뒤 룰레와 글루크의 <아울리스의 이피게네이아> 연구
Étude sur l’Iphigénie en Aulide de Du Roullet et de Gluck
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Au cours du XVIIIe siècle, l’Iphigénie de Racine a été traduite en plusieurs langues européennes. Les traductions italiennes de cette pièce sont les plus nombreuses en Europe. Ce n’est pas par hasard que le livret d’opéra le plus populaire de ce sujet est rédigé en italien par Zeno. En 1755, Algarotti, à la fin de son essai sur l’opéra, propose comme livret exemplaire sa propre Iphigénie en Aulide tirée de la tragédie de Racine. En 1757, Diderot recommande au musicien de composer une musique touchante à partir du désespoir de Clytemnestre. Partageant cet avis de Diderot, Grimm renchérit sur la simplicité et la rapidité qui sont nécessaires à la marche et au développement du poème lyrique. Influencé par leurs propositions, Du Roullet rédige son livret d’opéra en se servant «des pensées et même des vers de Racine». Si le librettiste fait disparaître l’épisode d’Eriphile en renonçant à la structure manichéenne et la rivalité de l’amour chères aux livrets d’opéra, c’est qu’il préfère la simplicité et la rapidité de l’action. C’est pour cela que Du Roullet découpe sa tragédie-opéra en trois actes, qu’il resserre l’intrigue autour du personnage d’Iphigénie et qu’il fait participer le chœur à l’action en privilégiant les spectacles nécessaires à celle-ci. Pour adapter le texte de Racine au théâtre lyrique, Du Roullet met l’exposition et le dénouement en action en remplaçant Ulysse par Calchas. Il réduit les tirades et les scènes de débat qui empêchent la rapidité de l’action. En revanche, le poète accentue les moments où les personnages expriment leurs émotions violentes. Ainsi les dialogues d’Iphigénie et d’Achille qui aboutissent à leur réconciliation sont amplifiés comme le grand monologue-débat d’Agamemnon et les cris de douleur de Clytemnestre. Afin de maintenir le pathétique et le tragique de ces scènes, Du Roullet a recours aux vers de Racine. S’il emprunte aussi les mots aux scènes raciniennes qu’il ne garde pas pour son livret, c’est pour donner une dignité tragique à son texte tout en évitant l’accusation d’imitation servile. On imagine l’enthousiasme de Gluck lorsque le texte de Du Roullet tombe entre ses mains. Malgré cet enthousiasme suscité par ce livret, le compositeur tente de le remanier sans cesse. Gluck le fortifie en lui insufflant sa propre imagination jusqu’à la première. Même s’il modifie le dénouement sous l’influence du goût du public au bout de quelques représentations, il rêve de réformer l’opéra. Bien que le compositeur affirme la subordination de la musique au texte poétique suivant la tradition française de l’opéra, sa véritable intention est de créer un opéra qui réalise l’union harmonieuse de la musique et de la poésie, et de «produire une musique propre à toutes les Nations». Fervent défenseur de l’opéra italien, Rousseau devient «zélé partisan du nouveau système» en faisant l’éloge de Gluck. On pourrait dire que le compositeur réalise peut-être son rêve de son vivant.
Abstract
Au cours du XVIIIe siècle, l’Iphigénie de Racine a été traduite en plusieurs langues européennes. Les traductions italiennes de cette pièce sont les plus nombreuses en Europe. Ce n’est pas par hasard que le livret d’opéra le plus populaire de ce sujet est rédigé en italien par Zeno. En 1755, Algarotti, à la fin de son essai sur l’opéra, propose comme livret exemplaire sa propre Iphigénie en Aulide tirée de la tragédie de Racine. En 1757, Diderot recommande au musicien de composer une musique touchante à partir du désespoir de Clytemnestre. Partageant cet avis de Diderot, Grimm renchérit sur la simplicité et la rapidité qui sont nécessaires à la marche et au développement du poème lyrique. Influencé par leurs propositions, Du Roullet rédige son livret d’opéra en se servant «des pensées et même des vers de Racine». Si le librettiste fait disparaître l’épisode d’Eriphile en renonçant à la structure manichéenne et la rivalité de l’amour chères aux livrets d’opéra, c’est qu’il préfère la simplicité et la rapidité de l’action. C’est pour cela que Du Roullet découpe sa tragédie-opéra en trois actes, qu’il resserre l’intrigue autour du personnage d’Iphigénie et qu’il fait participer le chœur à l’action en privilégiant les spectacles nécessaires à celle-ci. Pour adapter le texte de Racine au théâtre lyrique, Du Roullet met l’exposition et le dénouement en action en remplaçant Ulysse par Calchas. Il réduit les tirades et les scènes de débat qui empêchent la rapidité de l’action. En revanche, le poète accentue les moments où les personnages expriment leurs émotions violentes. Ainsi les dialogues d’Iphigénie et d’Achille qui aboutissent à leur réconciliation sont amplifiés comme le grand monologue-débat d’Agamemnon et les cris de douleur de Clytemnestre. Afin de maintenir le pathétique et le tragique de ces scènes, Du Roullet a recours aux vers de Racine. S’il emprunte aussi les mots aux scènes raciniennes qu’il ne garde pas pour son livret, c’est pour donner une dignité tragique à son texte tout en évitant l’accusation d’imitation servile. On imagine l’enthousiasme de Gluck lorsque le texte de Du Roullet tombe entre ses mains. Malgré cet enthousiasme suscité par ce livret, le compositeur tente de le remanier sans cesse. Gluck le fortifie en lui insufflant sa propre imagination jusqu’à la première. Même s’il modifie le dénouement sous l’influence du goût du public au bout de quelques représentations, il rêve de réformer l’opéra. Bien que le compositeur affirme la subordination de la musique au texte poétique suivant la tradition française de l’opéra, sa véritable intention est de créer un opéra qui réalise l’union harmonieuse de la musique et de la poésie, et de «produire une musique propre à toutes les Nations». Fervent défenseur de l’opéra italien, Rousseau devient «zélé partisan du nouveau système» en faisant l’éloge de Gluck. On pourrait dire que le compositeur réalise peut-être son rêve de son vivant.
참고문헌 (41)
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