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『미래의 이브』, 인간과 기계의 흔들리는 경계 - 포스트휴먼 담론의 역사성에 대한 하나의 고찰

L’Ève future : la frontière ébranlée entre l’humain et la machine - Une étude sur l’historicité du discours posthumain

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Dans la civilisation chrétienne occidentale, l’homme se tenait au sommet de ‘la grande échelle des êtres’. L’idée d’une place privilégiée de l’homme suppose une discontinuité fondamentale entre l’être humain et les autres êtres. L’histoire de la science démontre pourtant que cette discontinuité (terre/univers, humain/animal, moi/inconscient) est seulement historique. Aujourd’hui, la techno-science met fortement en doute ‘la quatrième discontinuité’, celle entre la machine et l’humain ; l’hominisation de celle-là (intelligence artificielle, humanoïde) et la machinisation de celui-ci (prothèse, clonage humain) justifient le point de vue posthumain, d’après lequel l’homme et la machine sont à considérer dans le même spectre. Voulant envisager l’historicité de ce point de vue, notre étude vise à montrer en quoi L’Ève future (1886) de Villiers de l’Isle-Adam esquisse une remise en question préfigurant un lointain changement d'épistémologie. L’Ève future raconte la fabrication d’une androïde par Edison, icône de ‘l’époque de l’électricité’. L'ingénieur essaie de persuader un ami qui envisage de se suicider du fait de l'inculture et de la sottise de la femme qu'il aime, de la remplacer par une parfaite copie dotée d'une grande intelligence. Dans un premier temps, nous examinons la science et la technologie de l'époque ― les techniques réelles, leur articulation, leur somme ― qui rendent possible d'imaginer une machine humanoïde parfaite : l’androïde d’Edison est un être lisse, fluide, naturel et même sublime ; cette ‘Imitation-Humaine’ parfaite est l’aboutissement de la logique poussée à l’extrême des savoirs scientifiques et de leur application technique : l’électricité et la photo-cinématographie. Dans un deuxième temps, nous considérons la mise en cause de l’idée de ‘nature’, la nature qui se fait reconnaître comme constante éternelle. La cause originaire de la création d’Edison tient à sa réaction devant le mensonge d’une femme qui se constitue en artefact tout en prenant le masque de ‘la nature’ : sa création consiste seulement à passer de la facticité d’une nature rectifiée par des artifices plus ou moins astucieux, à l’authenticité d’un humain ouvertement artificiel. Pour Edison, il n’y a pas de ‘nature’ humaine, critère fixe et éternel pour définir l’humain. L’Ève future est digne, comme le note Villiers, de la ‘légende moderne’, en ce sens que l’idée de naturalité spontanée a fait son temps, qu’elle s’est avérée un rêve naïf. Dans un troisième et dernier temps, nous éclairons en quoi L’Ève future marque l’amorce de la transition de la modernité à la posthumanité ; sous l’idée d’Edison que l’homme peut tomber amoureux d’une machine et que de plus seule une machine peut combler l’amour idéal, on peut voir les prémices du saut qualitatif de la ‘co-individuation’ de l’homme et de la machine dans l’histoire de la modernité : l’environnement technique, autrement dit la machine, devient lui-même une métaphore du comportement humain.

