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몰리에르의 『인간혐오자Le Misanthrope』에 나타난 예절의 양상

Une étude de la politesse dans Le Misanthrope de Molière

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Cette étude a pour but d'examiner les aspects de la politesse dans Le Misanthrope de Molière. Le XVIIe siècle français est une époque intéressante où s'accomplit le modèle identitaire français de la politesse : celle-ci est fondée, d'une part, sur le système de classes, alors qu'elle s'identifie, d'autre part, plutôt à une éthique du mérite qui brouille les distinctions sociales. Or la littérature classique et la politesse, comme pratiques sociales de l'honnête homme, se rencontrent dans la mesure où elles se définissent, toutes les deux, comme 'art de plaire'. Le Misanthrope est une oeuvre intéressante dont le thème central est celui de l'art de plaire, c'est-à-dire la pratique d'une sociabilité ou de l'honnêteté. Alceste refuse dès le début de la pièce de céder à la complaisance, cet art de plaire qui, en tant que loi gouvernant son entourage, est suivi aveuglément par les membres de la société. Ceux-ci considèrent les relations humaines comme un commerce, un ménagement réciproque d'intérêts où l'on s’échange des propos flatteurs et des mots vides de sens. Alceste, qui veut 'qu'on le distingue' en reconnaissant sa vraie valeur, ne peut accepter le code de la politesse, car celle-ci ne fait aucune différence entre les degrés de mérite. Tout est décidé par les apparences, si bien que l'art de plaire devient un art de feindre qui sert non seulement à cacher ce qui est dans le coeur mais aussi à montrer ce qui est nécessaire pour plaire à l'autrui. Contrairement à Alceste, qui veut se retirer du monde, Philinte, en tant qu'honnête homme lucide, accepte sans résistance ce jeu de la société, même s'il sait lui aussi que la civilité n’est qu’une forme détachée de son contenu. Or cette attitude rappelle la devise du libertin : 'à l'intérieur, fais ce qu'il te plaît, à l'extérieur, fais selon la coutume'. En effet, dans un certain sens, l'art de feindre a pour but de protéger son moi intime. L'exigeance de sincérité de la part d'Alceste devient alors un acte de violence qui révèle le moi intérieur de Célimène et cela lui rend impossible de vivre en harmonie dans la société. Pis encore, tellement la politesse est-elle rendue universelle que l'on parvient à l'état de mauvaise foi quand on ne se rend pas compte de la fausseté de ses apparences policées. Or c'est Alceste lui-même qui montre le plus clairement l'aspect généralisé de la politesse. Dans les termes de la politesse, 'plaire' veut dire 'se faire aimer'. Quand il veut se faire aimer de Célimène, il accepte alors cet art de plaire. Sa misanthropie est dans un certain sens le moyen de s'attirer l'admiration et l'amour des autres, c'est-à-dire un art de plaire paradoxal. L'évolution du théâtre de Molère après Le Misanthrope reflète cette conscience sur l'homme dans un monde incorrigible. Désormais, à travers ses comédies-ballets, il va poursuivre le but de réjouir plutôt que d’instruire.

Abstract

Cette étude a pour but d'examiner les aspects de la politesse dans Le Misanthrope de Molière. Le XVIIe siècle français est une époque intéressante où s'accomplit le modèle identitaire français de la politesse : celle-ci est fondée, d'une part, sur le système de classes, alors qu'elle s'identifie, d'autre part, plutôt à une éthique du mérite qui brouille les distinctions sociales. Or la littérature classique et la politesse, comme pratiques sociales de l'honnête homme, se rencontrent dans la mesure où elles se définissent, toutes les deux, comme 'art de plaire'. Le Misanthrope est une oeuvre intéressante dont le thème central est celui de l'art de plaire, c'est-à-dire la pratique d'une sociabilité ou de l'honnêteté. Alceste refuse dès le début de la pièce de céder à la complaisance, cet art de plaire qui, en tant que loi gouvernant son entourage, est suivi aveuglément par les membres de la société. Ceux-ci considèrent les relations humaines comme un commerce, un ménagement réciproque d'intérêts où l'on s’échange des propos flatteurs et des mots vides de sens. Alceste, qui veut 'qu'on le distingue' en reconnaissant sa vraie valeur, ne peut accepter le code de la politesse, car celle-ci ne fait aucune différence entre les degrés de mérite. Tout est décidé par les apparences, si bien que l'art de plaire devient un art de feindre qui sert non seulement à cacher ce qui est dans le coeur mais aussi à montrer ce qui est nécessaire pour plaire à l'autrui. Contrairement à Alceste, qui veut se retirer du monde, Philinte, en tant qu'honnête homme lucide, accepte sans résistance ce jeu de la société, même s'il sait lui aussi que la civilité n’est qu’une forme détachée de son contenu. Or cette attitude rappelle la devise du libertin : 'à l'intérieur, fais ce qu'il te plaît, à l'extérieur, fais selon la coutume'. En effet, dans un certain sens, l'art de feindre a pour but de protéger son moi intime. L'exigeance de sincérité de la part d'Alceste devient alors un acte de violence qui révèle le moi intérieur de Célimène et cela lui rend impossible de vivre en harmonie dans la société. Pis encore, tellement la politesse est-elle rendue universelle que l'on parvient à l'état de mauvaise foi quand on ne se rend pas compte de la fausseté de ses apparences policées. Or c'est Alceste lui-même qui montre le plus clairement l'aspect généralisé de la politesse. Dans les termes de la politesse, 'plaire' veut dire 'se faire aimer'. Quand il veut se faire aimer de Célimène, il accepte alors cet art de plaire. Sa misanthropie est dans un certain sens le moyen de s'attirer l'admiration et l'amour des autres, c'est-à-dire un art de plaire paradoxal. L'évolution du théâtre de Molère après Le Misanthrope reflète cette conscience sur l'homme dans un monde incorrigible. Désormais, à travers ses comédies-ballets, il va poursuivre le but de réjouir plutôt que d’instruire.

참고문헌 (17)

  1. Molière, "Oeuvres complètes, vol. 2" (1971), Gallimard
  2. Molière, "Oeuvres complètes, vol. 1" (2010), Gallimard
  3. Rochefoucauld, Maximes, "Classiques Garnier" (1967), Garnier Frères
  4. Bourgeois, M, "Littérature et morale 16e-18e siècle" (2001), Armand Colin
  5. Emmanuel Bury, "Littérature et politesse" (1996), Puf
  6. Gérard Defaux, "Molière ou les métamorphoses du comique" (1992), Klincksieck
  7. Georges Forestier, "Molière en toutes lettres" (1990), Bordas
  8. Olivier Leplatre, "Le Bourgeois gentilhomme, ou les comédies de la mondanité" (1999), du Temps
  9. Jean Mesnard, "Le Misanthrope, mise en question de l'art de plaire, In La Culture du XVIIe siècle" (1992), Puf
  10. Antony Mckenna, "Molière. Dramaturge libertin" (2005), Champion classiques
  11. Robert Muchembled, "La Société policée" (1998), Seuil
  12. Bérengère Parmentier, "Le siècle des moralistes" (2000), Seuil
  13. Claude Reichler, "L'âge libertin" (1987), Les éditions de Minuit
  14. Elena Russo, "La cour et la ville de la littérature classique aux Lumières" (2002), Puf
  15. 노르베르트 엘리아스, "문명화 과정" (1996), 한길사
  16. 박여성, "궁정사회" (2003), 한길사(한길그레이트북스)
  17. 필립 아리에스, "사생활의 역사 3 - 르네상스에서 계몽주의까지" (2002), 새물결

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