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역사의 허구화와 정체성 탐구 : 안 에베르의 『최초의 정원』

Fictionnalisation de l'histoire et quête d'identité : Le premier jardin d'Anne Hébert

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Si la littérature québecoise a fait la promotion des origines sur le plan du mythe, c'est qu'il était question du destin collectif à poursuivre et à réorienter aprés la Conquête. L'origine a dû être le temps où on pouvait construire l'identité des peuples conquis, et la promesse tendue vers l'avenir heureux. Et donc, la plupart des historiens ont réinterprétéla Nouvelle France : elle devient l'âge d'or où on "fait fleurir et fortifier la précieuse semence de la vérité naturelle restée dans l'homme aprés la chute". Anne Hébert accepte cette tradition romanesque dans son roman Le premier jardin. Flora Fontanges, héroïne du roman recourt à la mémoire de l'origine pour "débusquer tous les fantômes" et tous les tourments de son passérefoulé. En fait, ce recours à la mémoire est bien lié à la nostalgie de sa mère qu'elle n'a jamais connue mais dont l'absence la hante encore. S'explique ainsi l'étrange fascination qu'exercent sur Flora les mères de la Nouvelle France. Mais si ces "premières mères" sont considérées comme mères du pays, c'est que l'idéologie hébertienne exerce, nous semble-t-il, une influence sur cette réinterprétation idéologique de l'Histoire. S'il est question des hommes de l'Histoire, ce n'est qu'en passant. Le père est marginal, non essentiel ; seule compte la relation mère-fille. Même si la mémoire de Flora appartient à son histoire personnelle, mais en tenant compte du fait qu'elle correspond à la mémoire du pays, soit nationale, soit collective, on peut penser que notre auteure ouvre la voie au mythe de la femme vers lequel se gravitent la contestation de la société androcentrique et la constitution de l'Histoire des femmes. Marie est partie pour le vieux continent en refusant les rôles définis par les conventions sociales pour créer l'histoire personnelle qu'elle désire et renaître sous une autre forme, et son interprétation théâtrale n'est-elle pas une quête de soi, une tentative de constitution de l'histoire personnelle et un désir d'assumer sa subjectivité? Ainsi, un être humain qui, en regardant son passé refouléen face, s'efforce de le surmonter et celui qui considère la mémoire de l'Histoire et son passé comme ses perspectives d'avenir se côtoient. Si cet accomplissement d'un être maintient son authenticité, c'est qu'au moment où Flora fait le deuil de sa mère et de sa fille, elle accepte non seulement le passé, mais aussi l'avenir, en comprenant qu'elle ne peut plus "tenir Winnie à l'écart, encore un peu de temps, comme sa propre vieillesse, en marche vers elle"(PJ, 35). Cette réconciliation de Flora avec les étapes de sa vie nous conduit à l'anayse d'Éric Falardeau qui remplacera notre dernier mot. Son[Flora] parcours mémoriel lui a permis de définir son identité. Le présent a fortement réinterprété le passé; et le passé, dans un perpétuel mouvement d'aller et retour, a réinterprété le présent; la médiation de l'Histoire s'est faite dans les deux sens; du présent au passé et du passé au présent. Le saut dans le passé répare la faute originelle: Flora se réconcilie avec son identité culturelle jadis divisée entre la France et l'Angleterre. (...) en tant qu'instance productrice, le roman historique projette la passé dans l'avenir, à partir d'un présent qui baigne dans les idéologies.

Abstract

Si la littérature québecoise a fait la promotion des origines sur le plan du mythe, c'est qu'il était question du destin collectif à poursuivre et à réorienter aprés la Conquête. L'origine a dû être le temps où on pouvait construire l'identité des peuples conquis, et la promesse tendue vers l'avenir heureux. Et donc, la plupart des historiens ont réinterprétéla Nouvelle France : elle devient l'âge d'or où on "fait fleurir et fortifier la précieuse semence de la vérité naturelle restée dans l'homme aprés la chute". Anne Hébert accepte cette tradition romanesque dans son roman Le premier jardin. Flora Fontanges, héroïne du roman recourt à la mémoire de l'origine pour "débusquer tous les fantômes" et tous les tourments de son passérefoulé. En fait, ce recours à la mémoire est bien lié à la nostalgie de sa mère qu'elle n'a jamais connue mais dont l'absence la hante encore. S'explique ainsi l'étrange fascination qu'exercent sur Flora les mères de la Nouvelle France. Mais si ces "premières mères" sont considérées comme mères du pays, c'est que l'idéologie hébertienne exerce, nous semble-t-il, une influence sur cette réinterprétation idéologique de l'Histoire. S'il est question des hommes de l'Histoire, ce n'est qu'en passant. Le père est marginal, non essentiel ; seule compte la relation mère-fille. Même si la mémoire de Flora appartient à son histoire personnelle, mais en tenant compte du fait qu'elle correspond à la mémoire du pays, soit nationale, soit collective, on peut penser que notre auteure ouvre la voie au mythe de la femme vers lequel se gravitent la contestation de la société androcentrique et la constitution de l'Histoire des femmes. Marie est partie pour le vieux continent en refusant les rôles définis par les conventions sociales pour créer l'histoire personnelle qu'elle désire et renaître sous une autre forme, et son interprétation théâtrale n'est-elle pas une quête de soi, une tentative de constitution de l'histoire personnelle et un désir d'assumer sa subjectivité? Ainsi, un être humain qui, en regardant son passé refouléen face, s'efforce de le surmonter et celui qui considère la mémoire de l'Histoire et son passé comme ses perspectives d'avenir se côtoient. Si cet accomplissement d'un être maintient son authenticité, c'est qu'au moment où Flora fait le deuil de sa mère et de sa fille, elle accepte non seulement le passé, mais aussi l'avenir, en comprenant qu'elle ne peut plus "tenir Winnie à l'écart, encore un peu de temps, comme sa propre vieillesse, en marche vers elle"(PJ, 35). Cette réconciliation de Flora avec les étapes de sa vie nous conduit à l'anayse d'Éric Falardeau qui remplacera notre dernier mot. Son[Flora] parcours mémoriel lui a permis de définir son identité. Le présent a fortement réinterprété le passé; et le passé, dans un perpétuel mouvement d'aller et retour, a réinterprété le présent; la médiation de l'Histoire s'est faite dans les deux sens; du présent au passé et du passé au présent. Le saut dans le passé répare la faute originelle: Flora se réconcilie avec son identité culturelle jadis divisée entre la France et l'Angleterre. (...) en tant qu'instance productrice, le roman historique projette la passé dans l'avenir, à partir d'un présent qui baigne dans les idéologies.

참고문헌 (18)

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  14. Marchese(Elena), "Le Premier jardin d’Anne Hébert et La maison Trestler de Madeleine Ouellette Michalska", Studies in Canadian Literature Annual, 27(1), pp.105~119 (2002)
  15. Paterson (Janet), "Anne Hébert. Architexture romanesqu" (1985), Éditions de l'université d'Ottwa
  16. Saint-Martin(Lori), "Les premières mères,Le Premier Jardin", Voix et Images, 20(3), pp.667~681 (1995)
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