Abstract

Dans la civilisation chrétienne occidentale, l’homme se tenait au sommet de ‘la grande échelle des êtres’. L’idée d’une place privilégiée de l’homme suppose une discontinuité fondamentale entre l’être humain et les autres êtres. L’histoire de la science démontre pourtant que cette discontinuité (terre/univers, humain/animal, moi/inconscient) est seulement historique. Aujourd’hui, la techno-science met fortement en doute ‘la quatrième discontinuité’, celle entre la machine et l’humain ; l’hominisation de celle-là (intelligence artificielle, humanoïde) et la machinisation de celui-ci (prothèse, clonage humain) justifient le point de vue posthumain, d’après lequel l’homme et la machine sont à considérer dans le même spectre. Voulant envisager l’historicité de ce point de vue, notre étude vise à montrer en quoi L’Ève future (1886) de Villiers de l’Isle-Adam esquisse une remise en question préfigurant un lointain changement d'épistémologie. L’Ève future raconte la fabrication d’une androïde par Edison, icône de ‘l’époque de l’électricité’. L'ingénieur essaie de persuader un ami qui envisage de se suicider du fait de l'inculture et de la sottise de la femme qu'il aime, de la remplacer par une parfaite copie dotée d'une grande intelligence. Dans un premier temps, nous examinons la science et la technologie de l'époque ― les techniques réelles, leur articulation, leur somme ― qui rendent possible d'imaginer une machine humanoïde parfaite : l’androïde d’Edison est un être lisse, fluide, naturel et même sublime ; cette ‘Imitation-Humaine’ parfaite est l’aboutissement de la logique poussée à l’extrême des savoirs scientifiques et de leur application technique : l’électricité et la photo-cinématographie. Dans un deuxième temps, nous considérons la mise en cause de l’idée de ‘nature’, la nature qui se fait reconnaître comme constante éternelle. La cause originaire de la création d’Edison tient à sa réaction devant le mensonge d’une femme qui se constitue en artefact tout en prenant le masque de ‘la nature’ : sa création consiste seulement à passer de la facticité d’une nature rectifiée par des artifices plus ou moins astucieux, à l’authenticité d’un humain ouvertement artificiel. Pour Edison, il n’y a pas de ‘nature’ humaine, critère fixe et éternel pour définir l’humain. L’Ève future est digne, comme le note Villiers, de la ‘légende moderne’, en ce sens que l’idée de naturalité spontanée a fait son temps, qu’elle s’est avérée un rêve naïf. Dans un troisième et dernier temps, nous éclairons en quoi L’Ève future marque l’amorce de la transition de la modernité à la posthumanité ; sous l’idée d’Edison que l’homme peut tomber amoureux d’une machine et que de plus seule une machine peut combler l’amour idéal, on peut voir les prémices du saut qualitatif de la ‘co-individuation’ de l’homme et de la machine dans l’histoire de la modernité : l’environnement technique, autrement dit la machine, devient lui-même une métaphore du comportement humain.

참고문헌 (26)

  1. 오귀스트 빌리에드 릴아당, "미래의 이브" (2012), 시공사
  2. 메리 셸리, "프랑켄슈타인" (2012), 문학동네
  3. Beltran, Alqin, "La vie éléctrique. Histoire et imaginaire (XVIIIe-XXIe siècle)" (2016)
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  13. Raitt, Alan, "Villiers de L'Isle-Adam : exorciste du réel" (1987), Librarie José Corti
  14. Slusser, George, "Fiction 2000: Cyberpunk and the Future of Narrative" (1992), Univ. of Georgia Press
  15. Slusser, George, "Science Fiction and the Two Cultures: Essays on Bridging the Gap between the Sciences and the Humanities" (2009), McFarland & Company
  16. Stiegler, Bernard, "La technique et le temps 2. La désorientation" (1996), Galilée
  17. Vibert, B., "Villiers l’inquiéteur" (1995), Presses universitaires du Mirail
  18. Valtat, Jean-Christophe, "Reproduction, simulation, performance. L’Ève future de Villiers de l’Isle-Adam", Tracés. Revue de Sciences humaines, (16) (2009)
  19. 루이스 멈포드, "기계의 신화 2. 권력의 펜타곤" (2012), 경북대학교출판부
  20. 사진의 작은 역사 외, "기술복제시대의 예술작품", pp.2007, 발터 벤야민
  21. 브루스 매즐리시, "네번째 불연속. 인간과 기계의 공진화" (2001), 사이언스 북스
  22. 송호림, "포스트휴먼 진화—사이언스 픽션을 통해 본 인간과 인공 피조물과의 진화적 관계", 영어영문학21, 26(3), pp.53~74 (2013), 21세기영어영문학회
  23. 엘머 E 루이스, "테크놀로지의 걸작들-공학과의 새로운 만남" (2015), 글램북스
  24. 질베르 시몽동, "기술적 대상들의 존재양식에 대하여" (2011), 그린비
  25. 캐서린 헤일즈, "우리는 어떻게 포스트휴먼이 되었는가" (2013), 플래닛
  26. 프리드리히 키틀러, "기록시스템 1800-1900" (2015), 문학동네

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