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Congolais, coréen ou kinois? Le Musée National de la République démocratique du Congo revisité

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초록

Cette étude prend pour objet le projet de la KOICA en République Démocratique du Congo (RDC), à savoir, le don du Musée National de la République Démocratique du Congo (MNRDC) en 2019. L’analyse de la littérature académique existente montre que les cadres théoriques qui lui ont été appliqués (coopération triangulaire, décolonisation muséale et restitution) étaient parfois insatisfaisants car ils ne reflétaient pas un consensus des parties prenantes. Cette étude endosse trois focales successives - congolaise, coréenne et kinoise - afin de déterminer si les Congolais sont parvenus à s’approprier ce musée ; si les Coréens ont projeté leurs compétences muséographiques sur la culture destinataire ; ou encore, si la ville de Kinshasa ne constitue pas le meilleur écrin architectural et urbain pour juger de la réussite d’un tel projet. Les résultats de cette étude démontrent que l’idée de structurer le MNRDC autour du fleuve Congo a fomenté le sentiment d’appartenance des Congolais à une entité culturelle nationale, quoiqu’encore trop centralisatrice. Par ailleurs, la KOICA a su éviter l’écueil d’une relation verticale où le pays donateur impose une institution contraire aux attentes locales, mê̂me si la Corée a eu tendance à s’effacer du projet au point d’en négliger le suivi à long terme. En dernière analyse, le MNRDC est assimilé à une hétérotopie foucaldienne, véritable kaléidoscope des transformations de l’environnement urbain kinois. Conservatoire des cultures congolaises sans ̂être sanctuaire des restitutions post-coloniales, hub épistémique ne parvenant pas entièrement à faire écho à la culture contemporaine urbaine kinoise, le MNRDC oscille entre différentes significations qui en reflètent la richesse mais aussi les contradictions.

Abstract

Cette étude prend pour objet le projet de la KOICA en République Démocratique du Congo (RDC), à savoir, le don du Musée National de la République Démocratique du Congo (MNRDC) en 2019. L’analyse de la littérature académique existente montre que les cadres théoriques qui lui ont été appliqués (coopération triangulaire, décolonisation muséale et restitution) étaient parfois insatisfaisants car ils ne reflétaient pas un consensus des parties prenantes. Cette étude endosse trois focales successives - congolaise, coréenne et kinoise - afin de déterminer si les Congolais sont parvenus à s’approprier ce musée ; si les Coréens ont projeté leurs compétences muséographiques sur la culture destinataire ; ou encore, si la ville de Kinshasa ne constitue pas le meilleur écrin architectural et urbain pour juger de la réussite d’un tel projet. Les résultats de cette étude démontrent que l’idée de structurer le MNRDC autour du fleuve Congo a fomenté le sentiment d’appartenance des Congolais à une entité culturelle nationale, quoiqu’encore trop centralisatrice. Par ailleurs, la KOICA a su éviter l’écueil d’une relation verticale où le pays donateur impose une institution contraire aux attentes locales, mê̂me si la Corée a eu tendance à s’effacer du projet au point d’en négliger le suivi à long terme. En dernière analyse, le MNRDC est assimilé à une hétérotopie foucaldienne, véritable kaléidoscope des transformations de l’environnement urbain kinois. Conservatoire des cultures congolaises sans ̂être sanctuaire des restitutions post-coloniales, hub épistémique ne parvenant pas entièrement à faire écho à la culture contemporaine urbaine kinoise, le MNRDC oscille entre différentes significations qui en reflètent la richesse mais aussi les contradictions.

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