모랄, 혹은 에티크 : 발자크의 윤리
La morale, ou l’éthique selon Balzac
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초록
Dans La Comédie humaine, Balzac dresse le tableau d’une société dans laquelle la morale traditionnelle ne sert plus que de façade à des mœurs dégradées. Avec l’avènement de la classe bourgeoise capitaliste, l’argent devient la valeur suprême sanctionnée par la loi, qui génère alors un désir insatiable sans objet fixe. C'est le type de désir qu'exige le capitalisme, puisque là, tout consiste dans la circulation elle-même. La faculté d'être dépossédé de soi-même rend le personnage balzacien apte à transiter dans la société. Eugène de Rastignac fait preuve d’une subjectivité encore pure l’espace d’un roman, Le Père Goriot, avant de s’immerger dans le bourbier parisien. La mobilité et la vacuité de Lucien de Rubempré d’Illusions perdues en font le néophyte typique de son siècle. Ces jeunes débutants cessent en effet d'être eux-mêmes dans ce désir qui n'est même plus le leur, puisqu'il ne s'agit plus d'être, mais d'avoir. Le monde lui-même se vide de sens, et leur histoire ne s’achève pas sur un point d’arrivée fixe. A côté de ces personnages qui ne sont plus que des machines à désirer les biens sociaux, il y en a d’autres qui cherchent au fond d’eux-mêmes leur propre éthique. Raphaël de Valentin(La Peau de chagrin)et Félix de Vandenesse(Le Lys dans la vallée) se caractérisent par une capacité à l’introspection. Leur examen de conscience les conduit au choix de rester fidèle à leur moi intérieur, mais ils ne se confrontent pas directement avec le monde. Balzac préfère les caractères forts et énergiques, porteurs d’une nouvelle éthique. Pour ceux-ci, l’éthique diffère de la morale en ce qu’elle n’entraîne pas de jugement rigide de valeur, mais signifie plutôt une liberté d’esprit leur permettant de créer leurs propres valeurs au lieu de s’assujettir à l’or et au plaisir. Daniel d’Arthez, David Séchard, ou les personnages des Etudes philosophiques sont de vrais créateurs, et c’est en ce sens qu’ils sont proches des personnages nietzschéens. Cependant l’éthique balzacienne est loin d’être réductrice. Différemment d’un système philosophique qui se doit d’être cohérent, son univers reflète la complexité de la vie, du désir, et leur imprévisibilité.
Abstract
Dans La Comédie humaine, Balzac dresse le tableau d’une société dans laquelle la morale traditionnelle ne sert plus que de façade à des mœurs dégradées. Avec l’avènement de la classe bourgeoise capitaliste, l’argent devient la valeur suprême sanctionnée par la loi, qui génère alors un désir insatiable sans objet fixe. C'est le type de désir qu'exige le capitalisme, puisque là, tout consiste dans la circulation elle-même. La faculté d'être dépossédé de soi-même rend le personnage balzacien apte à transiter dans la société. Eugène de Rastignac fait preuve d’une subjectivité encore pure l’espace d’un roman, Le Père Goriot, avant de s’immerger dans le bourbier parisien. La mobilité et la vacuité de Lucien de Rubempré d’Illusions perdues en font le néophyte typique de son siècle. Ces jeunes débutants cessent en effet d'être eux-mêmes dans ce désir qui n'est même plus le leur, puisqu'il ne s'agit plus d'être, mais d'avoir. Le monde lui-même se vide de sens, et leur histoire ne s’achève pas sur un point d’arrivée fixe. A côté de ces personnages qui ne sont plus que des machines à désirer les biens sociaux, il y en a d’autres qui cherchent au fond d’eux-mêmes leur propre éthique. Raphaël de Valentin(La Peau de chagrin)et Félix de Vandenesse(Le Lys dans la vallée) se caractérisent par une capacité à l’introspection. Leur examen de conscience les conduit au choix de rester fidèle à leur moi intérieur, mais ils ne se confrontent pas directement avec le monde. Balzac préfère les caractères forts et énergiques, porteurs d’une nouvelle éthique. Pour ceux-ci, l’éthique diffère de la morale en ce qu’elle n’entraîne pas de jugement rigide de valeur, mais signifie plutôt une liberté d’esprit leur permettant de créer leurs propres valeurs au lieu de s’assujettir à l’or et au plaisir. Daniel d’Arthez, David Séchard, ou les personnages des Etudes philosophiques sont de vrais créateurs, et c’est en ce sens qu’ils sont proches des personnages nietzschéens. Cependant l’éthique balzacienne est loin d’être réductrice. Différemment d’un système philosophique qui se doit d’être cohérent, son univers reflète la complexité de la vie, du désir, et leur imprévisibilité.
참고문헌 (18)
- BALZAC, Honoré de, "La Peau de chagrin"
- BALZAC Honoré de, "Le Père Goriot"
- BALZAC Honoré de, "Le Lys dans la vallée"
- BALZAC Honoré de, "Illusions perdues, in La Comédie humaine, vol. 3, 5, 9, 10, publiée en 12 volumes sous la direction de P.-G. Castex, Bibliothèque de la Pléiade" (1976), Gallimard
- AUERBACH, Erich, "Mimesis" (1968), Gallimard
- BARBERIS, Pierre, "Le Monde de Balzac" (1973), Arthaud
- BROOKS, Peter, "Reading for the plot" (1992), Harvard University press
- BROOKS, Peter, "Enigmas of identity" (2011), Princeton university press
- BUTLER, Judith, "Subjects of desire-Hegelian reflections in twentieth century France" (1999), Columbia University Press
- BUTLER, Judith, "Giving an account for oneself" (2005), Fordham University press
- DELEUZE, Gilles, "L’Anti-OEdipe - capitalisme et schizophrénie" (1972), Minuit
- DELEUZE, Gilles, "Spinoza-philosophie pratique" (1981), Minuit
- MILLER, D. A., "Balzac’s illusions lost and found", Yale french studies, 67 (1984)
- MORETTI, Franco, "The Way of the world-the Bildungsroman in European culture" (1987), Verso
- NIETZSHE, Friedrich, "Aurore" (1989), Gallimard
- NIETZSHE, Friedrich, "Le Gai savoir"
- NIETZSHE, Friedrich, "OEuvres" (1997), Flammarion
- SPINOZA, Baruch, "L’Ethique" (1954), Gallimard
