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에두아르 글리상이 본 생-존 페르스

Regard glissantien sur Saint-John Perse

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Saint-John Perse, né en Guadeloupe en 1887, y passe son enfance et quitte définitivement son berceau natal en 1899 pour s'installer en France. Ce Grand Blanc, descendant des colons français vit comme un prince dans cette ancienne colonie française dans la mer des Caraïbes. Ce “béké essentiel” décrit les traces de sa période caribéenne dans son langage poétique. Édouard Glissant, né en 1928, en Martinique, île voisine de la Guadeloupe, poursuit ses combats anticolonialistes à travers son écriture littéraire. Ce chantre de l'Antillanité dans son désir de s'enraciner dans la terre antillaise, s'intéresse de façon continue au “fils prestigieux de la Guadeloupe” et cherche ses “ferments” créateurs chez celui-ci. En même temps, il essaie de s'approprier l'héritage persien en faveur de sa cause de la décolonisation au moyen de la réécriture des poèmes persiens. Cet article consiste à analyser comment Glissant a lu la poésie de son aîné caribéen. Glissant pense que Perse n'est pas impliqué à l'histoire des Antilles. Donc, il n'est pas antillais: l'histoire de Perse est celle des Européens. Perse voit les Antilles sous l'angle de l'Histoire généralisante. Sa conception historique fait preuve du fait que sa poésie est celle d'un colon blanc, mais jamais celle du peuple antillais. Alors, d'après Glissant, ses premiers poèmes n'expriment pas de regret de son île natale mais au contraire annoncent le “départ” pour un autre “ailleurs”. Perse a vécu l'ailleurs antillais dès sa naissance, ce qui fait qu‘il est destiné à vivre son destin d'étranger. Glissant considère la vie de Perse comme celle d'un errant. Mais cet errant est muni de son “beau pays natal” qu’est le français. Pour en faire un univers, il tente de transcrire “toutes choses” du monde dans ses poèmes. Sa vie d'errant accompagnée de sa langue française n'est pas une errance déracinée mais une “errance enracinée” dans la pensée de l'Un qui garantit “la permanence et l'unité de l'Être”. On voit là un point de divergence qui différencie deux approches: l'une rhizomatique et l'autre unversalisante.

Abstract

Saint-John Perse, né en Guadeloupe en 1887, y passe son enfance et quitte définitivement son berceau natal en 1899 pour s'installer en France. Ce Grand Blanc, descendant des colons français vit comme un prince dans cette ancienne colonie française dans la mer des Caraïbes. Ce “béké essentiel” décrit les traces de sa période caribéenne dans son langage poétique. Édouard Glissant, né en 1928, en Martinique, île voisine de la Guadeloupe, poursuit ses combats anticolonialistes à travers son écriture littéraire. Ce chantre de l'Antillanité dans son désir de s'enraciner dans la terre antillaise, s'intéresse de façon continue au “fils prestigieux de la Guadeloupe” et cherche ses “ferments” créateurs chez celui-ci. En même temps, il essaie de s'approprier l'héritage persien en faveur de sa cause de la décolonisation au moyen de la réécriture des poèmes persiens. Cet article consiste à analyser comment Glissant a lu la poésie de son aîné caribéen. Glissant pense que Perse n'est pas impliqué à l'histoire des Antilles. Donc, il n'est pas antillais: l'histoire de Perse est celle des Européens. Perse voit les Antilles sous l'angle de l'Histoire généralisante. Sa conception historique fait preuve du fait que sa poésie est celle d'un colon blanc, mais jamais celle du peuple antillais. Alors, d'après Glissant, ses premiers poèmes n'expriment pas de regret de son île natale mais au contraire annoncent le “départ” pour un autre “ailleurs”. Perse a vécu l'ailleurs antillais dès sa naissance, ce qui fait qu‘il est destiné à vivre son destin d'étranger. Glissant considère la vie de Perse comme celle d'un errant. Mais cet errant est muni de son “beau pays natal” qu’est le français. Pour en faire un univers, il tente de transcrire “toutes choses” du monde dans ses poèmes. Sa vie d'errant accompagnée de sa langue française n'est pas une errance déracinée mais une “errance enracinée” dans la pensée de l'Un qui garantit “la permanence et l'unité de l'Être”. On voit là un point de divergence qui différencie deux approches: l'une rhizomatique et l'autre unversalisante.

참고문헌 (30)

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  29. WALCOTT Derek, "The Antilles: Fragments of Epic Memory, The Nobel Lecture, In Seminal Praise: Poetry of Saint-John Perse" (1999), Guadeloupe and Martinique
  30. YOYO Émile, "Bordas" (1971), Bordas

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