크레티앵 드 트루아의 『클리제스』에 나타난 신비한 물약을 통해 바라본 여주인공의 육체 공유 거부 의지
Les potions magiques et le refus du partage du corps dans le Cligès de Chrétien de Troyes
0
조회
0
다운로드
0
인용
0
참고문헌
키워드
초록
Composé vers la fin de 1176, Cligès, deuxième roman de Chrétien de Troyes occupe une place particulière parmi ses oeuvres. Cette particularitédue d’abord à sa similitude de l’histoire en ses grandes lignes avec Tristan et Yseut s’accentue en raison de son dénouement différent avec ce dernier:contrairement à la mort tragique de Tristan et d’Yseut, Cligès et Fénice finissent par s’unir en tant que couple royal. D’où vient cet aboutissement contraire?Nous estimons que l’absence du philtre d’amour, conception clé de l’amour fatal de Tristan et Yseut, ainsi que les potions magiques dans Cligès y jouent un rôle considérable. Du fait que Chrétien déclare dans le prologue de Cligès avoir rédigé l’histoire de Tristan sous le titre singulier Del roi Marc et d’Ysalt la blonde, nous considérons que l’auteur a non seulement pris pleinement conscience de cette histoire d’origine celtique, mais aussi a consciemment inventé certains dispositifs tels que les potions magiques apparues à deux reprises au cours de l’histoire. Certes, la potion magique en elle-même n’est pas quelque chose d’inédit, mais Chrétien a su inventer sa fonction pour contourner la consommation du mariage. Notre étude a pour but d'étudier comment ces merveilleux breuvages se sont servis à chaque occasion, soit pour le refus du partage du corps de l’héroïne soit pour sa renaissance en épouse idéale. Comme le montrent de nombreux spécialistes, le philtre d’amour dans l’histoire de Tristan et Yseut diminue fortement la part de responsabilitéhumaine: son caractère fatal rend les amoureux irresistible face à l’amour interdit. Or l’absence du philtre dans Cligès est compensée par les descriptions minutieuses des comportements des amants épris irrésistiblement l’un de l’autre,il est donc indispensable à cette phase de trouver une solution pour ne pas suivre la trace d’Yseut dont le mensonge et le comportement adultère sont vivement critiqués par Fénice. C’est là que réside la nécessité de la première potion magique qui, empêchant la possession réelle d’épouse par l’empereur,fait garder intacte sa virginité. La seconde potion surnaturelle, préparée, elle aussi, par sa gouvernante Thessala, apparaît à la fin du roman pour que la chaste Fénice renaisse en honorable reine: provoquant la fausse mort de l’héroïne, elle lui permet d’endurer les tortures atroces infligées par trois médecins imposteurs de Salernes. Fénice ainsi achevant son statut de l’épouse forcée d’Alis aura une vie idyllique avec son vrai et unique amour Cligès à la tour dans le bois secrètement conçue par l’architecte Jean. A la suite du décès d’Alis, Cligès et Fénice, ne restant plus fugitifs amoureux, sont retournés à leur pays et couronnés en tant qu’empereur et impératrice de Constantinople, homologués par le roi Arthur. En inventant ces nouveaux breuvages magiques, Chrétien entreprend de résoudre les problèmes de la femme infidèle, du roi cocu et de l’honneur bafoué causés par l’amour adultère dans Tristan. Comme étant la solution merveilleuse pour tous ces problèmes, cette potion magique dont la fonction est inédite dans d’autres romans médiévaux serait une des plus belles inventions de Chrétien de Troyes.
