회화적 재현의 해석학을 위한 시론
Essai pour une herméneutique de la représentation picturale
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초록
La 'mimèsis', notion essentielle dans la Poétique d'Aristote, s'est traduite traditionnellement par le terme d'imitation, isssu du mot latin 'imitatio', ce qui semble provoquer non sans raison des ambiguïtés, des confusions et des malaises concernant son usage philosophique ou esthétique. Selon les études récentes (Dupont-Roc et Lallot, Goodman, Ricoeur), la mimèsis se définit, loin d'être un simulacre ou une copie comme le disait Platon dans La République,comme "la représentation de l'action humaine" qui présuppose une certaine distance ontologique entre le réel représenté (l'objet-modèle) et le réel représentant (l'objet-copie). Les études de P. Ricoeur semblent marquer un tournant remarquable dans l'histoire de l'herméneutique de la mimèsis, dans la mesure où elles ont contribué à élargir la notion dans toutes ses dimensions ontologique, épistémologique, esthétique et éthique. Pour lui, la notion s'applique non seulement à la tragédie, mais aussi au genre narratif dans son ensemble. A partir d'une équivalence entre la mimèsis et le muthos, il a essayé de rétablir la relation entre la poièsis et la praxis, ce qui l'amène à développer une herméneutique de la mimèsis. Il parvient ainsi à établir un cercle hérméneutique, "la triple mimèsis", qui a pour but de marquer la coupure et la continuité de l'activité mimétique par rapport à l'activitépratique. La préfiguration, amont de la mimèsis (Mimèsis I), consiste à relier la précompréhension et la compréhension de l'action humaine dans une perspective de la sémantique de l'action. La configuration, pivot de la mimèsis (Mimèsis II), peut se définir par la structuration de l'action humaine par le moyen du code narratif et de la grammaire du récit. La refiguration, aval de la mimèsis (Mimèsis III), constitue le dernier stade de l'activitémimétique par la lecture, c'est-à-dire effet produit par l'entrecroisement du monde du texte et du monde du lecteur. Au bout de ce parcours herméneutique, la mimèsis ne se confine pas d'une notion étroite de copie-imitation, pour aboutir à une dimension ontologique qui ouvre un "monde possible" à la faveur de sa référence métaphorique. Pour nous, il s'agit de savoir s'il est possible d'appliquer la notion de la triple mimèsis auxautres domaines de l'art représentatif, surtout à celle de l'art pictural. On voit d'ailleurs qu'Aristote, dans sa Poétique, met souvent la tragédie en comparaison avec la peinture, plutôt qu'avec la musique ou la danse. Ainsi avons-nous commencé par la relecture de La Poétique pour relever des remarques qui nous permettront de frayer un chemin vers une herméneutique de la représentation picturale, un art qui se sert principalement, comme moyen de la mimèsis,de la forme et de la couleur Ainsi nous avons essayé de donner des esquisses herméneutiques à partir de la notion de triple mimèsis, pour mettre en relief la correspondance et la différence entre la représentation narrative et la représentation picturale. C'est bien la dimension temporelle qui fait la plus grande différence entre les deux types de mimèsis,surtout quand il s'agit de la peinture non-figurative qui a suscité soi-disant "la crise de la mimèsis" pendant ces dernières décennies. Il n'empêche que cette contrainte majeure vient élargir et renforcer la notion de mimèsis pour l'appliquer à l'expérience esthétique de l'art moderne. La mimèsis, c'est toujours une re-présentation ou une transformation du réel par l'intermédiaire des signes artistiques, soit la littérature, soit la peinture. Sa fonction principale consistera donc à bouleverser notre expérience quotidienne pour en faire découvrir une nouvelle dimension. Pour conclure, nous avons constaté que l'art moderne, surtout la peinture "polyfigurative" se rapproche plutôt à la musique qu'à la métaphore ou au récit, ce qui nous amènerait à confronter la limite de la notion de la mimèsis.
