에메 세제르의 『그런데 개들은 짖지 않았다』에 나타나는 반식민주의 투사의 죽음 앞에서의 변모 과정
Parcours de la métamorphose d’un combattant anticolonialiste face à la mort dans Et les chiens se taisaient d’Aimé Césaire
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Ce qui nous intéresse particulièrement dans Et les chiens se taisaient d’Aimé Césaire, c’est que le Rebelle, héros anticolonialiste, connaît un véritable parcours de métamorphose dans les derniers moments de sa vie. Le Rebelle est en prison, condamné à mort d’avoir assassiné son maître blanc et dans un premier temps, il se trouve complètement obsédé par la mort. Sans aucun espoir de vivre, il ne cesse de prier auprès de la mort de prendre pitié de lui. Pris d'un accès de folie, il est en délire permanent, parsemé de vives hallucinations. Notre héros vit vraiment dans une angoisse de mort aiguë. D’autre part, le Rebelle vient à revivre son passé avant de mourir. Il se rappelle surtout ses blessures infligées par les Blancs, des blessures douloureuses profondément enracinées dans sa mémoire. Les Noirs vivaient ainsi une véritable humiliation d'avoir à accepter une condition imposée de toute pièce par autrui sans en avoir nullement décidé individuellement ou collectivement ‘condition entièrement façonnée en dehors d’eux’ et ressentaient ainsi la sensation d'avoir été littéralement arrachés à leurs racines primitives nègres (ethniques, culturelles, géographiques ou linguistiques) ‘la souche originelle du nègre’. Le Rebelle ressasse ses souvenirs au temps de la traite où les esclaves noirs avaient été acheminés au fond des cales d'un bateau, entassés comme de vulgaires animaux ont été transportés comme du bétail dans les cales des navires négriers’ afin de rejoindre l'autre côté de l’Atlantique. Il évoque aussi qu’aux Antilles, les nègres évadés avaient été chassés et souvent tués cruellement par les suppôts noirs de maître esclavagiste dit ‘chiens’. C’est en se souvenant du passé que le Rebelle se révolte de nouveau et quitte ainsi l’angoisse de la mort. La mutation opère et il devient un homme bien différent d'avant. En préférant être un grain de blé qui meurt dans l'espoir de porter beaucoup de fruits, le Rebelle se décide à oser contester le système colonial dans le but de devenir un glorieux martyr. Il refuse résolument le compromis proposé en dépit des sollicitations de son amante et de sa mère qui le supplie de l'accepter pour sauver sa vie. Débarrassé de sentiments et désirs personnels, il surmonte enfin la haine aveugle et revendique l’universalisme, le vrai, qui permet à toutes les races de s’harmoniser et d’être en paix entre elles. Le Rebelle achève ainsi son parcours de métamorphose face à la mort et cela affirme la naissance d’un vrai combattant contre le colonialisme. Les blancs colonialistes se moquent du Rebelle métamorphosé et le torturent en finissant par le tuer. Même ses compatriotes ne le comprennent pas et le critiquent vivement par peur de partager la passion révolutionnaire du Rebelle. Alors le héros reste seul, incompris et forcé à mourir. On comprend pourquoi la pièce est une tragédie. On comprend la prédiction de l’Écho : “il n’y aura pas de drapeau même noir” pour sa mort et “ce sera très simple quelque chose qui de l’ordre évident ne déplacera rien”. Son trépas clôt son combat. A l'inverse, comme le dit encore l’Écho, la mort du Rebelle est une chose “qui fait que les coraux au fond de la mer, les oiseaux au fond du ciel, les étoiles au fond des yeux des femmes tressailliront le temps d’une larme ou d’un battement de paupière”, une reconnaissance vue comme les prémices d'une naissance, sans doute celle de la Négritude. Ce sera ‘quelque chose comme une naissance’. Et les chiens se taisaient est une pièce de théâtre réécrite à partir du poème du même titre d’Aimé Césaire pour toucher ses compatriotes quasiment analphabètes. La pièce retrace et analyse ‘la révolte noire contre les déterminismes blancs’ et son échec. Il est donc sûr que l’auteur veut que la réception de cette pièce crée auprès de ses spectateurs compatriotes noirs une prise de conscience sur leur situation sociale et historique et une découverte de leur tâche à accomplir. On peut donc reconnaître que, pour Aimé Césaire, le théâtre est avant tout une ‘manifestation sociale’ et ainsi doit assumer la fonction de création sociale.