Abstract
Composé vers la fin de 1176, Cligès, deuxième roman de Chrétien de Troyes occupe une place particulière parmi ses oeuvres. Cette particularitédue d’abord à sa similitude de l’histoire en ses grandes lignes avec Tristan et Yseut s’accentue en raison de son dénouement différent avec ce dernier:contrairement à la mort tragique de Tristan et d’Yseut, Cligès et Fénice finissent par s’unir en tant que couple royal. D’où vient cet aboutissement contraire?Nous estimons que l’absence du philtre d’amour, conception clé de l’amour fatal de Tristan et Yseut, ainsi que les potions magiques dans Cligès y jouent un rôle considérable. Du fait que Chrétien déclare dans le prologue de Cligès avoir rédigé l’histoire de Tristan sous le titre singulier Del roi Marc et d’Ysalt la blonde, nous considérons que l’auteur a non seulement pris pleinement conscience de cette histoire d’origine celtique, mais aussi a consciemment inventé certains dispositifs tels que les potions magiques apparues à deux reprises au cours de l’histoire. Certes, la potion magique en elle-même n’est pas quelque chose d’inédit, mais Chrétien a su inventer sa fonction pour contourner la consommation du mariage. Notre étude a pour but d'étudier comment ces merveilleux breuvages se sont servis à chaque occasion, soit pour le refus du partage du corps de l’héroïne soit pour sa renaissance en épouse idéale. Comme le montrent de nombreux spécialistes, le philtre d’amour dans l’histoire de Tristan et Yseut diminue fortement la part de responsabilitéhumaine: son caractère fatal rend les amoureux irresistible face à l’amour interdit. Or l’absence du philtre dans Cligès est compensée par les descriptions minutieuses des comportements des amants épris irrésistiblement l’un de l’autre,il est donc indispensable à cette phase de trouver une solution pour ne pas suivre la trace d’Yseut dont le mensonge et le comportement adultère sont vivement critiqués par Fénice. C’est là que réside la nécessité de la première potion magique qui, empêchant la possession réelle d’épouse par l’empereur,fait garder intacte sa virginité. La seconde potion surnaturelle, préparée, elle aussi, par sa gouvernante Thessala, apparaît à la fin du roman pour que la chaste Fénice renaisse en honorable reine: provoquant la fausse mort de l’héroïne, elle lui permet d’endurer les tortures atroces infligées par trois médecins imposteurs de Salernes. Fénice ainsi achevant son statut de l’épouse forcée d’Alis aura une vie idyllique avec son vrai et unique amour Cligès à la tour dans le bois secrètement conçue par l’architecte Jean. A la suite du décès d’Alis, Cligès et Fénice, ne restant plus fugitifs amoureux, sont retournés à leur pays et couronnés en tant qu’empereur et impératrice de Constantinople, homologués par le roi Arthur. En inventant ces nouveaux breuvages magiques, Chrétien entreprend de résoudre les problèmes de la femme infidèle, du roi cocu et de l’honneur bafoué causés par l’amour adultère dans Tristan. Comme étant la solution merveilleuse pour tous ces problèmes, cette potion magique dont la fonction est inédite dans d’autres romans médiévaux serait une des plus belles inventions de Chrétien de Troyes.
참고문헌 (42)
- Chrétien de Troyes, "Oeuvres complètes, édition publiée sous la direction de Poirion, In Bibliothèque de la Pléiade" (1994), Gallimard, coll
- Chrétien de Troyes, "Cligès" (1994), Le Livre de Poche
- Tristan et Yseut, "Les premières versions européennes, édition publiée sous la de Christiane Marchello-Nizia, In Bibliothèque de la Pléiade" (1995), Gallimard, coll
- Tristan et Yseut, "Ed. bilingue de textes en ancien français trad. en français moderne avec un appareil critique en français moderne" (1991), Bordas, Classique Garnier
- La Littérature française de Moyen Âge, "I. Roman et chronique, Présentation et traduction par Jean Dufournet et Claude Lachet" (2003), Flammarion
- Baumgartner, Emmanuèle, "“Géants et chevaliers” in The Spirit of the Court", Selected proceedings of ths Fourth Congress of the International Courtly Literature Society (1985)
