사진과 언어: 베르티옹의 ‘초상언어’
Photographie et langage: le ≪portrait parlé≫ de Bertillon
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초록
A la fin du XIXe siècle, Alphonse Bertillon, inventeur français de la criminalistique, a inventé le «portrait parlé», système du signalement descriptif, spécialement en vue de sa recherche et de son identification sur la voie publique. Le portrait photographique, à ses débuts, avait pu apparaître comme le moyen idéal de reconnaître des individus en fuite. Or il s’avéra très vite moins efficace que prévu pour atteindre ce but. Si l’on veut pouvoir reconnaître instantanément un sujet dans la rue, on n’a pas d’autre choix que de devoir mémoriser par cœur les traits de son visage. Le portrait parlé est une technique du savoir «regarder» et « garder le souvenir» d’une figure humaine. Pour Bertillon, voir ou percevoir est un acte cognitif, un acte qui non seulement utilise des connaissances acquises et stockées dans la mémoire de l’observateur, mais qui est aussi déterminé par ces connaissances. La connaissance et le langage sont les deux conditions nécessaires à l’acuité de la perception visuelle et de la mémorisation. Pour Bertillon, le langage conditionne la pensée et la mémoire, la pensée et la mémoire conditionnent le regard, le regard conditionne la perception, la perception conditionne la vision. Inversement, voir est un acte à la fois cognitif et langagier. Ce système descriptif est dans son essence très différent du système photographique. Si le mode de production du portrait dans le système photographique est mécanique, physique, puisqu’il a recours à des instruments physiques, sans intervention de la main, dans le système descriptif le mode de production du portrait est manuel, anthropique, fait sans le recours d’instruments. Malgré cette différence intrinsèque, le système descriptif relève pourtant, comme le système photographique, d’un système analogique, qualitatif, d’identification. Mais entre le système photographique et le système descriptif, il y a une différence essentielle dans le procédé employé pour traduire le visage. Si le portrait photographique représente l’ensemble du visage, le portrait parlé ne décrit, lui, que les traits caractéristiques de ce visage. Si la nature de l’inscription photographique est globale, celle de l’inscription descriptive est sélective. Toutes les étapes dans le processus de traduction descriptive du visage se caractérisent essentiellement par une série de réductions concernant l’identité physique d’un individu : réduction, tout d’abord, du visage à un certain nombre de parties ; réduction, ensuite, de chacune de ces parties à quelques caractères, puis à quelques sous-caractères ; réduction enfin de ces sous-caractères à des termes descriptifs verbaux puis à un code alphabétique. Du fait de cette série de réductions le visage se trouve réduit finalement à une série des lettres qui en sont l’expression et qui renvoient aux sous-caractères de ses parties. Dans cette série de réductions, deux types différents de réductions de l’identité expriment à elles deux le principe fondamental de rationalité : la réduction linéaire et la réduction numérique. Le portrait parlé comporte en effet divers inconvénients, qui relèvent tous de sa nature manuelle. Dans le portrait parlé, l’élaboration de la description du signalement (l’observation et la traduction), ainsi que sa lecture, sont réalisées non pas au moyen d’un instrument physique, mais à l’aide d’œil et le cerveau. Or c’est précisément en raison de sa nature manuelle, anthropique, que ce système descriptif reste toujours vulnérable à la possibilité d’une erreur au cours de toute l’opération.
Abstract
A la fin du XIXe siècle, Alphonse Bertillon, inventeur français de la criminalistique, a inventé le «portrait parlé», système du signalement descriptif, spécialement en vue de sa recherche et de son identification sur la voie publique. Le portrait photographique, à ses débuts, avait pu apparaître comme le moyen idéal de reconnaître des individus en fuite. Or il s’avéra très vite moins efficace que prévu pour atteindre ce but. Si l’on veut pouvoir reconnaître instantanément un sujet dans la rue, on n’a pas d’autre choix que de devoir mémoriser par cœur les traits de son visage. Le portrait parlé est une technique du savoir «regarder» et « garder le souvenir» d’une figure humaine. Pour Bertillon, voir ou percevoir est un acte cognitif, un acte qui non seulement utilise des connaissances acquises et stockées dans la mémoire de l’observateur, mais qui est aussi déterminé par ces connaissances. La connaissance et le langage sont les deux conditions nécessaires à l’acuité de la perception visuelle et de la mémorisation. Pour Bertillon, le langage conditionne la pensée et la mémoire, la pensée et la mémoire conditionnent le regard, le regard conditionne la perception, la perception conditionne la vision. Inversement, voir est un acte à la fois cognitif et langagier. Ce système descriptif est dans son essence très différent du système photographique. Si le mode de production du portrait dans le système photographique est mécanique, physique, puisqu’il a recours à des instruments physiques, sans intervention de la main, dans le système descriptif le mode de production du portrait est manuel, anthropique, fait sans le recours d’instruments. Malgré cette différence intrinsèque, le système descriptif relève pourtant, comme le système photographique, d’un système analogique, qualitatif, d’identification. Mais entre le système photographique et le système descriptif, il y a une différence essentielle dans le procédé employé pour traduire le visage. Si le portrait photographique représente l’ensemble du visage, le portrait parlé ne décrit, lui, que les traits caractéristiques de ce visage. Si la nature de l’inscription photographique est globale, celle de l’inscription descriptive est sélective. Toutes les étapes dans le processus de traduction descriptive du visage se caractérisent essentiellement par une série de réductions concernant l’identité physique d’un individu : réduction, tout d’abord, du visage à un certain nombre de parties ; réduction, ensuite, de chacune de ces parties à quelques caractères, puis à quelques sous-caractères ; réduction enfin de ces sous-caractères à des termes descriptifs verbaux puis à un code alphabétique. Du fait de cette série de réductions le visage se trouve réduit finalement à une série des lettres qui en sont l’expression et qui renvoient aux sous-caractères de ses parties. Dans cette série de réductions, deux types différents de réductions de l’identité expriment à elles deux le principe fondamental de rationalité : la réduction linéaire et la réduction numérique. Le portrait parlé comporte en effet divers inconvénients, qui relèvent tous de sa nature manuelle. Dans le portrait parlé, l’élaboration de la description du signalement (l’observation et la traduction), ainsi que sa lecture, sont réalisées non pas au moyen d’un instrument physique, mais à l’aide d’œil et le cerveau. Or c’est précisément en raison de sa nature manuelle, anthropique, que ce système descriptif reste toujours vulnérable à la possibilité d’une erreur au cours de toute l’opération.
참고문헌 (11)
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