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이야기와 윤리의 변증법 : 폴 리쾨르의 이론을 중심으로

The Dialectic between Narrative and Rthics in the Theory of Paul Ricoeur

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Ricœur conçoit l’identité de l’œuvre littéraire comme une interaction entre auteur, texte et lecteur, pour prendre la littérature comme forme de communication et l’œuvre littéraire comme discours dialogal. En ce sens, la théorie ricœurienne du récit recèle, semble-t-il, comme finalité du récit la transmission au lecteur d’une référence à caractère éthique comme la théorie de l’utilité. De ce point de vue, nous sommes amenés à réfléchir sur la dialectique entre récit et éthique. Pour ce faire, il a fallu commencer d’abord par la théorie du récit chez Ricœur. Ensuite nous avons analysé sa théorie de l’éthique. Après avoir examiné les deux théories séparément, nous avons abordé l’entrecroisement des deux théories dans les deux directions : les implications éthiques du récit et les dimensions narratives de l’éthique. Enfin pour conclure nous avons essayé de trouver une finalité ricœurienne de la dialectique entre récit et éthique, en remarquant que sa réflexion téléologique vise, en fin de compte, à la réflexion théologique. Quant à la théorie du récit, Ricœur avance trois mimèsis dans le cadre de l’herméneutique. Dans l’herméneutique ricœurienne, mimèsis II comme étape de configuration désignant la dimension de la composition propre à chaque récit ne se tient pas pour un mécanisme indépendant, mais assume une fonction de médiation entre mimèsis I, étape de préfiguration en amont, et mimèsis III, étape de refiguration en aval. Tous les trois ont une structure circulaire. Pour la théorie de l’éthique, Ricœur reconnaît la même étymologie (sens de mœurs) de morale (mores) et d’éthique (ethos), mais il propose de discerner une nuance entre ces deux termes, nuance qui provient par convention des deux traditions téléologique et déontologique. La première vient d’Aristote, et la seconde de Kant. Ensuite il se propose de défendre les trois étapes comme suivantes : 1) la primauté de l’éthique sur la morale ; 2) la nécessité pour la visée éthique de passer par le crible de la norme ; 3) la légitimité d’un recours de la norme à la visée, lorsque la norme conduit à des conflits pour lesquels il n’est pas d’autre issue qu’une sagesse pratique, à savoir un jugement moral en situation. Alors que dans le récit même on peut trouver des aspects éthiques, on pourrait également, en sens inverse, dégager des éléments narratifs de l’éthique elle-même. Non seulement le récit dit l’éthique, mais encore l’éthique contient le récit. Ce qui nous fait remarquer en particulier, c’est que l’idée même de vie bonne, en tant que visée éthique, fait appel inévitablement à la narrativité du récit qui ‘prend ensemble’ des actions humaines. On peut dire donc que l’éthique nécessite le récit. Enfin nous arrivons aux deux derniers points : Le premier est que dans la pensée ricœurienne le récit et l’éthique circulent sur l’axe perpendiculaire de l’action. Comme l’action est imitée par l’opération du cercle de mimèsis, on va de l’action au texte ; et ensuite, du texte à l’action, car le texte est interprété par le lecteur, pour susciter en lui une autre action ou une autre éthique plus enrichie. Ceci fait, le récit éveille et éduque son éthique en configurant l’action humaine. Le second est qu’une telle triade (action-récit-éthique) s’impose partout dans le parcours de la pensée ricœurienne : préfiguration-configuration-refiguration au plan du récit, visée éthique-norme morale-sagesse pratique au plan de l’éthique, décrire-raconter-prescrire au plan de l’action. Pourquoi la constance d’une telle triade ? Une idée qui traverse la pensée ricœurienne nous semble surgir à l’aide de l’homologie des triades : Ricœur passe toujours le crible du processus de critique formaliste et rationaliste, afin d’obtenir des convictions : le processus d’explication dans la configuration au plan du récit, celui de formalisation ou d’universalisation par la norme morale au plan de l’éthique. C’est ainsi que Ricœur ne néglige jamais la raison critique à travers la distanciation du sujet pour ne pas se noyer dans une subjectivité floue. C’est la raison pour laquelle il n’est pas allé directement de la théorie de l’action à celle de l’éthique, mais aurait eu besoin d’un point d’appui ou d’un médiateur qui est la théorie du récit. Ainsi, le sujet agissant (identité personnelle) devient le sujet éthique (identité éthique) en passant par le crible de sujet narratif (identité narrative).

