『성 앙뜨완느의 유혹』(1849년), 논리와 反논리의 수사학
La tentation de saint Antoine (version de 1849) : rhétorique d'une logique et d'une anti-logique
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D'après la Vie d'Antoine écrite en grec 357 par l'évêque d'Alexandrie Athanase, la tradition théâtrale, d'une part, continue à transmettre cette histoire de l'ermite se battant héroïquement avec ses propres hallucinations. Ce sont Mystère, marionnettes, ballet-pantomime, pot-pourri et ombres chinoises. D'autre part, c'est la tradition picturale de l'école flamande qui a diffusé l'histoire du combat d'Antoine dans le monde entier. Aux musées des grandes villes comme Madrid, Lisbonne, Vienne, Venise et Bruxelles, on peut voir les tableaux de Hieronymus Bosch, ceux de Pieter Bruegel et ceux de Jacques Callot, avec autant de copies. Au XIXe siècle, Flaubert tente une nouvelle histoire d'Antoine, qui sera, à son tour, source de représentations théâtrales comme celles de Maurice Béjart, Jean Manuel Florensa, Jean-Marie Villégier, et picturales comme celles de Odilon Redon, Paul Cézanne. La tentation de saint Antoine connaît trois versions. En 1849, Flaubert a fini la première en 541 feuillets; ensuite, en 1857, il l'a simplement élaguée en 193 feuillets et enfin l'a entièrement refaite et publiée en 1874. Ce travail successif est la recherche d'un plan qui semblait manquer à la première version. A propos des personnages, deux particularités nous frappent, à savoir l'insertion de la ‘Logique' dans la liste des Péchés Capitaux - ce qui est une entorse à la tradition chrétienne - et la manière de faire paraître des personnages, soit permanents sur la scène visibles ou invisibles, soit présentés en groupes qui ne se rencontrent jamais entre eux. Les premiers sont Antoine, le Diable, les Péchés et le Cochon ; les seconds sont les Hérésies, la Science, les figures de l'épisode des Visions, les Animaux fantastiques, la Mort, les Dieux de l'humanité. L'invention du personnage de la Logique ainsi que cette manière de présenter sur la scène les personnages historiques se proposeraient de mener "la déduction des idées" pour que l'oeuvre réalise l'acte de penser et qu'elle devienne une Pensée elle-même. La déduction des idées se déroule en trois phases : la phase du système du spiritualisme (dualité), celle du matérialisme (unité) et celle de la métaphysique de l'Infini. Logique exécute son rôle de logicien spécialement dans la phase de la religion chrétienne. Flaubert a noté le rôle de la Logique (nommée d'abord Philosophie ensuite Logique) dans le premier scénario de la première Tentation (f. 87 recto du manuscrit des Nouvelles acquisitions françaises 23671 de la Bibliothèque de France) : "Il combattra les péchés par des arguments religieux. La Philosophie y mêlera des arguments logiques, de là le règne de l'esprit en tant que force séparée hors de Dieu vertige de la pensée". Le personnage de la Logique, en effet, en philosophe muni d'une philosophie naturelle de la Grèce antique et d'une pensée panthéiste, argumente contre les dogmes de l'Eglise : la Trinité, l'Incarnation de Jésus, le Bien et le Mal. En partant de la supposition soutenue par la logique d'Antoine, c'est-à-dire l'idée transcendante, la Logique argumente en appliquant sa logique matérialiste qui est une anti-logique par rapport à celle d'Antoine, et elle arrive à prouver la non-logique de la Foi d'Antoine et à la rendre absurde. En seconde phase, la Logique fait voir à Antoine le monde en matérialiste à travers une série d'hallucinations sans discussion verbale. En troisième phase, le Diable tâche de réconcilier deux façons de voir les choses par le vol métaphysique vers le Un, c'est-à-dire par la dialectique. Le Diable dit : “Dieu vit donc dans la vie, se pense dans la pensée ; du moment que tu es, il est en toi ; dès l'instant que tu le comprends, tu es en lui ; il est toi, tu es lui, et il n'y a qu'Un.” Le mysticisme d'Antoine y trouvera son explication : Dieu en soi. Aux défilés des Dieux de l'humanité inventés par l'esprit de l'Homme, Antoine verra l'avenir de sa Foi tandis que Flaubert achève la contemplation de l'Absolu. Flaubert tout en restant schismatique reconnaît et respecte le sentiment religieux de l'Homme. La Logique en tant que moteur, déclenchant le conflit des idées et menant déduction-induction par sa logique démonstrative, deveint elle-même le fil conducteur du drame en faisant un collier avec des perles.
