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정치 이론으로서의 문학 텍스트 : 발리바르와 『신 엘로이즈』의 “정념론”

Texte littéraire comme théorie politique : É. Balibar et le “traité des passions” de La Nouvelle Héloïse

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Quelle est la signification politique de La Nouvelle Héloïse, roman épistolaire de Jean-Jacques Rousseau ? Posée naturellement dès lors que l’auteur du roman est aussi celui du Contrat social, essai de fonder la société politique moderne, cette question n’en est pas moins difficile à répondre, cela pour deux raisons : 1) que le langage figural et la forme littéraire du roman empêchent de fixer son statut théorique sans la lecture allégorique ; 2) que la conceptualisation rousseauiste du « droit politique » exclut du domaine politique les passions et les relations passionnelles et familiales, qui sont l’objet propre de La Nouvelle Héloïse. Cette difficulté, qui se retrouve souvent dans le rapport général de la littérature à la politique, a fait que les critiques du roman se sont contentées des motifs élémentaires que partagent La Nouvelle Héloïse et le Contrat social, ou de quelques principes éthiques ou économiques, dégagés de la description de Clarens, communauté idéale dans le roman. Contre cette tradition des études rousseauistes, l’interprétation d’Étienne Balibar nous étonne avec sa pertinence ainsi que sa nouveauté. Le philosophe français propose comme cadre d’analyse le “traité des passions” compris comme l’expérience littéraire des relations passionnelles. Dans cette perspective, La Nouvelle Héloïse expérimente, avec toute son idée intersubjective et avec tout son art épistolaire et stylistique, les principes de la socialisation passionnelle et hétérogène, en contrepoint du Contrat social, projet de la communauté rationnelle et homogène. L’implication de la lecture balibarienne dans le problème de l’interprétation politique du texte littéraire n’est pas moins significative. Elle montre de sa propre façon la relation intrinsèque entre la littérature et l’État moderne, et la possibilité de renouveler cette relation par la critique systématique du texte littéraire.

Abstract

Quelle est la signification politique de La Nouvelle Héloïse, roman épistolaire de Jean-Jacques Rousseau ? Posée naturellement dès lors que l’auteur du roman est aussi celui du Contrat social, essai de fonder la société politique moderne, cette question n’en est pas moins difficile à répondre, cela pour deux raisons : 1) que le langage figural et la forme littéraire du roman empêchent de fixer son statut théorique sans la lecture allégorique ; 2) que la conceptualisation rousseauiste du « droit politique » exclut du domaine politique les passions et les relations passionnelles et familiales, qui sont l’objet propre de La Nouvelle Héloïse. Cette difficulté, qui se retrouve souvent dans le rapport général de la littérature à la politique, a fait que les critiques du roman se sont contentées des motifs élémentaires que partagent La Nouvelle Héloïse et le Contrat social, ou de quelques principes éthiques ou économiques, dégagés de la description de Clarens, communauté idéale dans le roman. Contre cette tradition des études rousseauistes, l’interprétation d’Étienne Balibar nous étonne avec sa pertinence ainsi que sa nouveauté. Le philosophe français propose comme cadre d’analyse le “traité des passions” compris comme l’expérience littéraire des relations passionnelles. Dans cette perspective, La Nouvelle Héloïse expérimente, avec toute son idée intersubjective et avec tout son art épistolaire et stylistique, les principes de la socialisation passionnelle et hétérogène, en contrepoint du Contrat social, projet de la communauté rationnelle et homogène. L’implication de la lecture balibarienne dans le problème de l’interprétation politique du texte littéraire n’est pas moins significative. Elle montre de sa propre façon la relation intrinsèque entre la littérature et l’État moderne, et la possibilité de renouveler cette relation par la critique systématique du texte littéraire.

참고문헌 (15)

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  15. 헌트, 린, "프랑스 혁명의 가족로망스" (1999), 새물결

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