Abstract

Ricœur conçoit l’identité de l’œuvre littéraire comme une interaction entre auteur, texte et lecteur, pour prendre la littérature comme forme de communication et l’œuvre littéraire comme discours dialogal. En ce sens, la théorie ricœurienne du récit recèle, semble-t-il, comme finalité du récit la transmission au lecteur d’une référence à caractère éthique comme la théorie de l’utilité. De ce point de vue, nous sommes amenés à réfléchir sur la dialectique entre récit et éthique. Pour ce faire, il a fallu commencer d’abord par la théorie du récit chez Ricœur. Ensuite nous avons analysé sa théorie de l’éthique. Après avoir examiné les deux théories séparément, nous avons abordé l’entrecroisement des deux théories dans les deux directions : les implications éthiques du récit et les dimensions narratives de l’éthique. Enfin pour conclure nous avons essayé de trouver une finalité ricœurienne de la dialectique entre récit et éthique, en remarquant que sa réflexion téléologique vise, en fin de compte, à la réflexion théologique. Quant à la théorie du récit, Ricœur avance trois mimèsis dans le cadre de l’herméneutique. Dans l’herméneutique ricœurienne, mimèsis II comme étape de configuration désignant la dimension de la composition propre à chaque récit ne se tient pas pour un mécanisme indépendant, mais assume une fonction de médiation entre mimèsis I, étape de préfiguration en amont, et mimèsis III, étape de refiguration en aval. Tous les trois ont une structure circulaire. Pour la théorie de l’éthique, Ricœur reconnaît la même étymologie (sens de mœurs) de morale (mores) et d’éthique (ethos), mais il propose de discerner une nuance entre ces deux termes, nuance qui provient par convention des deux traditions téléologique et déontologique. La première vient d’Aristote, et la seconde de Kant. Ensuite il se propose de défendre les trois étapes comme suivantes : 1) la primauté de l’éthique sur la morale ; 2) la nécessité pour la visée éthique de passer par le crible de la norme ; 3) la légitimité d’un recours de la norme à la visée, lorsque la norme conduit à des conflits pour lesquels il n’est pas d’autre issue qu’une sagesse pratique, à savoir un jugement moral en situation. Alors que dans le récit même on peut trouver des aspects éthiques, on pourrait également, en sens inverse, dégager des éléments narratifs de l’éthique elle-même. Non seulement le récit dit l’éthique, mais encore l’éthique contient le récit. Ce qui nous fait remarquer en particulier, c’est que l’idée même de vie bonne, en tant que visée éthique, fait appel inévitablement à la narrativité du récit qui ‘prend ensemble’ des actions humaines. On peut dire donc que l’éthique nécessite le récit. Enfin nous arrivons aux deux derniers points : Le premier est que dans la pensée ricœurienne le récit et l’éthique circulent sur l’axe perpendiculaire de l’action. Comme l’action est imitée par l’opération du cercle de mimèsis, on va de l’action au texte ; et ensuite, du texte à l’action, car le texte est interprété par le lecteur, pour susciter en lui une autre action ou une autre éthique plus enrichie. Ceci fait, le récit éveille et éduque son éthique en configurant l’action humaine. Le second est qu’une telle triade (action-récit-éthique) s’impose partout dans le parcours de la pensée ricœurienne : préfiguration-configuration-refiguration au plan du récit, visée éthique-norme morale-sagesse pratique au plan de l’éthique, décrire-raconter-prescrire au plan de l’action. Pourquoi la constance d’une telle triade ? Une idée qui traverse la pensée ricœurienne nous semble surgir à l’aide de l’homologie des triades : Ricœur passe toujours le crible du processus de critique formaliste et rationaliste, afin d’obtenir des convictions : le processus d’explication dans la configuration au plan du récit, celui de formalisation ou d’universalisation par la norme morale au plan de l’éthique. C’est ainsi que Ricœur ne néglige jamais la raison critique à travers la distanciation du sujet pour ne pas se noyer dans une subjectivité floue. C’est la raison pour laquelle il n’est pas allé directement de la théorie de l’action à celle de l’éthique, mais aurait eu besoin d’un point d’appui ou d’un médiateur qui est la théorie du récit. Ainsi, le sujet agissant (identité personnelle) devient le sujet éthique (identité éthique) en passant par le crible de sujet narratif (identité narrative).

참고문헌 (12)

  1. RICOEUR, Paul, "Le conflit des interprétations" (1969), Éditions du Seuil
  2. RICOEUR, Paul, "Temps et récit I" (1983), Éditions du Seuil
  3. RICOEUR, Paul, "Temps et récit II" (1984), Éditions du Seuil
  4. RICOEUR, Paul, "Temps et récit III" (1985), Éditions du Seuil
  5. RICOEUR, Paul, "Du texte à l'action" (1986), Éditions du Seuil
  6. RICOEUR, Paul, "Soi-même comme un autre" (1990), Éditions du Seuil
  7. RICOEUR, Paul, "Lectures 1" (1991), Éditions du Seuil
  8. GILBERT, Muriel, "L’identité narrative. Une reprise à partir de Freud de la pensée de Paul Ricoeur" (2001), Labor et Fides
  9. KEMP, P., "Aquinas, Rome, Presses de l’Université du Latran, 1988 et Éthique et Médecine" (1987), Tierce-Médecine
  10. MACINTYRE, Alasdair, "After Virtue, a Study In Moral Theory" (1981), University of Notre Dame Press
  11. THOMASSET, Alain, "Une poétique de la morale. Aux fondements d’une éthique herméneutique et narrative dans une perspective chrétienne" (1996), Presses Universitaires de Louvain
  12. VULTUR, Ioana, "La communication littéraire selon Paul Ricoeur", La Poétique, (166) (2011)

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