랭보의 「여름날, 아침 네 시 A quatre heures du matin, l'été」와 베를렌의 「그대 떠나기 전 Avant que tu ne t'en ailles」의 상호텍스트성
Intertextualité entre A quatre heures du matin, l'été de Rimbaud et Avant que tu ne t'en ailles de Verlaine
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초록
A quatre heures du matin, l'été, autre version de Bonne pensée du matin de 1872, est un des poèmes en vers insérés dans l'Alchimie du verbe d'Une saison en enfer de 1873. Ces poèmes sont datés du mai ou de l'été de 1872. On s'interroge sur l'intention de l'auteur de reprendre ces poèmes dans Une saion en enfer. L'explication traditionnelle consiste dans la palinodie où l'auteur veut nier l'expérience poétique de l'année précédente. Mais on sait qu'AndréGuyaux a douté de cette explication, alors qu'il a précisé que “le narrateur est devenu l'anthologiste de son oeuvre d''une saison'” en les illustrant. Ces avis nous donnent l'occasion de remettre en considération A quatre heures du matin, l'été dont l'intertextualitéavec Avant que tu ne t'en ailles est connue depuis longtemps sans discerner vraiment l'opération poétique au niveau de l'intertextualité. Dans cette étude, nous montrons qu'A quatre heures du matin, l'été(ou Bonne pensée du matin) reprend exactement à rebours les thèmes et les expressions de Avant que tu ne t'en ailles. La façon intertextuelle de reprendre dans l'ordre inverse les thèmes et les expressions verlainiens chez Rimbaud n'est pas la seule si nous suivons l'analyse intertextuelle d'Antoine Fongaro à propos de Veillées III de Rimbaud et de Soleils couchants de Verlaine : Rimbaud y reprend “à rebours” les thèmes et les expressions verlainiens. L'intertextualité de A quatre heures du matin, l'été éclaire des métaphores énigmatiques ou illogiques, par exemple, “Au soleil des Hespérides” et “Vénus! quitte un instant les Amants”. Selon nous “Au soleil des Hespérides” annonce les soirs verlainiens des Fêtes galantes pour arriver à “l'heure indicible” rimbaldienne à travers la nuit d'étude sur le langage. “Vénus! quitte un instant les Amants” signifie que Vénus se dirige vers les “Ouvriers” de A quatre heures du matin, l'étéen s'éloignant des “Amants” vers lesquels se tourne Vénus de Avant que tu ne t'en ailles. Cette comparaison intertextuelle montre que la poésie rimbaldienne invite le lecteur(y compris l'ancien compagnon d'enfer) à abandonner la poésie traditionnelle de l'amour qui est selon le voyant la “poésie subjective” pour assister à l'architecture langagière du voyant qui peint les “faux cieux” du matin. Le poème de Rimbaud, A quatre heures du matin, l'été, s'adresse aux 'ouvriers-voyants' en voulant présenter la 'bonne pensée' du matin au lieu de chanter la 'bonne chanson' du matin. Donc le rapprochement intertextuel de A quatre heures du matin, l'été avec Avant que tu ne t'en ailles révèle la vraie signification métaphorique du crépuscule rimbaldien à travers les quelques jeux de mots du délire ou du sophisme. Ayant présenté notre analyse intertextuelle, nous voulons à présent nous interroger sur le possible changement de sens entre Bonne pensée du matin de 1872 et A quatre heures du matin, l'été de 1873. De petites modifications ne révèlent pas de changement de sens ;cependant nous supposons que nous discernons la mort d'un noyé àla fin du poème et un changement de sens si nous prenons en compte le contexte des deux Délires d'Une saison en enfer. Par conséquent nous pensons que “l'heure indicible” rimbaldienne de la création doit beaucoup moins à la vie errante du vagabondage avec Verlaine qu'aux langages verlainiens que Rimbaud a connus avant de rencontrer Verlaine. Dans ce contexte nous lisons Une saison en enfer moins dans le contexte biographique de l'affaire de Bruxelles de 1873que dans la continuité intertextuelle du texte de Rimbaud avec celui de Verlaine. En effet, nous pensons que les rapprochements intertextuels d'Une saison en enfer et des Illuminations avec les poèmes de Verlaine peuvent éclaircir de nombreux passages hermétiques des deux dernières oeuvres rimbaldiennes.
