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오비디우스와 크레티엥 드 트르와의 작품 속에 나타난 사랑의 독백과 애도의 몸짓들

Etude sur le monologue amoureux et la scène de deuil chez Ovide et chez Chrétien de Troyes

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Cette étude a pour but d'étudier le monologue des amoureux et la scène du deuil comprenant des gestes plaintifs et des lamentations chez Ovide et chez Chrétien de Troyes. Au XIIe siècle apparaissaient des romans antiques tels que le Roman de Thèbes, adaptation en ancien français de la Thébaïde de Stace, et le Roman d'Énéas, de l'Énéide de Virgile. Mais dès le milieu du XIIe siècle, les ouvrages d'Ovide notamment les Métamorphoses ont commencé à fasciner tous les lettrés tant et si bien que certains de leurs épisodes ont été continuellement copiés, imités et remaniés. En raison de cette fascination et de cet engouement vis-à-vis des oeuvres d'Ovide, le XIIe siècle est apellé aetas ovidiana, c'est-à-dire l'âge ovidien. Cet enthousiasme viendrait peut-être du fait qu'Ovide a su toucher l'essentiel de la nature de l'homme, autrement dit, les sentiments des amoureux par une fine description de la psychologie. Or la subtilité de cette psychologie s'est révélée par excellence dans les monologues des amoureux face à l'incertitude et à l'angoisse dans l'amour ainsi que dans les lamentations lors du deuil du bien aimé. Chrétien de Troyes en tant qu'adepte du poète de génie latin, présente ses oeuvres de traduction d'Ovide à la préface de Cligès, ce qui lui aura permis d'aquérir l'art ovidien qui ne restera pas sans importance pour ses romans et pour des ouvrages de ses successeurs. Pour cette étude, nous avons d'abord choisi les monologues des amoureux dans certains épisodes comme Narcissus, Ceyx et Alcyone des Métamorphoses d'Ovide et dans le Cligès et l'Érec et Énide de Chrétien de Troyes. Les épisodes de Narcissus, de Ceyx et Alcyone offrent les premier exemples de la peinture des sentiments amoureux dont le plus caractéristique est le dialogue délibératif et fictif d'un personnage s'entretenant avec lui-même. Dans Cligès, Chrétien de Troyes nous a d'abord conté les aventures des parents de Cligès, puis celles du héros. Dès le premier regard, Alexandre et Sordamor, Fénice et Cligès s'éprennent l'un de l'autre sans se l'avouer. C'est au cours de ces sentiments non avoués que nous pouvons déceler les images et les comparaisons ovidiennes: la flèche d'Amour qui pénètre par l'oeil sans faire de plaie, touche et blesse le coeur causant incertitude, désir et angoisse d'amour. Nous avons ensuite choisi les scènes de lamentation lors du deuil du bien aimé de l'héroine dans certains épisodes tels que Pyramus et Thisbe, Narcissus, Bybliss, Myrrha et puis Ceyx et Alcyone, chez Ovide, et Cligès, Érec et Énide et Yvain chez Chrétien de Troyes. Prèsque toutes les scènes de deuil chez les deux auteurs ont de points communs: elle pleure, déchire les vêtement, elle s'arrache les cheveux, se frappe les épaules ou les poitrines, se tord les poings et en dernière étape, tente de se suicider. Durant de longues années du Moyen Age, certains éléments de l'expression du monologue amoureux et de la scène de deuil restent clichés de la littérature, et il faut souligner que Chrétien de Troyes, tout en suivant la mode ovidienne de son époque, ne l'a pas suivie aveuglement mais l'auteur a su garder son originalité. Dans le prologue du Érec et Énide, premier roman arthurien en France, Chrétien de Troyes manifeste un projet plus ambitieux: tout comme Ovide qui voulait une certaine immortalité de son renom et de son oeuvre dans l'épilogue des Métamorphoses, il affirme sa vocation d'auteur d'une véritable création prenant le bâton de relais de son maître. En ce sens, il est significatif que ce que son maître souhaitait à la dernière page de son ouvrage représentatif, lui, il le manifeste dans les toutes premières lignes de sa première oeuvre.

