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몰리에르 극에 나타난 ‘교양인 여성’

L'Honnête femme dans le théâtre de Molière

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초록

Selon J. Morel, les 'ridicules' moliéresques définissent négativement un type d'homme : 'l'honnête homme' qui est raisonnable, s'éfforce au naturel et ne se pique de rien. Dans le théâtre de Molière, il est souvent représenté par le 'raisonneur'. Or l'idée d'honnêteté se trouve au coeur de son oeuvre, aussi bien dans l'homme que dans la femme. Ce que nous allons examiner dans cet article, ce sont les aspects de cette 'honnête femme'. Au XVIIe siècle, l'idéal de l'honnêteté s'est défini parallèlement pour l'homme et pour la femme : ils possèdent l'art de plaire qui consiste à s'accommoder à l'esprit des autres. L'honnêteté est faite de modération et de mesure ; elle s'oppose avant tout à l'affectation. Ils doivent être naturels(c'est-à-dire accord entre être et paraître) et raisonnables(c'est-à-dire pouvoir de discerner le masque et le visage). Mais, si les deux modèles sont semblables, la différence des sexes se marque dans certains conditionnements. Même si l'honnête femme, munie de certaine culture non scolastique, se trouve au centre de la vie mondaine, ses aspirations doivent se contenir dans le rôle propre de la femme défini par la morale chrétienne. Cette tendance va se renforcer dans la deuxième moitié du XVIIe siècle. Dans le théâtre de Molière, les aspects de l'honnête femme sont d'abord dessinés en creux par les 'ridicules', dont le défaut se converge à l'affectation. Ce sont les précieuses(affectation de classe sociale), les prudes(affectation de vertu), les coquettes(affectation de sentiment) et les femmes savantes (affectation de savoir). Parmi les personnages féminins de Molière, on trouve rarement une honnête femme typique, comparable au 'raisonneur', sauf Eliante dans le Misanthrope. Pourtant plusieurs personnages possèdent certaines qualités de l'honnête femme : Agnès 'naturelle' dans l'Ecole des femmes, Uranie 'raisonnable', dans la Critique de l'Ecole des femmes, qui jouit de la vie de société, Elmire, dans Le Tartuffe, qui représente l'honnête femme idéale dans la famille. Quant à Eliante, elle montre plus de discrétion et de clarté que son double masculin Philinte dans la mesure où elle garde un juste milieu entre l'idéal de la sincérité et la complaisance. L'idée d'honnêteté se trouve au centre du théâtre de Molière dans la mesure où l'art de plaire est la fin communément poursuivie par l'honnête homme et par la comédie: ce que Molière essaie de faire, c'est de faire rire les honnêtes gens. L'interpénétration s'opère donc entre l'art d'écrire et l'art de vivre, entre l'esthétique et la morale: les honnêtes gens doivent 'jouer', ainsi que les acteurs, pour plaire à leur public. Or cet idéal d'honnêteté se change dans la deuxième moitié du XVIIe siècle où les honnêtes gens deviennent des 'hypocrites' dans la mesure où ils se masquent uniquement pour plaire, tout en reconnaissant la fausseté de cet art de vivre. C'est le commencement d'un nouvel idéal d'homme de bien qui va remplacer celui d'honnête homme. Eliante, cette honnête femme dans le Misanthrope, qui estime la sincérité d'Alceste, annonce ainsi ce changement qui va s'accomplir au XVIIIe siècle.