Abstract
La 'mimèsis', notion essentielle dans la Poétique d'Aristote, s'est traduite traditionnellement par le terme d'imitation, isssu du mot latin 'imitatio', ce qui semble provoquer non sans raison des ambiguïtés, des confusions et des malaises concernant son usage philosophique ou esthétique. Selon les études récentes (Dupont-Roc et Lallot, Goodman, Ricoeur), la mimèsis se définit, loin d'être un simulacre ou une copie comme le disait Platon dans La République,comme "la représentation de l'action humaine" qui présuppose une certaine distance ontologique entre le réel représenté (l'objet-modèle) et le réel représentant (l'objet-copie). Les études de P. Ricoeur semblent marquer un tournant remarquable dans l'histoire de l'herméneutique de la mimèsis, dans la mesure où elles ont contribué à élargir la notion dans toutes ses dimensions ontologique, épistémologique, esthétique et éthique. Pour lui, la notion s'applique non seulement à la tragédie, mais aussi au genre narratif dans son ensemble. A partir d'une équivalence entre la mimèsis et le muthos, il a essayé de rétablir la relation entre la poièsis et la praxis, ce qui l'amène à développer une herméneutique de la mimèsis. Il parvient ainsi à établir un cercle hérméneutique, "la triple mimèsis", qui a pour but de marquer la coupure et la continuité de l'activité mimétique par rapport à l'activitépratique. La préfiguration, amont de la mimèsis (Mimèsis I), consiste à relier la précompréhension et la compréhension de l'action humaine dans une perspective de la sémantique de l'action. La configuration, pivot de la mimèsis (Mimèsis II), peut se définir par la structuration de l'action humaine par le moyen du code narratif et de la grammaire du récit. La refiguration, aval de la mimèsis (Mimèsis III), constitue le dernier stade de l'activitémimétique par la lecture, c'est-à-dire effet produit par l'entrecroisement du monde du texte et du monde du lecteur. Au bout de ce parcours herméneutique, la mimèsis ne se confine pas d'une notion étroite de copie-imitation, pour aboutir à une dimension ontologique qui ouvre un "monde possible" à la faveur de sa référence métaphorique. Pour nous, il s'agit de savoir s'il est possible d'appliquer la notion de la triple mimèsis auxautres domaines de l'art représentatif, surtout à celle de l'art pictural. On voit d'ailleurs qu'Aristote, dans sa Poétique, met souvent la tragédie en comparaison avec la peinture, plutôt qu'avec la musique ou la danse. Ainsi avons-nous commencé par la relecture de La Poétique pour relever des remarques qui nous permettront de frayer un chemin vers une herméneutique de la représentation picturale, un art qui se sert principalement, comme moyen de la mimèsis,de la forme et de la couleur Ainsi nous avons essayé de donner des esquisses herméneutiques à partir de la notion de triple mimèsis, pour mettre en relief la correspondance et la différence entre la représentation narrative et la représentation picturale. C'est bien la dimension temporelle qui fait la plus grande différence entre les deux types de mimèsis,surtout quand il s'agit de la peinture non-figurative qui a suscité soi-disant "la crise de la mimèsis" pendant ces dernières décennies. Il n'empêche que cette contrainte majeure vient élargir et renforcer la notion de mimèsis pour l'appliquer à l'expérience esthétique de l'art moderne. La mimèsis, c'est toujours une re-présentation ou une transformation du réel par l'intermédiaire des signes artistiques, soit la littérature, soit la peinture. Sa fonction principale consistera donc à bouleverser notre expérience quotidienne pour en faire découvrir une nouvelle dimension. Pour conclure, nous avons constaté que l'art moderne, surtout la peinture "polyfigurative" se rapproche plutôt à la musique qu'à la métaphore ou au récit, ce qui nous amènerait à confronter la limite de la notion de la mimèsis.
참고문헌 (24)
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- Paul Ricoeur, "La Critique et la conviction" (1995), Calmann-Lévy
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- 마르코 야코보니, "미러링 피플" (2009), 갤리온
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- 조이한, "천천히 그림 읽기" (1999), 웅진
