시의 공간 구축술: 앙드레 뒤부쉐의 경우
Le travail d’espacement de la poésie : le cas d’André du Bouchet
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초록
De prime abord, le texte poétique d'André du Bouchet semble neutraliser la structure syntaxique ordinaire du français par l'emploi unique de brefs ou longs jets de mots entourés de blancs, qui rend la fonction sémantique des mots presque impossible. Mais selon nous, le langage disjoint est un procédé paradoxal de l'écriture poétique dubouchetienne pour configurer sur la page une dimension de la transcendance immanente du monde, en inscrivant dans le texte l'impuissance mê̂me du langage devant l'altérité de l'Autre; ce procédé paradoxal, c'est ce que nous appelons le travail d’espacement de la poésie. Pour André du Bouchet, la poésie est identifiée avec l'expérience d'un moment où l'essence du monde cachée derrière l'évidence des représentations langagières ordinaires et coutumières nous est révélée sous la forme de visibilité ou de présence immédiates. Dans son texte poétique, le poète marche constamment dans le paysage; à travers de cette marche qui est l'équivalent de l'écriture, le paysage est réduit à quelques éléments rudimentaires (terre, montagne, vent, air, feu, lumière...) qui sont des images du monde décoloré de toute signification humaine et réduit à sa propre altérité. Et de ce fait provient sa poétique de paradoxe. “Je sens la peau” de ces éléments, et pourtant “nous demeurons séparés” depuis toujours. En d'autres termes, les éléments qui pourraient ê̂tre identifiés avec la poésie chez André du Bouchet sont dans la structure d'horizon de l'Être. Les étincelles de l'Être ne nous apparaissent instantanément qu'à travers les failles du présent et celles du langage qui y correspondent. Donc, le langage disjoint du texte poétique de du Bouchet peut ê̂tre considéré comme le résultat d'une tentative de mimer, par l'impuissance mê̂me du langage, l'essence du monde qui ne se manifeste que par le jeu de disjonction entre les contraires.
Abstract
De prime abord, le texte poétique d'André du Bouchet semble neutraliser la structure syntaxique ordinaire du français par l'emploi unique de brefs ou longs jets de mots entourés de blancs, qui rend la fonction sémantique des mots presque impossible. Mais selon nous, le langage disjoint est un procédé paradoxal de l'écriture poétique dubouchetienne pour configurer sur la page une dimension de la transcendance immanente du monde, en inscrivant dans le texte l'impuissance mê̂me du langage devant l'altérité de l'Autre; ce procédé paradoxal, c'est ce que nous appelons le travail d’espacement de la poésie. Pour André du Bouchet, la poésie est identifiée avec l'expérience d'un moment où l'essence du monde cachée derrière l'évidence des représentations langagières ordinaires et coutumières nous est révélée sous la forme de visibilité ou de présence immédiates. Dans son texte poétique, le poète marche constamment dans le paysage; à travers de cette marche qui est l'équivalent de l'écriture, le paysage est réduit à quelques éléments rudimentaires (terre, montagne, vent, air, feu, lumière...) qui sont des images du monde décoloré de toute signification humaine et réduit à sa propre altérité. Et de ce fait provient sa poétique de paradoxe. “Je sens la peau” de ces éléments, et pourtant “nous demeurons séparés” depuis toujours. En d'autres termes, les éléments qui pourraient ê̂tre identifiés avec la poésie chez André du Bouchet sont dans la structure d'horizon de l'Être. Les étincelles de l'Être ne nous apparaissent instantanément qu'à travers les failles du présent et celles du langage qui y correspondent. Donc, le langage disjoint du texte poétique de du Bouchet peut ê̂tre considéré comme le résultat d'une tentative de mimer, par l'impuissance mê̂me du langage, l'essence du monde qui ne se manifeste que par le jeu de disjonction entre les contraires.
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