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지식의 주체로서의 여성 - 몰리에르의 『여학자들 Les Femmes savantes』을 중심으로

La femme en tant que sujet du savoir - axé sur Les Femmes savantes de Molière

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Cette étude fait partie d’un projet de recherche sur la formation du sujet moderne occidental à travers les discours littéraires français du XVIe et du XVIIe siècle. Dans cet article, on va aborder la problématique de la femme en tant que sujet du savoir à travers quelques oeuvres de Molière. Depuis la Renaissance, les femmes assumaient un rôle important dans la civilisation des moeurs et la vulgarisation du savoir à travers des cercles ou des salons mondains présidés par elles. Avec le progrès des sciences modernes, les femmes ont de plus en plus de désir de devenir le sujet du savoir, suivant en ce sens l’augmentation générale de l’intérêt intellectuel. L’établissement de la monarchie absolue contribue d’une part à la formation du sujet féminin dans la mesure où la vie mondaine de la cour a besoin de minimum de culture des femmes. Toutefois, le conformisme présupposé de la politique de Louis XIV ainsi que la morale bourgeoise fondée sur patriarcat vont exprimer leur antipathie sur les femmes intellectuelles. Au sein même des salons, il existait deux tendances contraires : le féminisme mondain où régnait le ‘bon sens’ et le féminisme intellectuel où prévalait la pédanterie. En fait, l’accès des femmes à la culture était rendue possible par l’exclusion du pédantisme dans la vie mondaine puisqu’elles étaient exclues de l’éducation scolaire. Or à travers cette vie mondaine, elles en viennent à s’intéresser aux sciences au sens propre. Le cartésianisme a aussi contribué à la formation du sujet-féminin dans la mesure où il présuppose la raison, des mêmes facultés intellectuelles chez la femme que chez l’homme. En analysant les oeuvres de Molière situées au moment où se confrontent ces deux mouvements contradictoires et complémentaires, on pourrait donc révéler quelques aspects de cette femme-sujet (du savoir). Dans l’Ecole des maris et l’Ecole des femmes, des pères-maris oppressifs, qui imposent l’éducation des filles restreinte au ménage, sont rendus ridicules par l’auteur qui défend ‘l’Ecole du monde’ respectant la nature des femmes. Les précieuses, ces sujets féminins du salon, peuvent elles aussi être rendues ridicules quand elles affectent de savoir en imitant mal les vraies précieuses, dont M. de Scudéry. Ce qui est paradoxal, c’est par Scudéry elle-même, une vraie précieuse et intellectuelle, que le mot ‘femme savante’ a pris une valeur péjorative en désignant, soit une pédante, soit une femme qui fait la savante sans toujours l’être. C’est le cas des ‘femmes savantes’ de Molière qui se piquent du savoir démesuré et inadéquat, fondé sur le dualisme extrême réprouvant le corps ; elles refusent ainsi le mariage parce qu’il est le ‘noeud de la matière’ et qu’il asservit la femme. En fait ce qui est condamné par Clitandre, ce raisonneur moliéresque, ce n’est pas leur aspiration au savoir, mais la prétention au savoir envisagé comme un moyen de se rebeller contre leur condition et leur nature. C’est le cas surtout de Philaminte qui tente de prendre pouvoir sur son mari, alors que sa supériorité vient pourtant du fait qu’elle a su fonctionner sur deux modes de production: le corps et l’esprit. C’est plutôt Henriette, apparemment conformiste, qui est ‘savante sans le savoir’ parce qu’elle consentit au matérialisme moniste respectant ainsi la nature humaine et l’ordre social. Le dénouement est problématique dans la mesure où les ‘femmes savantes’ restent toujours ‘savantes’ même si l’ordre semble être rétabli par le dernier ordre du père. Malgré la création des caractères féminins ridicules, on ne pourrait pas dire que Molière est misogyne parce qu’il exprime la même répugnance pour le pédantisme des hommes. Si la femme savante est exploitée désormais comme un personnage ridicule, cela devrait être compris dans le contexte idéologique qui impose l’ordre social fondé sur la hiérarchie des sexes. La formation du sujet féminin sera faite dans le conflit de ces mouvements contradictoires d’émancipation et d’oppression.

