본문 바로가기
KERD
논문KCI 등재

수사학을 통한 『테바이스』의 출전 개작과 라신의 독창성 연구

Étude sur les modifications des sources de La Thébaïde et l’originalité de Racine à la lumière de la rhétorique

0

조회

0

다운로드

1

인용

0

참고문헌

키워드

초록

Première pièce représentée de Racine, La Thébaïde n’a jamais attiré de grandes attentions auprès des critiques. Elle a été considérée comme l’ouvrage d’un écolier de génie qui n’avait pas encore maîtrisé son sujet et sa dramaturgie. Depuis que les critiques comme Michael Edwards commencent à voir dans La Thébaïde des germes des personnages et des thèmes raciniens, cette pièce obtient plus d'attention et un jugement plus favorable. Après avoir supprimé la scène du dégainement des épées et ses stances sur l'ambition, Racine modifie profondément sa première version. Après cette modification, on constate non seulement «l'effacement de certains effets baroques», mais aussi l'amélioration nette de l'affrontement verbal et de la psychologie ainsi que la vraisemblance du dénouement. Pour la rencontre entre Étéocle et Polynice, Racine suit le modèle de Rotrou dans les premières ébauches. Le dramaturge supprime plus de deux cents vers et remanie radicalement cette scène cruciale tout en s’inspirant d’Euripide. Après avoir divisé la scène grecque pour faire deux scènes distinctes, Racine situe l'entrevue de deux frères jumeaux à la scène III de l'acte IV afin d'aménager le suspense. Au lieu de l’ambition politique, Racine prend la haine des frères ennemis comme moteur de l’affrontement passionnel. Tandis qu’Euripide recourt aux tirades et aux stichomythies pour la scène du débat, Racine varie les modes des échanges verbaux, recherchant ainsi le naturel. La scène III de l'acte IV où Jocaste dissuade le combat fratricide relève d'une rhétorique délibérative intrascénique. Pourtant, certains dialogues judiciaires de l'accusation et de la défense se déroulent dans un cadre délibératif. Même si Jocaste développe des preuves logiques, elle recourt plus souvent au pathos comme en témoignent l'accusation violente, la supplication pathétique et l'incitation au matricide avant le fratricide. Lors de la rédaction de La Thébaïde, Racine imite les stances sur la fortune chez Rotrou pour faire ses propres stances sur l’ambition. Pourtant, il supprime ces strophes dont il se réjouit parce que le recours au lieu commun n'est pas opportun vu l'état d'Antigone. En revanche, Racine calque ses nouvelles stances sur celles du Cid et de l’Œdipe de Corneille pour faire un beau déchirement intime d’une couleur fortement délibérative. Mais la situation et la décision d’Antigone dans ce dilemme sont différentes par rapport aux stances cornéliennes parce qu’elle doit choisir l’amour contre l’appel de la mort. Les stances d'Antigone possèdent également un rôle dramaturgique, puisqu'elles présentent deux nouveaux faits: le suicide de Jocaste et le commencement du combat fatal. En situation intrascénique, la persuasion de Jocaste est un échec puisqu’elle n’arrive pas à dissuader ses deux fils de se tuer. À l'aide de la rhétorique, Racine fait tous ses efforts pour rendre naturel l'affrontement passionnel et approfondir la psychologie. La modification radicale effectuée par le dramaturge favorise la compréhension depuis l’entrevue entre les deux frères jusqu’à l’issue fatale. Depuis un demi-siècle les cirtiques portent un jugement favorable sur La Thébaïde malgré quelques défauts. On peut conclure que tous les efforts de Racine pour persuader le public en situation extrascénique portent les fruits.

