카멜 다우드의 『뫼르소, 살인사건』 속에 나타난 다시쓰기 전략
La stratégie de la réécriture dans Meursault, contre-enquête de Kamel Daoud
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초록
Dans cet article nous avons tenté d’aborder ce premier roman de Kamel Daoud en suivant trois thèmes ou trois axes que nous pouvons relever dans sa stratégie de réécriture. Le premier axe est “l’équilibre et la délivrance”, le deuxième, “le mythe et l’histoire”, enfin la troisième, “la langue et l’Autre”. Le premier axe de sa stratégie cherche à rééquilibrer le meurtre d’un arabe par Meursault avec un nouveau meurtre, celui d’un français par un arabe, et par cet équilibre retrouvé, les personnages se trouvent délivrés des regrets du passé. Tandis que Meursault de L'Étranger a brisé l’équilibre par son meurtre, Haroun de Meursault, contre-enquête le rétablit par la sien. Cependant si l’équilibre brisé par Meursault était un équilibre cosmique ou mythique, celui que rétablit Haroun est historique. Le deuxième axe, donc, donne à ce meurtre qui a des accents mythiques chez Camus une dimension historique dans cette Algérie où l’auteur vit. Enfin le troisième axe porte sur l’entreprise, par l’emploi de la langue française, c’est-à-dire de la langue du colonisateur, d’imposer l’altérité d’Algérien aux yeux de la France ou des français. L’arme qu’utilise Daoud n’est plus un revolver mais c’est la langue française, la langue laissée par l’agresseur. Cette arme-langue est efficace pour contraindre les forts, autrement dit les colonisateurs européens à me reconnaître comme un ‘Autre’, c’est-a-dire comme un interlocuteur à part entière et non plus comme quelque chose de négligeable (et sans nom). Ce récit est ainsi une façon, pour le romancier Kamel Daoud, de se réapproprier du même coup la philosophie de l’absurde, cette fois mise au service d’une virulente critique d’une Algérie hier colonisée et aujourd’hui embourbée dans des héritages qu’elle ne parvient pas à dépasser. En se servant ainsi du roman de Camus, un des écrivains les plus célèbres du 20e siècle, comme d'un tremplin, Kamel Daoud a réussi, semble-t-il, à imposer sa propre altérite en tant qu’écrivain sur un plan d’égalité avec les écrivains français, ainsi que l’altérité de toute l’Algérie.
Abstract
Dans cet article nous avons tenté d’aborder ce premier roman de Kamel Daoud en suivant trois thèmes ou trois axes que nous pouvons relever dans sa stratégie de réécriture. Le premier axe est “l’équilibre et la délivrance”, le deuxième, “le mythe et l’histoire”, enfin la troisième, “la langue et l’Autre”. Le premier axe de sa stratégie cherche à rééquilibrer le meurtre d’un arabe par Meursault avec un nouveau meurtre, celui d’un français par un arabe, et par cet équilibre retrouvé, les personnages se trouvent délivrés des regrets du passé. Tandis que Meursault de L'Étranger a brisé l’équilibre par son meurtre, Haroun de Meursault, contre-enquête le rétablit par la sien. Cependant si l’équilibre brisé par Meursault était un équilibre cosmique ou mythique, celui que rétablit Haroun est historique. Le deuxième axe, donc, donne à ce meurtre qui a des accents mythiques chez Camus une dimension historique dans cette Algérie où l’auteur vit. Enfin le troisième axe porte sur l’entreprise, par l’emploi de la langue française, c’est-à-dire de la langue du colonisateur, d’imposer l’altérité d’Algérien aux yeux de la France ou des français. L’arme qu’utilise Daoud n’est plus un revolver mais c’est la langue française, la langue laissée par l’agresseur. Cette arme-langue est efficace pour contraindre les forts, autrement dit les colonisateurs européens à me reconnaître comme un ‘Autre’, c’est-a-dire comme un interlocuteur à part entière et non plus comme quelque chose de négligeable (et sans nom). Ce récit est ainsi une façon, pour le romancier Kamel Daoud, de se réapproprier du même coup la philosophie de l’absurde, cette fois mise au service d’une virulente critique d’une Algérie hier colonisée et aujourd’hui embourbée dans des héritages qu’elle ne parvient pas à dépasser. En se servant ainsi du roman de Camus, un des écrivains les plus célèbres du 20e siècle, comme d'un tremplin, Kamel Daoud a réussi, semble-t-il, à imposer sa propre altérite en tant qu’écrivain sur un plan d’égalité avec les écrivains français, ainsi que l’altérité de toute l’Algérie.
참고문헌 (16)
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