코르네유의 『르와얄 광장La Place Royale』에 나타난 교양인의 양상
Les aspects de l'Honnête homme dans la Place Royale de Pierre Corneille
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Cette étude a pour but d'examiner les aspects de l'honnête homme dans La Place Royale de Pierre Corneille. Il dit, dans l'Examen de Mélite, que le succès de ses comédies est dû à son style qui fait une peinture de la conversation des honnêtes gens. Selon E. Bury, c'était le premier auteur, avant Molière, qui insistait sur la relation entre la comédie et son public/honnête homme. Or ce qui est intéressant dans ses comédies, c'est que les aspects typiques de l'honnête homme ne se révèlent pas clairement alors qu'il l'évoque souvent dans son épître ou son examen. En analysant les aspects qui confirment ou contredisent l'idéal de l'honnêteté, nous allons révéler le rôle assumé par ses comédies dans la formation de l'honnête homme, et cela en relation avec l'évolution de son théâtre. L'art de plaire est le but communément poursuivi par l'honnête homme et par la comédie. Or l'amour se trouve au terme de cet art quand les relations sociales mettent en présence hommes et femmes. Phylis, à qui 'tout le monde plaî̂t', et 'tous à l'envi s'efforcent à plaire' est quasiment une 'muse parisienne de la sociabilité' comme Célimène dans Le Misanthrope de Molière. Elle trouve le pendant dans Lysis, un de ses amants souples. Elle se distingue de la 'coquette' Célimène dans la mesure où elle révèle franchement son amour pour tous les membres de la société qui se trouvent ainsi indifférenciés en partageant le plaisir commun. Cléandre, qui feint de l'aimer, lui reproche cet amour, ‘ce bien commun à tous’, mais il est loin de l’idéal de l’honnête homme puisque l’honnêteté s’oppose avant tout à l’affectation. Or cette feinte d’amour, c’est ce que Phylis demande à Angélique pour son frère Dorante. Cela nous montre l’aspect de la politesse(comme règles pratiques de l’honnête homme) qui risque de se dégénérer en hypocrisie quand on ne veut plaire que par les apparences tout en en reconnaissant la fausseté. Angélique s’éloigne, elle aussi, de l’idéal de l’honnêteté dans la mesure où elle ne veut plaire qu’à Alidor en refusant ainsi le plaisir et la cohabitation harmonieuse dans la société. En plus elle est dirigée indiscrètement par sa folle passion alors que l’honnêteté est faite de modération et de mesure. Quand elle décide de se retirer du monde au dénouement, elle devient une ‘misanthrope’ plus pessimiste qu’Alceste, puisqu’elle vient de rompre l’unique relation qui l’unissait au monde. Quand à Alidor, il veut quitter Angélique parce qu'elle lui 'plaît trop' en le privant de sa liberté. Pourtant il ne peut pas être considéré comme héros cornélien parce qu'il n'est pas si 'volontaire' : il est continuellement ébranlé par la passion. Après ses deux ruses manquées, il en vient à conclure que c'est raisonnable d'accepter l'amour d'Angélique. S'il finit par retrouver la liberté au dénouement, c'est par la décision d'Angélique, non pas par sa volonté. Puisqu'il est ainsi entraîné par la passion et qu'il recourt à l'artifice, à la feinte, on pourrait dire qu'il est loin de l'idéal de l'honnê̂teté. Quand il essaie de donner Angélique à son ami Cléandre, il agit plutôt par l'amour-propre que par l'amitié. Pourtant il révèle par là certain aspect de l'honnête homme dans la mesure où l'amitié 'n'est qu'un commerce où l'amour-propre se propose quelque chose à gagner' et que l'essentiel du commerce des honnêtes gens, c'est de rendre poli cet amour-propre, soit de rendre heureux l'un l'autre et de prendre soin de l'amour-propre de l'autre. Après le refus définitif d'Angélique, il décide de feindre, de déguiser dans la société mondaine. Cela confirme le risque d'hypocrise impliqué dans la politesse qu'on a déjà remarqué concernant Phylis. Or celui à qui Alidor essaie de 'plaire' est lui-même(ou 'nous' comme collectif de soi-même) alors que l'honnête homme veut plaire à l'autre(aux autres). Il veut ainsi être un homme 'pas ordinaire' et se distinguer des autres. Puisque la politesse ou l'honnêteté rend égals les membres de la société en faisant disparaître leur distinction, celui qui veut toujours être distingué comme Alidor devient 'extravagant' ou 'ridicule' comme Alceste dans Le Misanthrope. L'auteur lui-même est conscient du fait que son héros ne plaît pas à son public féminin. 'Alidor déplaisant' se révèle ainsi un personnage qui est loin de l'idéal de l'honnête homme. A travers les personnages secondaires et 'ordinaires', on nous montre la réalité du monde où l'honnêteté est déjà rendue normale. Alors qu'Angélique est une héroï\ne révoltée contre cette réalité, étant fidèle à la valeur du passé, Alidor pourrait être considéré comme un honnête homme manqué qui ne contrôle pas son amour-propre ou comme un honnête homme incliné au sujet cartésien. Si Corneille écrit désormais des tragédies, c'est qu'il se tourne vers l'idée du sujet héroïque et volontaire.