Abstract
D'après la Vie d'Antoine écrite en grec 357 par l'évêque d'Alexandrie Athanase, la tradition théâtrale, d'une part, continue à transmettre cette histoire de l'ermite se battant héroïquement avec ses propres hallucinations. Ce sont Mystère, marionnettes, ballet-pantomime, pot-pourri et ombres chinoises. D'autre part, c'est la tradition picturale de l'école flamande qui a diffusé l'histoire du combat d'Antoine dans le monde entier. Aux musées des grandes villes comme Madrid, Lisbonne, Vienne, Venise et Bruxelles, on peut voir les tableaux de Hieronymus Bosch, ceux de Pieter Bruegel et ceux de Jacques Callot, avec autant de copies. Au XIXe siècle, Flaubert tente une nouvelle histoire d'Antoine, qui sera, à son tour, source de représentations théâtrales comme celles de Maurice Béjart, Jean Manuel Florensa, Jean-Marie Villégier, et picturales comme celles de Odilon Redon, Paul Cézanne. La tentation de saint Antoine connaît trois versions. En 1849, Flaubert a fini la première en 541 feuillets; ensuite, en 1857, il l'a simplement élaguée en 193 feuillets et enfin l'a entièrement refaite et publiée en 1874. Ce travail successif est la recherche d'un plan qui semblait manquer à la première version. A propos des personnages, deux particularités nous frappent, à savoir l'insertion de la ‘Logique' dans la liste des Péchés Capitaux - ce qui est une entorse à la tradition chrétienne - et la manière de faire paraître des personnages, soit permanents sur la scène visibles ou invisibles, soit présentés en groupes qui ne se rencontrent jamais entre eux. Les premiers sont Antoine, le Diable, les Péchés et le Cochon ; les seconds sont les Hérésies, la Science, les figures de l'épisode des Visions, les Animaux fantastiques, la Mort, les Dieux de l'humanité. L'invention du personnage de la Logique ainsi que cette manière de présenter sur la scène les personnages historiques se proposeraient de mener "la déduction des idées" pour que l'oeuvre réalise l'acte de penser et qu'elle devienne une Pensée elle-même. La déduction des idées se déroule en trois phases : la phase du système du spiritualisme (dualité), celle du matérialisme (unité) et celle de la métaphysique de l'Infini. Logique exécute son rôle de logicien spécialement dans la phase de la religion chrétienne. Flaubert a noté le rôle de la Logique (nommée d'abord Philosophie ensuite Logique) dans le premier scénario de la première Tentation (f. 87 recto du manuscrit des Nouvelles acquisitions françaises 23671 de la Bibliothèque de France) : "Il combattra les péchés par des arguments religieux. La Philosophie y mêlera des arguments logiques, de là le règne de l'esprit en tant que force séparée hors de Dieu vertige de la pensée". Le personnage de la Logique, en effet, en philosophe muni d'une philosophie naturelle de la Grèce antique et d'une pensée panthéiste, argumente contre les dogmes de l'Eglise : la Trinité, l'Incarnation de Jésus, le Bien et le Mal. En partant de la supposition soutenue par la logique d'Antoine, c'est-à-dire l'idée transcendante, la Logique argumente en appliquant sa logique matérialiste qui est une anti-logique par rapport à celle d'Antoine, et elle arrive à prouver la non-logique de la Foi d'Antoine et à la rendre absurde. En seconde phase, la Logique fait voir à Antoine le monde en matérialiste à travers une série d'hallucinations sans discussion verbale. En troisième phase, le Diable tâche de réconcilier deux façons de voir les choses par le vol métaphysique vers le Un, c'est-à-dire par la dialectique. Le Diable dit : “Dieu vit donc dans la vie, se pense dans la pensée ; du moment que tu es, il est en toi ; dès l'instant que tu le comprends, tu es en lui ; il est toi, tu es lui, et il n'y a qu'Un.” Le mysticisme d'Antoine y trouvera son explication : Dieu en soi. Aux défilés des Dieux de l'humanité inventés par l'esprit de l'Homme, Antoine verra l'avenir de sa Foi tandis que Flaubert achève la contemplation de l'Absolu. Flaubert tout en restant schismatique reconnaît et respecte le sentiment religieux de l'Homme. La Logique en tant que moteur, déclenchant le conflit des idées et menant déduction-induction par sa logique démonstrative, deveint elle-même le fil conducteur du drame en faisant un collier avec des perles.
참고문헌 (35)
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- Flaubert (Gustave), "La Première et la Deuxiéme Tentation de saint Antoine 1849 et 1856" (1856), l'Honnête Homme
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