jugement et de la consommation. Ce qui lui importe absolument, c’est la vérité imprégnée dans la situation sur l’échiquier qui s’anime d’une série de mouvements inventés et conçus par décision logique. Cette dernière est prise sur le spectre intégral et oppositionnel s’étendant entre la logique pure et le pari. Les mouvements vectoriels de la pensée occupent une place centrale dans la notion duchampienne de beau, mais portent le nom d’échecs. Étrangement, il s’efforce, à partir de son indifférence envers la victoire ou la valeur, d’aboutir à une nullité, indifférence qu’il qualifie de «presque utopique». Cette nullité est cependant un objectif ultime de son art et de sa vie.
참고문헌 (18)
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