세비녜 부인, 또는 새로운 서간 문학의 탄생
Mme de Sévigné ou la naissance d'une nouvelle littérature épistolaire
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초록
En 1725, quand les lettres de Mme de Sévigné sont publiées pour la première fois trente ans après sa mort, on les a considérées 'le chef d'oeuvre de la nouvelle littérature épistolaire'. Depuis, pendant trois siècles,ses lettres sont lues d'après divers points de vue; comme celles spirituelles d'une femme du monde ou celles d'une mère qui s'affolait de sa fille, et jugées comme le témoignage du paysage pittoresque d'un siècle ou le modèle de l'amour maternel. Aujourd'hui où on n'écrit plus comme avant àla suite du progrès de la technologie de communication, comment on pourrait lire ces lettres si longues exigeant tant d'efforts et de temps, et quels nouveaux sens on pourrait y trouver?La littéraure épistolaire est un genre qui dépend le plus des conditions sociales et matérielles à cause du fait qu'elle demande l'échange matériel des lettres. En France, le système postal établi en 1668 en réseaux nationaux a donné la chance de faire éclore la littérature épistolaire. Dans la première moitié du 17ème siècle, elle a été un genre masculin qui suivait la tradition et rhétorique de la littérature ancienne et humaniste, dont Guez de Balzac est le représantant. C'était une oeuvre travaillée qui visait à être publiée, traitant des opinions politiques ou religieuses. En parallèlle, il existait aussi des lettres écrites par des honnêtes hommes du monde qui ont voulu continuer 'la conversation' mondaine avec la personne absente,dont Vincent Voiture est le représentant. Ces lettres tout personnelles et galantes étaient fort réussies auprès des dames du monde et les entraînaient à écrire des lettres à leur tour. Parmi ces dames du monde, Mme de Sévigné avait une réputation d'écrire bien d'un style naturel et spontané. Ses lettres brillantes qui montrent divers aspects de la société aristocratique étaient celles d'une femme d'esprit du monde. Alors, le malheureux évènement pour elle, la séparation d'avec sa fille qui a dû partir au Sud pour rejoindre son mari, a préparé à Mme de Sévigné un sort tout à fait inattendu. Dévorée de l'amour excessif pour sa fille éloignée, elle a commencé à écrire régulièrement à sa fille en l'exigeant plus ou moins de lui écrire autant. D'où est neé une oeuvre colossale: des lettres entre mère et fille écrites durant 25 ans. Différentes des lettres discontinues qu'elle a écrites à divers personnes dans le cercle du monde, ces lettres peuvent être considerées comme une oeuvre autonome et cohérente vu que c'étaient celles envoyées à une seule destinaire ayant une importance quantitative et qualitative, en plus révélant une évolution tout au long des lettres. Avec ces lettres, Mme de Sévignéest née écrivain, à la suite des paradoxes, des hasards et de plusieurs miracles. Pour elle, la lettre était la seule consolation pour l'absence de sa fille, l'unique moyen pour la récupérer en y exprimant son amour et en y trouvant le témoignage de l'amour de sa fille. D'où venaient tous les techniques de séduction pour maintenir l'échange régulier de leurs lettres. Mais avec le temps, il s'est avéré que l'amour exprimé dans la lettre n'etait pas celui qui pouvait être veçu en présence de sa fille avec autant d'intensité. En plus, Mme de Sévigné qui souciait de la santé de sa fille a supplié, cette fois-ci, de ne pas écrire, et de lui laisser causer toute seule. Alors elle a découvert que l'écriture seule lui procurait autant de plaisir et aussi une possibilté de réfléchir sur elle-même et un effet de cure. Ici, elle est entrée dans un stade de l'écriture tout à fait différent de celui où elle a commencé à écrire à sa fille. Ce n'etait plus pour retrouver sa fille et affirmer son amour, mais pour le simple plaisir d'écrire. Cela a devenu bientôt pour elle la recherche des possibilités infinies d'écriture, c'est-à-dire,une aventure verbale, ce que l'on peut qualifier de l'esthétique littéraire moderne. En plein du 17ème siècle où le canon de la littérature classique est établi autour des genres majeurs et par les hommes, Mme de Sévigné s'est élevée, en tant que femme, comme un nouveau modèle d'écriture dans le genre marginal. Elle a montré au sein de l'esthétique classique basée sur des règles, la raison et l'universalité, une nouvelle écriture de sentiment intime dans un style naturel et spontané. Alors, ce ne serait plus dans le cadre étroit historique et pédagogique qu'il faut lire l'oeuvre de Mme de Sévigné, mais comme une expérience où toute écriture sérieuse peut être une interrogation foncière sur la littérature elle-même.