Abstract

Selon J. Morel, les 'ridicules' moliéresques définissent négativement un type d'homme : 'l'honnête homme' qui est raisonnable, s'éfforce au naturel et ne se pique de rien. Dans le théâtre de Molière, il est souvent représenté par le 'raisonneur'. Or l'idée d'honnêteté se trouve au coeur de son oeuvre, aussi bien dans l'homme que dans la femme. Ce que nous allons examiner dans cet article, ce sont les aspects de cette 'honnête femme'. Au XVIIe siècle, l'idéal de l'honnêteté s'est défini parallèlement pour l'homme et pour la femme : ils possèdent l'art de plaire qui consiste à s'accommoder à l'esprit des autres. L'honnêteté est faite de modération et de mesure ; elle s'oppose avant tout à l'affectation. Ils doivent être naturels(c'est-à-dire accord entre être et paraître) et raisonnables(c'est-à-dire pouvoir de discerner le masque et le visage). Mais, si les deux modèles sont semblables, la différence des sexes se marque dans certains conditionnements. Même si l'honnête femme, munie de certaine culture non scolastique, se trouve au centre de la vie mondaine, ses aspirations doivent se contenir dans le rôle propre de la femme défini par la morale chrétienne. Cette tendance va se renforcer dans la deuxième moitié du XVIIe siècle. Dans le théâtre de Molière, les aspects de l'honnête femme sont d'abord dessinés en creux par les 'ridicules', dont le défaut se converge à l'affectation. Ce sont les précieuses(affectation de classe sociale), les prudes(affectation de vertu), les coquettes(affectation de sentiment) et les femmes savantes (affectation de savoir). Parmi les personnages féminins de Molière, on trouve rarement une honnête femme typique, comparable au 'raisonneur', sauf Eliante dans le Misanthrope. Pourtant plusieurs personnages possèdent certaines qualités de l'honnête femme : Agnès 'naturelle' dans l'Ecole des femmes, Uranie 'raisonnable', dans la Critique de l'Ecole des femmes, qui jouit de la vie de société, Elmire, dans Le Tartuffe, qui représente l'honnête femme idéale dans la famille. Quant à Eliante, elle montre plus de discrétion et de clarté que son double masculin Philinte dans la mesure où elle garde un juste milieu entre l'idéal de la sincérité et la complaisance. L'idée d'honnêteté se trouve au centre du théâtre de Molière dans la mesure où l'art de plaire est la fin communément poursuivie par l'honnête homme et par la comédie: ce que Molière essaie de faire, c'est de faire rire les honnêtes gens. L'interpénétration s'opère donc entre l'art d'écrire et l'art de vivre, entre l'esthétique et la morale: les honnêtes gens doivent 'jouer', ainsi que les acteurs, pour plaire à leur public. Or cet idéal d'honnêteté se change dans la deuxième moitié du XVIIe siècle où les honnêtes gens deviennent des 'hypocrites' dans la mesure où ils se masquent uniquement pour plaire, tout en reconnaissant la fausseté de cet art de vivre. C'est le commencement d'un nouvel idéal d'homme de bien qui va remplacer celui d'honnête homme. Eliante, cette honnête femme dans le Misanthrope, qui estime la sincérité d'Alceste, annonce ainsi ce changement qui va s'accomplir au XVIIIe siècle.

참고문헌 (14)

  1. Molière, "Oeuvres complètes, vol. 1" (2010), Gallimard
  2. Emmanuel Bury, "Littérature et politesse" (1996), PUF
  3. Gérard Defaux, "Molière ou les métamorphoses du comique" (1992), Klincksieck
  4. Nicolas Faret, "L'Honnête Homme ou l'Art de plaire à la cour" (1925), PUF
  5. Georges Forestier, "Molière en toutes lettres" (1990), Bordas
  6. Trois comédies "Morales", "Molière", pp.1999, Marc Fumaroli
  7. Robert Garapon, "Le dernier Molière" (1977), Sedes
  8. Olivier Leplatre, "Le Misanthrope, George Dandin, Le Bourgeois gentilhomme, ou les comédies de la mondanité" (1999), Ed. du Temps
  9. Antony Mckenna, "Molière. Dramaturge libertin" (2005), Champion classiques
  10. Jean Mesnard, "La Culture du XVIIe siècle" (1992), PUF
  11. Jacques Morel, "Agréables mensonges" (2000), Klincksieck
  12. Elena Russo, "La Cour et la ville de la littérature classique aux Lumières" (2002), PUF
  13. Linda Timmermans, "L'Accès des femmes à la culture sous l'Ancien Régime" (2005), Champion classiques
  14. 김익진, "몰리에르의 오넷트테honn?tet?와 리베르티나주libertinage", 불어불문학연구, (46), pp.73~98 (2001), 한국불어불문학회

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