라신의 『이피게네이아』와 수사학의 문채 ‘구체성’
L’Iphigénie de Racine et la figure d’hypotypose
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Par rapport aux précédentes tragédies de Racine, Iphigénie est plus spectaculaire et plus travaillée. Ceci s’explique en grande partie par son ambition de rivaliser avec l’opéra et de s’imposer comme héritier de la tragédie grecque. Racine renforce le côté spectaculaire en s’appuyant sur la figure d’hypotypose. Les exemples de l’hypotypose dans Iphigénie sont beaucoup plus nombreux que ne le croient les critiques raciniens: Racine recourt abondamment à l’hypotypose qui a pour domaines privilégiés les événements guerriers, les cérémonies publiques, l’activité collective etc. On peut trouver quelques exemples d’hypotypose dans les dialogues des personnages comme celui d’Agamemnon et d’Ulysse et celui d’Ériphile et d’Iphigénie. Mais le récit est un lieu idéal de l’hypotypose: on met en récit les événements qui se sont déroulés hors scène ou avant l’action. Racine utilise l’exposition à deux temps: en début de l’acte I, Agamemnon narre sous la forme d’un long récit pittoresque les événements politico-militaires comme l’échec de l’expédition, le prodige, l’oracle, le retour d’Achille et son dilemme; c’est en début de l’acte II qu’Ériphile raconte la naissance de son amour pour le vainqueur de Lesbos. Les récits du dénouement d’Iphigénie constituent également des tableaux très vifs: Arcas et Ulysse racontent l’affrontement d’Achille et de l’armée grecque, Agamemnon qui se voile, l’intervention de Calchas, la mort d’Ériphile et le prodige. Si Chauveau concentre tous ces événements en une seule image, c’est qu’ils sont des détails significatifs. Suivant les circonstances et les sentiments des personnages, Racine fait usage de divers procédés d’hypotypose: le présent historique, la subjectivation, le discours direct, les termes introducteurs démonstratifs, la coexistence des termes abstraits et des termes concrets; le contraste entre la lumière et l’ombre rend sa description très vive et picturale; le côté obsessionnel et subjectif est renforcé par l’anaphore du pronom personnel (1re personne du singulier) et l’utilisation des adjectifs. Dans la plupart des cas, les descriptions de Racine sont plus picturales que celles de ses sources (Homère, Euripide et Virgile). Racine recourt parfois à l’hypotypose pour intensifier le pathétique et ouvre la voie à la réflexion sur le sublime.
Abstract
Par rapport aux précédentes tragédies de Racine, Iphigénie est plus spectaculaire et plus travaillée. Ceci s’explique en grande partie par son ambition de rivaliser avec l’opéra et de s’imposer comme héritier de la tragédie grecque. Racine renforce le côté spectaculaire en s’appuyant sur la figure d’hypotypose. Les exemples de l’hypotypose dans Iphigénie sont beaucoup plus nombreux que ne le croient les critiques raciniens: Racine recourt abondamment à l’hypotypose qui a pour domaines privilégiés les événements guerriers, les cérémonies publiques, l’activité collective etc. On peut trouver quelques exemples d’hypotypose dans les dialogues des personnages comme celui d’Agamemnon et d’Ulysse et celui d’Ériphile et d’Iphigénie. Mais le récit est un lieu idéal de l’hypotypose: on met en récit les événements qui se sont déroulés hors scène ou avant l’action. Racine utilise l’exposition à deux temps: en début de l’acte I, Agamemnon narre sous la forme d’un long récit pittoresque les événements politico-militaires comme l’échec de l’expédition, le prodige, l’oracle, le retour d’Achille et son dilemme; c’est en début de l’acte II qu’Ériphile raconte la naissance de son amour pour le vainqueur de Lesbos. Les récits du dénouement d’Iphigénie constituent également des tableaux très vifs: Arcas et Ulysse racontent l’affrontement d’Achille et de l’armée grecque, Agamemnon qui se voile, l’intervention de Calchas, la mort d’Ériphile et le prodige. Si Chauveau concentre tous ces événements en une seule image, c’est qu’ils sont des détails significatifs. Suivant les circonstances et les sentiments des personnages, Racine fait usage de divers procédés d’hypotypose: le présent historique, la subjectivation, le discours direct, les termes introducteurs démonstratifs, la coexistence des termes abstraits et des termes concrets; le contraste entre la lumière et l’ombre rend sa description très vive et picturale; le côté obsessionnel et subjectif est renforcé par l’anaphore du pronom personnel (1re personne du singulier) et l’utilisation des adjectifs. Dans la plupart des cas, les descriptions de Racine sont plus picturales que celles de ses sources (Homère, Euripide et Virgile). Racine recourt parfois à l’hypotypose pour intensifier le pathétique et ouvre la voie à la réflexion sur le sublime.
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