Abstract

Première pièce représentée de Racine, La Thébaïde n’a jamais attiré de grandes attentions auprès des critiques. Elle a été considérée comme l’ouvrage d’un écolier de génie qui n’avait pas encore maîtrisé son sujet et sa dramaturgie. Depuis que les critiques comme Michael Edwards commencent à voir dans La Thébaïde des germes des personnages et des thèmes raciniens, cette pièce obtient plus d'attention et un jugement plus favorable. Après avoir supprimé la scène du dégainement des épées et ses stances sur l'ambition, Racine modifie profondément sa première version. Après cette modification, on constate non seulement «l'effacement de certains effets baroques», mais aussi l'amélioration nette de l'affrontement verbal et de la psychologie ainsi que la vraisemblance du dénouement. Pour la rencontre entre Étéocle et Polynice, Racine suit le modèle de Rotrou dans les premières ébauches. Le dramaturge supprime plus de deux cents vers et remanie radicalement cette scène cruciale tout en s’inspirant d’Euripide. Après avoir divisé la scène grecque pour faire deux scènes distinctes, Racine situe l'entrevue de deux frères jumeaux à la scène III de l'acte IV afin d'aménager le suspense. Au lieu de l’ambition politique, Racine prend la haine des frères ennemis comme moteur de l’affrontement passionnel. Tandis qu’Euripide recourt aux tirades et aux stichomythies pour la scène du débat, Racine varie les modes des échanges verbaux, recherchant ainsi le naturel. La scène III de l'acte IV où Jocaste dissuade le combat fratricide relève d'une rhétorique délibérative intrascénique. Pourtant, certains dialogues judiciaires de l'accusation et de la défense se déroulent dans un cadre délibératif. Même si Jocaste développe des preuves logiques, elle recourt plus souvent au pathos comme en témoignent l'accusation violente, la supplication pathétique et l'incitation au matricide avant le fratricide. Lors de la rédaction de La Thébaïde, Racine imite les stances sur la fortune chez Rotrou pour faire ses propres stances sur l’ambition. Pourtant, il supprime ces strophes dont il se réjouit parce que le recours au lieu commun n'est pas opportun vu l'état d'Antigone. En revanche, Racine calque ses nouvelles stances sur celles du Cid et de l’Œdipe de Corneille pour faire un beau déchirement intime d’une couleur fortement délibérative. Mais la situation et la décision d’Antigone dans ce dilemme sont différentes par rapport aux stances cornéliennes parce qu’elle doit choisir l’amour contre l’appel de la mort. Les stances d'Antigone possèdent également un rôle dramaturgique, puisqu'elles présentent deux nouveaux faits: le suicide de Jocaste et le commencement du combat fatal. En situation intrascénique, la persuasion de Jocaste est un échec puisqu’elle n’arrive pas à dissuader ses deux fils de se tuer. À l'aide de la rhétorique, Racine fait tous ses efforts pour rendre naturel l'affrontement passionnel et approfondir la psychologie. La modification radicale effectuée par le dramaturge favorise la compréhension depuis l’entrevue entre les deux frères jusqu’à l’issue fatale. Depuis un demi-siècle les cirtiques portent un jugement favorable sur La Thébaïde malgré quelques défauts. On peut conclure que tous les efforts de Racine pour persuader le public en situation extrascénique portent les fruits.

참고문헌 (68)