Abstract
A quatre heures du matin, l'été, autre version de Bonne pensée du matin de 1872, est un des poèmes en vers insérés dans l'Alchimie du verbe d'Une saison en enfer de 1873. Ces poèmes sont datés du mai ou de l'été de 1872. On s'interroge sur l'intention de l'auteur de reprendre ces poèmes dans Une saion en enfer. L'explication traditionnelle consiste dans la palinodie où l'auteur veut nier l'expérience poétique de l'année précédente. Mais on sait qu'AndréGuyaux a douté de cette explication, alors qu'il a précisé que “le narrateur est devenu l'anthologiste de son oeuvre d''une saison'” en les illustrant. Ces avis nous donnent l'occasion de remettre en considération A quatre heures du matin, l'été dont l'intertextualitéavec Avant que tu ne t'en ailles est connue depuis longtemps sans discerner vraiment l'opération poétique au niveau de l'intertextualité. Dans cette étude, nous montrons qu'A quatre heures du matin, l'été(ou Bonne pensée du matin) reprend exactement à rebours les thèmes et les expressions de Avant que tu ne t'en ailles. La façon intertextuelle de reprendre dans l'ordre inverse les thèmes et les expressions verlainiens chez Rimbaud n'est pas la seule si nous suivons l'analyse intertextuelle d'Antoine Fongaro à propos de Veillées III de Rimbaud et de Soleils couchants de Verlaine : Rimbaud y reprend “à rebours” les thèmes et les expressions verlainiens. L'intertextualité de A quatre heures du matin, l'été éclaire des métaphores énigmatiques ou illogiques, par exemple, “Au soleil des Hespérides” et “Vénus! quitte un instant les Amants”. Selon nous “Au soleil des Hespérides” annonce les soirs verlainiens des Fêtes galantes pour arriver à “l'heure indicible” rimbaldienne à travers la nuit d'étude sur le langage. “Vénus! quitte un instant les Amants” signifie que Vénus se dirige vers les “Ouvriers” de A quatre heures du matin, l'étéen s'éloignant des “Amants” vers lesquels se tourne Vénus de Avant que tu ne t'en ailles. Cette comparaison intertextuelle montre que la poésie rimbaldienne invite le lecteur(y compris l'ancien compagnon d'enfer) à abandonner la poésie traditionnelle de l'amour qui est selon le voyant la “poésie subjective” pour assister à l'architecture langagière du voyant qui peint les “faux cieux” du matin. Le poème de Rimbaud, A quatre heures du matin, l'été, s'adresse aux 'ouvriers-voyants' en voulant présenter la 'bonne pensée' du matin au lieu de chanter la 'bonne chanson' du matin. Donc le rapprochement intertextuel de A quatre heures du matin, l'été avec Avant que tu ne t'en ailles révèle la vraie signification métaphorique du crépuscule rimbaldien à travers les quelques jeux de mots du délire ou du sophisme. Ayant présenté notre analyse intertextuelle, nous voulons à présent nous interroger sur le possible changement de sens entre Bonne pensée du matin de 1872 et A quatre heures du matin, l'été de 1873. De petites modifications ne révèlent pas de changement de sens ;cependant nous supposons que nous discernons la mort d'un noyé àla fin du poème et un changement de sens si nous prenons en compte le contexte des deux Délires d'Une saison en enfer. Par conséquent nous pensons que “l'heure indicible” rimbaldienne de la création doit beaucoup moins à la vie errante du vagabondage avec Verlaine qu'aux langages verlainiens que Rimbaud a connus avant de rencontrer Verlaine. Dans ce contexte nous lisons Une saison en enfer moins dans le contexte biographique de l'affaire de Bruxelles de 1873que dans la continuité intertextuelle du texte de Rimbaud avec celui de Verlaine. En effet, nous pensons que les rapprochements intertextuels d'Une saison en enfer et des Illuminations avec les poèmes de Verlaine peuvent éclaircir de nombreux passages hermétiques des deux dernières oeuvres rimbaldiennes.
참고문헌 (12)
- Margaret Davies, "Rimbaud's 'Bonne Pensée du Matin'", French Studies, ~ (1971)
- Marc Eigeldinger, "L'image de 'l'heure indicible', Rimbaud à la loupe", Hommage à C. A. Hackett, Parade sauvage, Colloque n° 2 (10-12 Septembre 1987) (1990)
- Antoine Fongaro, "Les échos verlainiens chez Rimbaud et le problème des Illuminations", Revue des Sciences humaines (1962)
- Antoine Fongaro, "De la lettre à l'esprit, pour lire les Illuminations" (2004), Honoré Champion
- André Guyaux, "Duplicités de Rimbaud" (1991), Champion-Slatkine
- Mario Richter, "Une 'étude' : 'A quatre heures du matin, l'été', Rimbaud à la loupe", Hommage à C. A. Hackett, Parade sauvage, Colloque n° 2 (10-12 Septembre 1987) (1990)
- Arthur Rimbaud, "OEuvres de Rimbaud" (1991), Classiques Garnier
- Arthur Rimbaud, "L'oeuvre intégrale manuscrite, t. 2" (2004), textuel
- Arthur Rimbaud, "OEuvres complètes. Poésies, prose et correspondance, introduction, chronologie, édition, notes, notices et biographie par Pierre Brunel" (1999), Librairie Générale Française
- Arthur Rimbaud, "OEuvres complètes, édition établie par André Guyaux, avec la collaboration d'Aurélia Cervoni" (2009), Gallimard
- Paul Verlaine, "Poèmes saturniens, introduction et notes par Martine Bercot" (1996), Librairie Générale Française
- Paul Verlaine, "Fêtes galantes, précédé de Les Amies et suivi de La Bonne Chanson, édition critique établie, annotée et présentée par Olivier Bivort" (2000), Librairie Générale Française