Abstract
En 1725, quand les lettres de Mme de Sévigné sont publiées pour la première fois trente ans après sa mort, on les a considérées 'le chef d'oeuvre de la nouvelle littérature épistolaire'. Depuis, pendant trois siècles,ses lettres sont lues d'après divers points de vue; comme celles spirituelles d'une femme du monde ou celles d'une mère qui s'affolait de sa fille, et jugées comme le témoignage du paysage pittoresque d'un siècle ou le modèle de l'amour maternel. Aujourd'hui où on n'écrit plus comme avant àla suite du progrès de la technologie de communication, comment on pourrait lire ces lettres si longues exigeant tant d'efforts et de temps, et quels nouveaux sens on pourrait y trouver?La littéraure épistolaire est un genre qui dépend le plus des conditions sociales et matérielles à cause du fait qu'elle demande l'échange matériel des lettres. En France, le système postal établi en 1668 en réseaux nationaux a donné la chance de faire éclore la littérature épistolaire. Dans la première moitié du 17ème siècle, elle a été un genre masculin qui suivait la tradition et rhétorique de la littérature ancienne et humaniste, dont Guez de Balzac est le représantant. C'était une oeuvre travaillée qui visait à être publiée, traitant des opinions politiques ou religieuses. En parallèlle, il existait aussi des lettres écrites par des honnêtes hommes du monde qui ont voulu continuer 'la conversation' mondaine avec la personne absente,dont Vincent Voiture est le représentant. Ces lettres tout personnelles et galantes étaient fort réussies auprès des dames du monde et les entraînaient à écrire des lettres à leur tour. Parmi ces dames du monde, Mme de Sévigné avait une réputation d'écrire bien d'un style naturel et spontané. Ses lettres brillantes qui montrent divers aspects de la société aristocratique étaient celles d'une femme d'esprit du monde. Alors, le malheureux évènement pour elle, la séparation d'avec sa fille qui a dû partir au Sud pour rejoindre son mari, a préparé à Mme de Sévigné un sort tout à fait inattendu. Dévorée de l'amour excessif pour sa fille éloignée, elle a commencé à écrire régulièrement à sa fille en l'exigeant plus ou moins de lui écrire autant. D'où est neé une oeuvre colossale: des lettres entre mère et fille écrites durant 25 ans. Différentes des lettres discontinues qu'elle a écrites à divers personnes dans le cercle du monde, ces lettres peuvent être considerées comme une oeuvre autonome et cohérente vu que c'étaient celles envoyées à une seule destinaire ayant une importance quantitative et qualitative, en plus révélant une évolution tout au long des lettres. Avec ces lettres, Mme de Sévignéest née écrivain, à la suite des paradoxes, des hasards et de plusieurs miracles. Pour elle, la lettre était la seule consolation pour l'absence de sa fille, l'unique moyen pour la récupérer en y exprimant son amour et en y trouvant le témoignage de l'amour de sa fille. D'où venaient tous les techniques de séduction pour maintenir l'échange régulier de leurs lettres. Mais avec le temps, il s'est avéré que l'amour exprimé dans la lettre n'etait pas celui qui pouvait être veçu en présence de sa fille avec autant d'intensité. En plus, Mme de Sévigné qui souciait de la santé de sa fille a supplié, cette fois-ci, de ne pas écrire, et de lui laisser causer toute seule. Alors elle a découvert que l'écriture seule lui procurait autant de plaisir et aussi une possibilté de réfléchir sur elle-même et un effet de cure. Ici, elle est entrée dans un stade de l'écriture tout à fait différent de celui où elle a commencé à écrire à sa fille. Ce n'etait plus pour retrouver sa fille et affirmer son amour, mais pour le simple plaisir d'écrire. Cela a devenu bientôt pour elle la recherche des possibilités infinies d'écriture, c'est-à-dire,une aventure verbale, ce que l'on peut qualifier de l'esthétique littéraire moderne. En plein du 17ème siècle où le canon de la littérature classique est établi autour des genres majeurs et par les hommes, Mme de Sévigné s'est élevée, en tant que femme, comme un nouveau modèle d'écriture dans le genre marginal. Elle a montré au sein de l'esthétique classique basée sur des règles, la raison et l'universalité, une nouvelle écriture de sentiment intime dans un style naturel et spontané. Alors, ce ne serait plus dans le cadre étroit historique et pédagogique qu'il faut lire l'oeuvre de Mme de Sévigné, mais comme une expérience où toute écriture sérieuse peut être une interrogation foncière sur la littérature elle-même.
참고문헌 (19)
- Mme de Sévigné, "Correspondance I, II, III.1972, 1974,1978. Ed. Pleïade" (1972), Gallimard
- Mme de Sévigné, "Lettres choisies (par R. Duchêne)" (1988), Gallimard
- Aubaud, Camille, "Lire les femmes de lettres" (1993), Dunod
- Avigdor, Eva, "Madame de Sévigné; un portrait intellectuel et moral" (1974), Nizet
- Bossis, Mireille, "L'Epistolarité à travers les siècles" (1990), Franz steiner verlag
- Cordelier, Jean, "Mme de Sévigné par elle-même", Seuil
- Duchêne, Roger, "Naissance d'un écrivain: Mme de Sévigné" (1996), Fayard
- Duchêne, Roger, "Mme de Sévigné, ou la chance d'être femme" (1982), Fayard
- Duchêne, Roger, "Mme de Sévigné et la lettre d'amour" (1992), Klincksieck
- Haroche-Bouzinac, Geneviève, "L'épistolaire" (1995), Hachette
- Grassi, Marie-Claire, "Lire l'épistolaire" (1998), Dunod
- La Bruyère, Les Caractères, "Garnier-Flammarion", Garnier-Flammarion
- Lanson, Gustave, "Essais de méthode de critique et d'histoire littéraire" (1965), Hachette
- Mossiker, Frances, "L'amour d'une mère, Mme de Sévigné et son temps" (1984), Julliard
- Planté, Christine, "L'Epistolaire, un genre féminin?" (1998), Honoré Champion
- "numéro spécial consacré à Mme de Sévigné", Europe, 74(801), pp.3~132 (1996)
- "numéro spécial consacré à la littérature épistolaire", Revue d'Histoire Littéraire de la France, 78(6), pp.886~1005 (1978)
- "numéro spécial consacré à Mme de Sévigné", Revue d'Histoire Littéraire de la France, 96(3), pp.359~474 (1996)
- Bray, Bernard, "Quelques aspects du système épistolaire de Mme de Sévigné", Revue d'Histoire Littéraire de la France, 69(3), pp.491~505 (1969)