Abstract
Cette étude a pour but d'examiner les aspects de l'honnête homme dans La Place Royale de Pierre Corneille. Il dit, dans l'Examen de Mélite, que le succès de ses comédies est dû à son style qui fait une peinture de la conversation des honnêtes gens. Selon E. Bury, c'était le premier auteur, avant Molière, qui insistait sur la relation entre la comédie et son public/honnête homme. Or ce qui est intéressant dans ses comédies, c'est que les aspects typiques de l'honnête homme ne se révèlent pas clairement alors qu'il l'évoque souvent dans son épître ou son examen. En analysant les aspects qui confirment ou contredisent l'idéal de l'honnêteté, nous allons révéler le rôle assumé par ses comédies dans la formation de l'honnête homme, et cela en relation avec l'évolution de son théâtre. L'art de plaire est le but communément poursuivi par l'honnête homme et par la comédie. Or l'amour se trouve au terme de cet art quand les relations sociales mettent en présence hommes et femmes. Phylis, à qui 'tout le monde plaî̂t', et 'tous à l'envi s'efforcent à plaire' est quasiment une 'muse parisienne de la sociabilité' comme Célimène dans Le Misanthrope de Molière. Elle trouve le pendant dans Lysis, un de ses amants souples. Elle se distingue de la 'coquette' Célimène dans la mesure où elle révèle franchement son amour pour tous les membres de la société qui se trouvent ainsi indifférenciés en partageant le plaisir commun. Cléandre, qui feint de l'aimer, lui reproche cet amour, ‘ce bien commun à tous’, mais il est loin de l’idéal de l’honnête homme puisque l’honnêteté s’oppose avant tout à l’affectation. Or cette feinte d’amour, c’est ce que Phylis demande à Angélique pour son frère Dorante. Cela nous montre l’aspect de la politesse(comme règles pratiques de l’honnête homme) qui risque de se dégénérer en hypocrisie quand on ne veut plaire que par les apparences tout en en reconnaissant la fausseté. Angélique s’éloigne, elle aussi, de l’idéal de l’honnêteté dans la mesure où elle ne veut plaire qu’à Alidor en refusant ainsi le plaisir et la cohabitation harmonieuse dans la société. En plus elle est dirigée indiscrètement par sa folle passion alors que l’honnêteté est faite de modération et de mesure. Quand elle décide de se retirer du monde au dénouement, elle devient une ‘misanthrope’ plus pessimiste qu’Alceste, puisqu’elle vient de rompre l’unique relation qui l’unissait au monde. Quand à Alidor, il veut quitter Angélique parce qu'elle lui 'plaît trop' en le privant de sa liberté. Pourtant il ne peut pas être considéré comme héros cornélien parce qu'il n'est pas si 'volontaire' : il est continuellement ébranlé par la passion. Après ses deux ruses manquées, il en vient à conclure que c'est raisonnable d'accepter l'amour d'Angélique. S'il finit par retrouver la liberté au dénouement, c'est par la décision d'Angélique, non pas par sa volonté. Puisqu'il est ainsi entraîné par la passion et qu'il recourt à l'artifice, à la feinte, on pourrait dire qu'il est loin de l'idéal de l'honnê̂teté. Quand il essaie de donner Angélique à son ami Cléandre, il agit plutôt par l'amour-propre que par l'amitié. Pourtant il révèle par là certain