- Baumgartner, Emmanuèle, "Tristan et Iseut. De la légende aux récits en vers, In Etudes littéraires" (1987), P.U.F
- Baumgartner, Emmanuèle, "Moyen Age 1050-1486" (1988), Bordas
- Baumgartner, Emmanuèle, "Tradition et renouvellement dans le “Tristan” en prose, In Tradition et renouvellement dans le “Tristan” en prose" (1990), S.E.D.E.S
- Bloch, Marc, "La société féodale" (1994), Albin Michel
- Castel, Robert, "Le roman de la désafiliation. A propos de Tristan et Iseut", Le Débat, 61, pp.152~164 (1990)
- Cohen, Gustave, "Un Grand Romancier d’amour au XIIe siècle:Chrétien de Troyes et son oeuvre", pp.169~222 (1948), L. Rodstein
- Cazenave, Michel, "Le Philtre et l’Amour, In La légende de Tristan et Iseut" (1969), José Corti
- Duby, Georges, "Dame du XIIe siècle" (1995), Gallimard
- Faral, Edmond, "Recherches sur les sources latines des contes et romans courtois du Moyen Age" (1983), Slatkine Reprints
- Fourrier, Anthime, "Le Courant réaliste dans le roman courtois en France au Moyen Age, t. I: Les Débuts (XIIe siècle), In Chrétien de Troyes, “le réalisme magique” et Cligès", pp.111~178 (1960), Nizet
- Frappier, Jean, "Chrétien de Troyes, l’homme l’oeuvre", pp.106~123 (1957), Hatier-Boivin
- Frappier, Jean, "Le Roman breton, Chrétien de Troyes: Cligès" (1958), Centre de documentation universitaire
- Freeman, Michelle A, "Chrétien’s Cligès : a Close Reading of the Prologue", Romanic Review, 67, pp.89~101 (1976)
- Hoepfner, E, "Chrétien de Troyes, et Thomas d’Angleterre", Romania, 55, pp.1~16 (1929)
- Kahane, Henri et Renée, "L’Enigme du nom de Cligès", Romania, 82, pp.113~121 (1961)
- Kooijman, Jaques, "Cligès, héros ou anti héros?", Romania, C, pp.505~519 (1979)
- Lazar, Moshe, "Amour courtois et “fin’ amors” dans la littérature du XIIe siècle" (1964), Klincksieck
- Legros, Huguette, "Du verger royal au jardin d’amour: mort et transfiguration du Locus amoenus (d’après Tristan de Béroul et Cligès)", Senefiance, 28, pp.215~233 (1990)
- Lonigan, Peter, "The Cliges and Tristan Legend", Studi francesi, 53, pp.201~212 (1974)
- Lot-Borodine, Myrrha, "De l'amour profane à l'amour sacré Etudes de psychologie sentimentale au Moyen Age" (1979), Nizet
- Lyons, Faith, "Mélanges de linguistique et de littérature romanes offerts à Mario Roques, In Mélanges de linguistique et de littérature romanes offerts à Mario Roques", pp.167~177 (1950), Didier
- Lyons, Faith, "Vin herbé et gingembras dans le roman breton, In élanges Frappier", Droz, 2, pp.689~696 (1970)
- McCracken, Peggy, "The Romance of Adultery, Queenship and Sexual Transgression in Old French Literature", pp.28~51 (1998), University of Pennsylvania Press
- Martin, René, "Lectures d'Ovide, publiées à la mémoire de Jean-Pierre Néraudau, Etudes réunies par Emmanuel Bury, avec la collaboration de Mireille Néraudau" (2003), les Belles Lettres
- Micha, Alexandre, "Énéas et Cligès", pp.237~243 (1949), Les Belles Lettres
- Micha, Alexandre, "Tristan et Cligès", Neophilologus, 36, pp.1~10 (1952)
- Pauphilet, A, "Les Legs du Moyen Age", pp.154~161 (1950), Librairie d’Argences
- Paris, Gaston, "Cligès, In Mélanges de littérature française du Moyen Âge", pp.229~327 (1912), publiés par M. Roques
- Pickford, Cedric Edward, "L'Evolution du roman arthurien en prose vers la fin du Moyen Age" (1976)
- Robertson, David W, "Chrétien's Cligès and the Ovidian Spirit", Comparative Literature, 7, pp.32~42 (1955)
- Rougemont, Denis de, "L’Amour et l’Occident" (1972), Plon
- Toury, Marie-Noëlle, "Lectures d'Ovide, publiées à la mémoire de Jean-Pierre Néraudau, Etudes réunies par Emmanuel Bury, avec la collaboration de Mireille Néraudau, In Lectures d'Ovide, publiées à la mémoire de Jean-Pierre Néraudau, Etudes réunies par Emmanuel Bury, avec la collaboration de Mireille Néraudau" (2003), les Belles Lettres
- Van Hamel, A. G, "Cligès et Tristan", Romania, 33, pp.465~489 (1904)
- Zumthor, Paul, "Essai de poétique médiévale" (2000), Editions du Seuil
- H. Van Daele, "Dictionnaire de l'ancien français" (1940), Librairie Garnier Frères
- Alain Rey, "Dictionnaire historique de la langue française" (1993), Dictionnaire Le Robert