Abstract

Cette étude fait partie d’un projet de recherche sur la formation du sujet moderne occidental à travers les discours littéraires français du XVIe et du XVIIe siècle. Dans cet article, on va aborder la problématique de la femme en tant que sujet du savoir à travers quelques oeuvres de Molière. Depuis la Renaissance, les femmes assumaient un rôle important dans la civilisation des moeurs et la vulgarisation du savoir à travers des cercles ou des salons mondains présidés par elles. Avec le progrès des sciences modernes, les femmes ont de plus en plus de désir de devenir le sujet du savoir, suivant en ce sens l’augmentation générale de l’intérêt intellectuel. L’établissement de la monarchie absolue contribue d’une part à la formation du sujet féminin dans la mesure où la vie mondaine de la cour a besoin de minimum de culture des femmes. Toutefois, le conformisme présupposé de la politique de Louis XIV ainsi que la morale bourgeoise fondée sur patriarcat vont exprimer leur antipathie sur les femmes intellectuelles. Au sein même des salons, il existait deux tendances contraires : le féminisme mondain où régnait le ‘bon sens’ et le féminisme intellectuel où prévalait la pédanterie. En fait, l’accès des femmes à la culture était rendue possible par l’exclusion du pédantisme dans la vie mondaine puisqu’elles étaient exclues de l’éducation scolaire. Or à travers cette vie mondaine, elles en viennent à s’intéresser aux sciences au sens propre. Le cartésianisme a aussi contribué à la formation du sujet-féminin dans la mesure où il présuppose la raison, des mêmes facultés intellectuelles chez la femme que chez l’homme. En analysant les oeuvres de Molière situées au moment où se confrontent ces deux mouvements contradictoires et complémentaires, on pourrait donc révéler quelques aspects de cette femme-sujet (du savoir). Dans l’Ecole des maris et l’Ecole des femmes, des pères-maris oppressifs, qui imposent l’éducation des filles restreinte au ménage, sont rendus ridicules par l’auteur qui défend ‘l’Ecole du monde’ respectant la nature des femmes. Les précieuses, ces sujets féminins du salon, peuvent elles aussi être rendues ridicules quand elles affectent de savoir en imitant mal les vraies précieuses, dont M. de Scudéry. Ce qui est paradoxal, c’est par Scudéry elle-même, une vraie précieuse et intellectuelle, que le mot ‘femme savante’ a pris une valeur péjorative en désignant, soit une pédante, soit une femme qui fait la savante sans toujours l’être. C’est le cas des ‘femmes savantes’ de Molière qui se piquent du savoir démesuré et inadéquat, fondé sur le dualisme extrême réprouvant le corps ; elles refusent ainsi le mariage parce qu’il est le ‘noeud de la matière’ et qu’il asservit la femme. En fait ce qui est condamné par Clitandre, ce raisonneur moliéresque, ce n’est pas leur aspiration au savoir, mais la prétention au savoir envisagé comme un moyen de se rebeller contre leur condition et leur nature. C’est le cas surtout de Philaminte qui tente de prendre pouvoir sur son mari, alors que sa supériorité vient pourtant du fait qu’elle a su fonctionner sur deux modes de production: le corps et l’esprit. C’est plutôt Henriette, apparemment conformiste, qui est ‘savante sans le savoir’ parce qu’elle consentit au matérialisme moniste respectant ainsi la nature humaine et l’ordre social. Le dénouement est problématique dans la mesure où les ‘femmes savantes’ restent toujours ‘savantes’ même si l’ordre semble être rétabli par le dernier ordre du père. Malgré la création des caractères féminins ridicules, on ne pourrait pas dire que Molière est misogyne parce qu’il exprime la même répugnance pour le pédantisme des hommes. Si la femme savante est exploitée désormais comme un personnage ridicule, cela devrait être compris dans le contexte idéologique qui impose l’ordre social fondé sur la hiérarchie des sexes. La formation du sujet féminin sera faite dans le conflit de ces mouvements contradictoires d’émancipation et d’oppression.

참고문헌 (13)

  1. G. Forestier, "Molière, Oeuvres complètes, vol. 1, 2" (2010), Gallimard, Bibliothèque de la Pléiade
  2. M. de Scudéry, "Artamène ou le Grand Cyrus, vol. 10" (1973), Courbé
  3. Georges Forestier, "Molière en toutes lettres" (1990), Bordas
  4. Robert Garapon, "Le dernier Molière" (1977), Sedes
  5. Danielle Haase-Dubosc, "Intellectuelles, femmes d’esprit et femmes savantes au XVIIe siècle", Clio. Histoire, femmes et sociétés, 13 (2001)
  6. Catherine Kintzler, "Les Femmes savantes de Molière et la question des fonctions du savoir", XVIIe siècle, (211) (2001)
  7. Elisabeth Lapeyre, "Les Femmes savantes: une lecture aliénée", French Forum, 6(2) (1981), Periodicals Archive Online
  8. Jean Mesnard, "La Culture du XVIIe siècle" (1992), Puf
  9. Jean Molino, "Molière: Esquisse d’un modèle d’interprétation", XVIIe siècle, (184) (1994)
  10. Jocelyn Royé, "Pédant et bel esprit: la représentation du savant mondain et du mondain savant dans les comédies du XVIIe siècle", Littérature Classique, (58) (2005)
  11. Linda Timmermans, "L'Accès des femmes à la culture sous l'Ancien Régime" (2005), Champion classiques
  12. Frédéric-Gaël Theuriau, "Savantes femmes & citoyennes de Tendre en Europe(1607-1678)" (2014), L’Harmattan
  13. 나탈리 제몬 데이비스, "여성의 역사 3 하권" (1999), 도서출판 새물결

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