aspect de l'honnête homme dans la mesure où l'amitié 'n'est qu'un commerce où l'amour-propre se propose quelque chose à gagner' et que l'essentiel du commerce des honnêtes gens, c'est de rendre poli cet amour-propre, soit de rendre heureux l'un l'autre et de prendre soin de l'amour-propre de l'autre. Après le refus définitif d'Angélique, il décide de feindre, de déguiser dans la société mondaine. Cela confirme le risque d'hypocrise impliqué dans la politesse qu'on a déjà remarqué concernant Phylis. Or celui à qui Alidor essaie de 'plaire' est lui-même(ou 'nous' comme collectif de soi-même) alors que l'honnête homme veut plaire à l'autre(aux autres). Il veut ainsi être un homme 'pas ordinaire' et se distinguer des autres. Puisque la politesse ou l'honnêteté rend égals les membres de la société en faisant disparaître leur distinction, celui qui veut toujours être distingué comme Alidor devient 'extravagant' ou 'ridicule' comme Alceste dans Le Misanthrope. L'auteur lui-même est conscient du fait que son héros ne plaît pas à son public féminin. 'Alidor déplaisant' se révèle ainsi un personnage qui est loin de l'idéal de l'honnête homme. A travers les personnages secondaires et 'ordinaires', on nous montre la réalité du monde où l'honnêteté est déjà rendue normale. Alors qu'Angélique est une héroï\ne révoltée contre cette réalité, étant fidèle à la valeur du passé, Alidor pourrait être considéré comme un honnête homme manqué qui ne contrôle pas son amour-propre ou comme un honnête homme incliné au sujet cartésien. Si Corneille écrit désormais des tragédies, c'est qu'il se tourne vers l'idée du sujet héroïque et volontaire.
참고문헌 (22)
- Pierre Corneille, "OEuvres complètes I, éd" (1980), Gallimard, Bibliothèque de la Pléiade
- La Rochefoucauld, "La Rochefoucauld, Maximes" (1967), Classiques Garnier
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- Emmanuel Bury, "Littérature et politesse" (1996), PUF
- Georges Couton, "Corneille" (1958), Hatier
- Serge Doubrovsky, "Corneille et la dialectique du héros" (1963), Gallimard
- Trois comédies "Morales", "Molière", pp.1999, Marc Fumaroli
- Michel Gilot, "La Comédie à l’âge classique" (1997)
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- Antony Mckenna, Molière., "Dramaturge libertin" (2005), Champion classiques
- Jean Mesnard, "La Culture du XVIIe siècle" (1992), PUF
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- Jacques Morel, "Agréables mensonges" (2000), Klincksieck
- Robert Muchembled, "La Société policée" (1998), Seuil
- Octave Nadal, "Le Sentiment de l’amour dans l’oeuvre de Pierre Corneille" (1984), Gallimard
- Jean Rousset, "La Littérature de l’âge baroque en France" (1954), José Corti
- Elena Russo, "La Cour et la ville de la littérature classique aux Lumières" (2002), PUF
- Linda Timmermans, "L'accès des femmes à la culture sous l'Ancien Régime" (2005), Champion classiques
- 신은영, "몰리에르의 『인간혐오자Le Misanthrope』에 나타난 예절의 양상", 불어불문학연구, (92), pp.263~292 (2012), 한국불어불문학회
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- ㅜ심민화, "코르네이유 초기희극 인물들의 근대적 개인성에 대하여", 외국문학연구, (17), pp.223~243 (2004), 외국문학연구소
- 필립 아리에스, "사생활의 역사 3-르네상스에서 계몽주의까지" (2002), 새물결