  1. Aristote, "Rhétorique, introduction, traduction, notes, bibliographie et index par Pierre Chiron" (2007), Flammarion
  2. Aubignac, F, "La Pratique du théâtre" (2001), Honoré Champion
  3. Cicéron, "De l'Invention" (2002), Les Belles Lettres
  4. Cicéron, "De l'Orateur, 3 vol" (2002), Les Belles Lettres
  5. Corneille, Pierre, "OEuvres complètes, coll. Bibliothèque de la Pléiade, t. I, II, III" (1980), Gallimard
  6. Les Belles Lettres, "Les Suppliantes, Les Perses, Les Sept contre Thèbes, Prométhée enchaîné" (2002), Les Belles Lettres
  7. Euripide, Hélène, "Hélène, Les Phéniciennes" (1985), Les Belles Lettres
  8. Homère, "Iliade, t. IV" (2002), Les Belles Lettres
  9. Homère, "L'Odyss, t. II" (2002), Les Belles Lettres
  10. La Mesnardière, "Jules de, La Poétique", Antoine de Sommaville
  11. Perrault, Charles, "Les Hommes illustres" (2003), Gunter Narr
  12. Quintilien, "Institution Oratoire, 7 vol" (1975), Les Belles Lettres
  13. Racine, Jean, "OEuvres, avec des commentaires, par Luneau de Boisjermain, Paris, Cellot, 1768, 5 vol; OEuvres diverses, enrichies de notes et de préfaces, Londres, 1768, 2 vol", ~
  14. Racine, Jean, "Oeuvres complètes, 7 vol" (1807), H. Agasse
  15. Racine, Jean, "OEuvres, 7 vol" (1808), Le Normant
  16. Racine, Jean, "OEuvres complètes, 5 vol" (1824), P. Dupont
  17. Racine, Jean, "OEuvres, coll. Les Grands Écrivains de la France , 9 vol" (1865), Hachette
  18. Racine, Jean, "OEuvres complètes, coll. Bibliothèque de la Pléiade, t. II" (1966), Gallimard
  19. Racine, Jean, "Théâtre complet, coll. La Pochothèque" (1998), Librairie Générale Française
  20. Racine, Jean, "OEuvres complètes, coll. Bibliothèque de la Pléiade, t. I" (1999), Gallimard
  21. Racine, Jean, "Théâtre complet" (2010), Classiques Garnier
  22. Rotrou, Jean, "Théâtre complet 2" (1999), Société des textes français modernes
  23. Sénèque, "furieux, Les Troyennes, Les Phéniciennes, Médée, Phèdre" (2002), Les Belles Lettres
  24. Sophocle, "Les Trachiniennes, Antigone" (1962), Les Belles Lettres
  25. Sénèque, "Ajax, OEdipe roi, Électre" (2002), Les Belles Lettres
  26. Sénèque, "Philoctète, OEdipe à Colone" (2009), Les Belles Lettres
  27. Stace, "La Thébaïde, 3 vol" (1990), Les Belles Lettres
  28. Michael Edwards, "La Thébaïde de Racine, clé d’une nouvelle interprétation de son théâtre" (1965), Nizet
  29. Geoffrey Alan Argent, "The Complete Plays of Jean Racine, Vol. 1: The Fratricides" (2010), The Pennsylvania State University Press
  30. Christine Amiech, "Les Phéniciennes d'Euripide. Commentaire et traduction", pp.2004, Budapest
  31. R. P. Brumoy, "Le Théâtre des Grecs, 3 vol", Rollin fils
  32. 에우리피데스, "에우리피데스 비극 전집2" (2009), 숲
  33. Battesti, Jean-Pierre, "Tout Racine" (1999), Larousse
  34. Biet, Christian, "OEdipe en monarchie. Tragédie et théorie juridique à l’âge classique" (1994), Klincksieck
  35. Brunel, Magali, "L’évolution de la pratique des stances théâtales: un chemin de traverse du baroque vers le classicisme", OEuvres & Critiques, 32(2), pp.121~134 (2007)
  36. Caigny, Florence, "Sénèque le Tragique en France (XVIe-XVIIe siècles): imitation, traduction, adaptation" (2011), Classique Garnier
  37. Declercq, Gilles, "Le Lieu commun dans les tragédies de Racine: Topique, poétique et mémoire à l'âge classique", XVIIe siècle, (150), pp.43~60 (1986)
  38. Declercq, Gilles, "L'Art d'argumenter. Structures rhétoriques et littéraires" (1992), Editions universitaires
  39. ou le classicisme, "Racine et", pp.2001, Declercq, Gilles
  40. Declercq, Gilles, "Racine 1699-1999", Actes du colloque du tricentenaire(25-30 mai 1999), sous la direction de Gilles Declercq et de Michèle Rosellini, pp.257~290 (2003), PUF
  41. Declercq, Gilles, "Theatrum Mundi. Studies in Honor of Ronald W. Tobin", pp.230~238 (2003), Rookwood Press
  42. Delmas, Christian, "La tragédie de l'âge classique, 1553-1770" (1994), Seuil
  43. Duchemin, Jacqueline, "L'AΓΩΝ dans la tragédie grecque" (1945), Les Belles Lettres
  44. Eissen, Ariane, "Les mythes grecs" (1993), Belin
  45. Faguet, Émile, "Propos de théâtre, 3e série" (1906), Société française d'imprimerie et de librairie
  46. Forestier, Georges, "Introduction à l'analyse des textes classiques. Éléments de rhétorique et de poétique du XVIIe siècle" (1993), Nathan
  47. Forestier, Georges, "Jean Racine" (2006), Gallimard
  48. France, Peter, "Racine's Rhetoric" (1965), Clarendon
  49. Goyet, Francis, "Le Sublime du «lieu commun». L'Invention rhétorique dans L'Antiquité et à la Renaissance" (1996), Champion
  50. Goyet, Francis, "Aux origines du sens actuel de «lieu commun»", Cahiers de l'Association internationale des études françaises, (49), pp.59~74 (1997)
  51. Grimal, Pierre, "Dictionnaire de la Mythologie grecque et romaine" (2002), PUF
  52. Guyot, Sylviane, "Racine, ou L'alchimie du tragique: La Thébaïde, Britannicus, Mithridate" (2010), Presses universitaires de France
  53. Hawcroft, Michael, "Word as Action: Racine, Rhetoric and Theatrical Language" (1992), Clarendon
  54. Kibédi-Varga, Aron, "Rhétorique et littérature" (1970), Didier
  55. Knight, Roy C, "Racine et la Grèce" (1974), Nizet
  56. Lancaster, Henry Carrington, "A History of French Dramatic Literature in Seventeenth Century, Part III, The Period of Molière 1652-1672, 2 vol" (1936), The Johns Hopkins Press
  57. Lecompte, Jérôme, "Racine, Thébaïde, Britannicus, Mithridate" (2010), Atlande
  58. Lemaître, Jules, "Jean Racine" (1908), C. Lévy
  59. Morel, Jacques, "Les stances dans la trégédie française au XVIIe siècle", XVIIe siècle, (66-67), pp.43~56 (1965)
  60. Morel, Jacques, "Agréables mensonges. Essai sur le théatre français du XVIIe siècle", pp.361~368 (1991), Klincksieck
  61. Pascal, Jean-Noël, "Coulisses: revue théâtrale", pp.17~29 (2011), Université de Franche-Comté
  62. Phillippo, Susanna, "Silent Witness, Racine's non-verbal Annotations of Euripides" (2003), Legenda
  63. Picard, Raymond, "Nouveau Corpus Racinianum, recueil-inventaire des textes et documents du XVIIe siècle concernant Jean Racine" (1976), CNRS
  64. Richardson, Nicholas, "The Iliad, a commentary. Volume VI, Books 21-24" (1993), Cambridge university press
  65. Rohou, Jean, "L'Évolution du tragique racinien" (1991), S.E.D.E.S
  66. Romilly, Jacqueline, "Festschrift A. Dihle, Philanthropia kai Eusébeia", pp.398~403 (1993)
  67. Scherer, Jacques, "La Dramaturgie classique en France" (1950), Nizet
  68. Tobin, Ronald W, "Jean Racine revisited" (1999), Twayne publishers

관련 논문AI추천

이 간행물의 다른 논문 (17건)