메리메의 Carmen과 고다르의 < Prénom Carmen >의 상관성
Étude comparative entre Carmen de Mérimée et Prénom Carmen de Godard
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초록
Le film <Prénom Carmen>(1983) de Jean-Luc Godard a été réalisé sur le thème de la femme fatale dans Carmen(1845), le roman célèbre de Prosper Mérimé. Dans ce travail, nous présentons une étude comparative entre le roman Carmen et le film Prénom Carmen. Carmen est racontée par un narrateur à la première personne, un archéologue qui au cours d'un voyage en Andalousie rencontre Don José, qui sera lui-même au troisième chapitre le deuxième narrateur, relais du premier. C'est de la bouche de José se confessant à l'archéologue qu'on connaîtra son aventure avec Carmen et le meurtre qui le mène à la condamnation à mort. Dès lors, le lecteur de la nouvelle a un point de vue particulier sur les personnages et l'intrigue, celui du narrateur, puis celui de José. Le dernier chapitre de la nouvelle redonne la parole au premier narrateur qui, à la suite des derniers mots de José sur les Calé, se livre à un véritable cours d'ethnologie sur les bohémiens. Le mythe de Carmen est un mythe moderne, il ne prend pas son origine dans la vieille civilisation gréco-latine. Né au XIXe siècle français et bourgeois, sous la plume de Prosper Mérimé, Carmen s'est épanoui à la fin du siècle, et n'a pas cessé depuis de hanter l'imaginaire européen. Beaucoup d'auteurs qui ont accepté de s'y intéresser, pour le plaisir des lecteurs, ont donc donné leur interprétation de Carmen. Pour le récit narratif sur <Prénom Carmen> né sous le mythe de Carmen, la belle terroriste Carmen et un jeune policier, Joseph tombent amoureux l'un de l'autre. Enfin, elle, comme Carmen de Merimé, fait échouer la vie de Joseph et le projet de ses collègues. Ce récit superpose en montage parallèle un autre récit, aussi abstrait que possible : un quatuor à cordes répétant des quatours de Beethoven présentés dans l'ordre de leur composition, qui est la seconde structure narrative de ce film, et c'est la spécificité du film de Godard. L'écoute et le dialogue musicaux qui sont au coeur de ces scènes, sortes de paradis des relations humaines, font constraste radicalement avec l'incomplétude et le conflit des sexes qui se joue entre Carmen et son amant Joseph. Pour la troisième structure narrative, dans ce film, Godard lui-même apparaît, non sous la forme impérieuse et démiurgique du créateur, mais sous celle d'un personnage comique, réalisateur lessivé et à demi fou, un innocent qui dit toujours la vérité, et qui traverse l'intrigue comme dans un rêve. Alors, il fait un documentaire, en écrivant son idée concernant tous les problèmes politiques, économiques et de société. Enfin, par rapport au nom de personnage et à la formule de développement de l'intrigue, Godard a fait ressembler <Prénom Carmen> à Carmen de Merimée. Cependant, si Merimée a fait Carmen, qui est espagnole, gitane, sorcière et fille du diable, sans banalité aucune, un mythe de l'amour et de la mort pour une vie libérale, Godard a fait Carmen le symbole de la femme moderne, intelligente ayant le leadership affirmé et masculin, sans recréer aucun mythe de la déesse moderne. En fin de compte, Godard n'a ni adapté ni copié le roman de Merimée pour ce film. <Prénom Carmen> est un simulacre de Carmen dont Deleuze a parlé.
Abstract
Le film <Prénom Carmen>(1983) de Jean-Luc Godard a été réalisé sur le thème de la femme fatale dans Carmen(1845), le roman célèbre de Prosper Mérimé. Dans ce travail, nous présentons une étude comparative entre le roman Carmen et le film Prénom Carmen. Carmen est racontée par un narrateur à la première personne, un archéologue qui au cours d'un voyage en Andalousie rencontre Don José, qui sera lui-même au troisième chapitre le deuxième narrateur, relais du premier. C'est de la bouche de José se confessant à l'archéologue qu'on connaîtra son aventure avec Carmen et le meurtre qui le mène à la condamnation à mort. Dès lors, le lecteur de la nouvelle a un point de vue particulier sur les personnages et l'intrigue, celui du narrateur, puis celui de José. Le dernier chapitre de la nouvelle redonne la parole au premier narrateur qui, à la suite des derniers mots de José sur les Calé, se livre à un véritable cours d'ethnologie sur les bohémiens. Le mythe de Carmen est un mythe moderne, il ne prend pas son origine dans la vieille civilisation gréco-latine. Né au XIXe siècle français et bourgeois, sous la plume de Prosper Mérimé, Carmen s'est épanoui à la fin du siècle, et n'a pas cessé depuis de hanter l'imaginaire européen. Beaucoup d'auteurs qui ont accepté de s'y intéresser, pour le plaisir des lecteurs, ont donc donné leur interprétation de Carmen. Pour le récit narratif sur <Prénom Carmen> né sous le mythe de Carmen, la belle terroriste Carmen et un jeune policier, Joseph tombent amoureux l'un de l'autre. Enfin, elle, comme Carmen de Merimé, fait échouer la vie de Joseph et le projet de ses collègues. Ce récit superpose en montage parallèle un autre récit, aussi abstrait que possible : un quatuor à cordes répétant des quatours de Beethoven présentés dans l'ordre de leur composition, qui est la seconde structure narrative de ce film, et c'est la spécificité du film de Godard. L'écoute et le dialogue musicaux qui sont au coeur de ces scènes, sortes de paradis des relations humaines, font constraste radicalement avec l'incomplétude et le conflit des sexes qui se joue entre Carmen et son amant Joseph. Pour la troisième structure narrative, dans ce film, Godard lui-même apparaît, non sous la forme impérieuse et démiurgique du créateur, mais sous celle d'un personnage comique, réalisateur lessivé et à demi fou, un innocent qui dit toujours la vérité, et qui traverse l'intrigue comme dans un rêve. Alors, il fait un documentaire, en écrivant son idée concernant tous les problèmes politiques, économiques et de société. Enfin, par rapport au nom de personnage et à la formule de développement de l'intrigue, Godard a fait ressembler <Prénom Carmen> à Carmen de Merimée. Cependant, si Merimée a fait Carmen, qui est espagnole, gitane, sorcière et fille du diable, sans banalité aucune, un mythe de l'amour et de la mort pour une vie libérale, Godard a fait Carmen le symbole de la femme moderne, intelligente ayant le leadership affirmé et masculin, sans recréer aucun mythe de la déesse moderne. En fin de compte, Godard n'a ni adapté ni copié le roman de Merimée pour ce film. <Prénom Carmen> est un simulacre de Carmen dont Deleuze a parlé.
참고문헌 (31)
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