Abstract

Cette étude a pour but d'étudier le monologue des amoureux et la scène du deuil comprenant des gestes plaintifs et des lamentations chez Ovide et chez Chrétien de Troyes. Au XIIe siècle apparaissaient des romans antiques tels que le Roman de Thèbes, adaptation en ancien français de la Thébaïde de Stace, et le Roman d'Énéas, de l'Énéide de Virgile. Mais dès le milieu du XIIe siècle, les ouvrages d'Ovide notamment les Métamorphoses ont commencé à fasciner tous les lettrés tant et si bien que certains de leurs épisodes ont été continuellement copiés, imités et remaniés. En raison de cette fascination et de cet engouement vis-à-vis des oeuvres d'Ovide, le XIIe siècle est apellé aetas ovidiana, c'est-à-dire l'âge ovidien. Cet enthousiasme viendrait peut-être du fait qu'Ovide a su toucher l'essentiel de la nature de l'homme, autrement dit, les sentiments des amoureux par une fine description de la psychologie. Or la subtilité de cette psychologie s'est révélée par excellence dans les monologues des amoureux face à l'incertitude et à l'angoisse dans l'amour ainsi que dans les lamentations lors du deuil du bien aimé. Chrétien de Troyes en tant qu'adepte du poète de génie latin, présente ses oeuvres de traduction d'Ovide à la préface de Cligès, ce qui lui aura permis d'aquérir l'art ovidien qui ne restera pas sans importance pour ses romans et pour des ouvrages de ses successeurs. Pour cette étude, nous avons d'abord choisi les monologues des amoureux dans certains épisodes comme Narcissus, Ceyx et Alcyone des Métamorphoses d'Ovide et dans le Cligès et l'Érec et Énide de Chrétien de Troyes. Les épisodes de Narcissus, de Ceyx et Alcyone offrent les premier exemples de la peinture des sentiments amoureux dont le plus caractéristique est le dialogue délibératif et fictif d'un personnage s'entretenant avec lui-même. Dans Cligès, Chrétien de Troyes nous a d'abord conté les aventures des parents de Cligès, puis celles du héros. Dès le premier regard, Alexandre et Sordamor, Fénice et Cligès s'éprennent l'un de l'autre sans se l'avouer. C'est au cours de ces sentiments non avoués que nous pouvons déceler les images et les comparaisons ovidiennes: la flèche d'Amour qui pénètre par l'oeil sans faire de plaie, touche et blesse le coeur causant incertitude, désir et angoisse d'amour. Nous avons ensuite choisi les scènes de lamentation lors du deuil du bien aimé de l'héroine dans certains épisodes tels que Pyramus et Thisbe, Narcissus, Bybliss, Myrrha et puis Ceyx et Alcyone, chez Ovide, et Cligès, Érec et Énide et Yvain chez Chrétien de Troyes. Prèsque toutes les scènes de deuil chez les deux auteurs ont de points communs: elle pleure, déchire les vêtement, elle s'arrache les cheveux, se frappe les épaules ou les poitrines, se tord les poings et en dernière étape, tente de se suicider. Durant de longues années du Moyen Age, certains éléments de l'expression du monologue amoureux et de la scène de deuil restent clichés de la littérature, et il faut souligner que Chrétien de Troyes, tout en suivant la mode ovidienne de son époque, ne l'a pas suivie aveuglement mais l'auteur a su garder son originalité. Dans le prologue du Érec et Énide, premier roman arthurien en France, Chrétien de Troyes manifeste un projet plus ambitieux: tout comme Ovide qui voulait une certaine immortalité de son renom et de son oeuvre dans l'épilogue des Métamorphoses, il affirme sa vocation d'auteur d'une véritable création prenant le bâton de relais de son maître. En ce sens, il est significatif que ce que son maître souhaitait à la dernière page de son ouvrage représentatif, lui, il le manifeste dans les toutes premières lignes de sa première oeuvre.

참고문헌 (16)

  1. CHRETIEN DE TROYES, "Oeuvres complètes, édition publiée sous la direction de Poirion in : Bibliothèque de la Pléiades" (1994), Gallimard
  2. OVIDE, "Héroïdes" (2005), Les Belles Lettres
  3. OVID, "Metamorphoses(Bools 1-5)" (1997), University of Oklahoma Press
  4. OVID, "Metamorphoses(Bools 6-10)" (1972), University of Oklahoma Press
  5. OVIDE, "Les Métamorphoses" (2002), Les Belles Lettres
  6. OVIDE, "Les Métamorphoses" (2009), les Belles Lettres
  7. VIRGILE, "Énéide" (2006), Les Belles Lettres
  8. AMIELLE, Ghislaine, "Les Métamorphoses d'Ovide abrégées à l'usage des amateurs d'art" (2003), les Belles Lettres
  9. BALDWIN, John W., "Les langages de l'amour dans la France de Philippe Auguste" (1997), Fayard
  10. DYBEL, Katarzyna, "L'influence d'Ovide sur le roman arthurien en France (roman en vers et roman en prose)", Cahiers de l'association internationale des études françaises, (58), pp.278~ (2006)
  11. FARAL, Edmond, "Recherches sur les sources latines des contes et romans courtois du Moyen Age" (1983), Slatkine
  12. LOT-BORODINE, "Myrrha, De l'amour profane à l'amour sacré Etudes de psychologie sentimentale au Moyen Age" (1979), Nizet
  13. MARTIN, René, "L'art d'Ovide au livre Ⅲ de l'Ars amatoria" (2003), les Belles Lettres
  14. ROBERTSON, David W., "Chrétien's Cligès and the Ovidian Spirit", Comparative Literature, (7), pp.32~42 (1955)
  15. TOURY, Marie-Noëlle, "La métamorphose d'Ovide au XIIe siècle" (2003), les Belles Lettres
  16. ZUMTHOR, Paul, "Essai de poétique médiévale" (2000), Editions du Seuil

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