Abstract
Ce qui nous intéresse particulièrement dans Et les chiens se taisaient d’Aimé Césaire, c’est que le Rebelle, héros anticolonialiste, connaît un véritable parcours de métamorphose dans les derniers moments de sa vie. Le Rebelle est en prison, condamné à mort d’avoir assassiné son maître blanc et dans un premier temps, il se trouve complètement obsédé par la mort. Sans aucun espoir de vivre, il ne cesse de prier auprès de la mort de prendre pitié de lui. Pris d'un accès de folie, il est en délire permanent, parsemé de vives hallucinations. Notre héros vit vraiment dans une angoisse de mort aiguë. D’autre part, le Rebelle vient à revivre son passé avant de mourir. Il se rappelle surtout ses blessures infligées par les Blancs, des blessures douloureuses profondément enracinées dans sa mémoire. Les Noirs vivaient ainsi une véritable humiliation d'avoir à accepter une condition imposée de toute pièce par autrui sans en avoir nullement décidé individuellement ou collectivement ‘condition entièrement façonnée en dehors d’eux’ et ressentaient ainsi la sensation d'avoir été littéralement arrachés à leurs racines primitives nègres (ethniques, culturelles, géographiques ou linguistiques) ‘la souche originelle du nègre’. Le Rebelle ressasse ses souvenirs au temps de la traite où les esclaves noirs avaient été acheminés au fond des cales d'un bateau, entassés comme de vulgaires animaux ont été transportés comme du bétail dans les cales des navires négriers’ afin de rejoindre l'autre côté de l’Atlantique. Il évoque aussi qu’aux Antilles, les nègres évadés avaient été chassés et souvent tués cruellement par les suppôts noirs de maître esclavagiste dit ‘chiens’. C’est en se souvenant du passé que le Rebelle se révolte de nouveau et quitte ainsi l’angoisse de la mort. La mutation opère et il devient un homme bien différent d'avant. En préférant être un grain de blé qui meurt dans l'espoir de porter beaucoup de fruits, le Rebelle se décide à oser contester le système colonial dans le but de devenir un glorieux martyr. Il refuse résolument le compromis proposé en dépit des sollicitations de son amante et de sa mère qui le supplie de l'accepter pour sauver sa vie. Débarrassé de sentiments et désirs personnels, il surmonte enfin la haine aveugle et revendique l’universalisme, le vrai, qui permet à toutes les races de s’harmoniser et d’être en paix entre elles. Le Rebelle achève ainsi son parcours de métamorphose face à la mort et cela affirme la naissance d’un vrai combattant contre le colonialisme. Les blancs colonialistes se moquent du Rebelle métamorphosé et le torturent en finissant par le tuer. Même ses compatriotes ne le comprennent pas et le critiquent vivement par peur de partager la passion révolutionnaire du Rebelle. Alors le héros reste seul, incompris et forcé à mourir. On comprend pourquoi la pièce est une tragédie. On comprend la prédiction de l’Écho : “il n’y aura pas de drapeau même noir” pour sa mort et “ce sera très simple quelque chose qui de l’ordre évident ne déplacera rien”. Son trépas clôt son combat. A l'inverse, comme le dit encore l’Écho, la mort du Rebelle est une chose “qui fait que les coraux au fond de la mer, les oiseaux au fond du ciel, les étoiles au fond des yeux des femmes tressailliront le temps d’une larme ou d’un battement de paupière”, une reconnaissance vue comme les prémices d'une naissance, sans doute celle de la Négritude. Ce sera ‘quelque chose comme une naissance’. Et les chiens se taisaient est une pièce de théâtre réécrite à partir du poème du même titre d’Aimé Césaire pour toucher ses compatriotes quasiment analphabètes. La pièce retrace et analyse ‘la révolte noire contre les déterminismes blancs’ et son échec. Il est donc sûr que l’auteur veut que la réception de cette pièce crée auprès de ses spectateurs compatriotes noirs une prise de conscience sur leur situation sociale et historique et une découverte de leur tâche à accomplir. On peut donc reconnaître que, pour Aimé Césaire, le théâtre est avant tout une ‘manifestation sociale’ et ainsi doit assumer la fonction de création sociale.
참고문헌 (26)
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- 진종화, "에메 세제르의 『귀향수첩』에 나타나는 아나포라의 수사법", 수사학, (16), pp.167~191 (2012), 한국수사학회
- 진종화, "에메 세제르의 「크리스토프 왕의 비극」에 나타나는 탈식민화", 한국프랑스학논집, 80, pp.187~212 (2012), 한국프랑스학회
- 진종화, "생-존 페르스와 에메 세제르", 프랑스문화예술연구, 43, pp.113~139 (2013), 프랑스문화예술학회
