앗시아 제바르와 손창섭의 비교 연구 -『프랑스어의 실종』과 『낙서족』을 중심으로
Une Étude comparative d’Assia Djebar et Sohn Tchang-Seop - Autour de La disparition de la langue française par Assia Djebar et de La génération de graffitis par Sohn Tchang-Seop
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Comparer deux oeuvres littéraires, surtout celles des zones différentes de langue, ça risque essentiellement de n’être que subjectif et arbitraire. Pourquoi, malgré cela, les comparer? Ce qui justifie cette étude comparative, c’est, pensé-je, l’éclairage réciproque des oeuvres littéraires. On pourrait le qualifier pour effet ou avantage de comparaison: le travail comparatif fait ressentir l’atmosphère et le sens des oeuvres littéraires plus clairement que l’on les interprète séparément. Assia Djebar(né 1936) est l’écrivaine algérienne d’expression française, et Sohn Tchang-Seop(1922~2010) est l’écrivain qui a écrit en coréen. A première vue, il n’y aurait rien de commun entre les deux écrivains. Mais, en examinant leurs textes, on pourrait en remarquer quelques dénominateurs ou traits communs. D’abord, ils ont en commun l’expérience de colonisation de leur pays. Ils avaient appris la langue des colonisateurs(chez la première, le français, chez le second, le japonais), et après l’indépendance de leur pays, ils sont devenus représentatifs de la littérature post-coloniale. Ensuite, dans leurs romans on peut deviner un certain conflit entre la langue maternelle et la langue acquise. Certes, Sohn Tchang-Seop, écrivain coréen, il a écrit dans sa langue maternelle, non pas en japonais mais en coréen, tandis qu’Assia Djebar, écrivaine arabe, elle écrit non pas dans l’arabe qui est sa langue maternelle mais en français. En ce sens, apparemment il semble ne pas avoir subi ce conflit langagier. Cependant, en entrant au cœur de ses œuvres, on pourrait le percevoir, tant on peut dire qu’il aurait intériorisé ce conflit, lequel s’exprimait implicitement, alégoriquement, alors qu’Assia Djebar l’a intériorisé et exprimé explicitement, directement. Enfin, ce conflit entre deux langues, il s’articule avec une certaine sexualité, c’est-à-dire avec des expériences du corps de la femme, au niveau des phénomènes textuels. En vue de l’éclairage réciproque propre à la littérature comparée, nous avons d’abord pu assurer séparément les signifiances des deux romans, à savoir La disparition de la langue française par Assia Djebar et La Génération de graffitis par Sohn Tachang-Seop. A la première vue, les deux romans semblaient n’avoir aucun rapport l'un à l’autre. Mais en interprétant à titre juste chaque roman et en éprouvant l’atmosphère de chaque roman, on peut consentir que la resemblance essentielle en soit la prise de conscience de l’entre-deux-langues et en même temps l’articulation entre le corps féminin et la langue, entre l’amour et l’écriture. Qu’est-ce qu’Assia Djebar et Sohn Tachang-Seop voulaient dire à travers son oeuvre littéraire dans son époque? En guise de conclusion, je voudrais présenter une scène tirée d'un conte intitulé Un jour férié par Sohn Tchang-Seop, dans laquelle il raconte un jeu de son héros, vieux garçon Do-Il. Il se trouve malaisé d’avoir reçu une carte d’inviation au mariage de son ancienne copine et de s’être tracassé par sa soeur cadette, sa mère, et sa fiancée. Il commence alors à jouer son jeu ordinaire pour détendre son esprit: il s’agit d’observer le bocal et d’y percer d’un coup de stylo les trois poissons(deux loches et un carassin). Je suis sûr que la scène est caratéristique de l’écriture de Sohn Tchang-Seop; elle est riche de significations symboliques. Do-il=Sohn Tchang-Seop est ici dédoublé en écrivain et en poisson; il doit vivre dans son époque comme le poisson dans son bocal, mais il peut l’observer hors du monde par la pensée. Comme lui, nous sommes pris, selon Michel Foucault, dans le discours de notre époque, mais grâce à la pensée nous pourrions aussi nous observer au dehors de notre société et même la critiquer à distance. Quelle est la différence ultime entre le discours de son époque et celui de notre époque? Est-ce qu’à notre époque l’anglais n’a pas été substitué au japonnais? L’écrivain est-il, comme dans un jeu de mot d’Assia Djebar, l’écrit vain?
Abstract
Comparer deux oeuvres littéraires, surtout celles des zones différentes de langue, ça risque essentiellement de n’être que subjectif et arbitraire. Pourquoi, malgré cela, les comparer? Ce qui justifie cette étude comparative, c’est, pensé-je, l’éclairage réciproque des oeuvres littéraires. On pourrait le qualifier pour effet ou avantage de comparaison: le travail comparatif fait ressentir l’atmosphère et le sens des oeuvres littéraires plus clairement que l’on les interprète séparément. Assia Djebar(né 1936) est l’écrivaine algérienne d’expression française, et Sohn Tchang-Seop(1922~2010) est l’écrivain qui a écrit en coréen. A première vue, il n’y aurait rien de commun entre les deux écrivains. Mais, en examinant leurs textes, on pourrait en remarquer quelques dénominateurs ou traits communs. D’abord, ils ont en commun l’expérience de colonisation de leur pays. Ils avaient appris la langue des colonisateurs(chez la première, le français, chez le second, le japonais), et après l’indépendance de leur pays, ils sont devenus représentatifs de la littérature post-coloniale. Ensuite, dans leurs romans on peut deviner un certain conflit entre la langue maternelle et la langue acquise. Certes, Sohn Tchang-Seop, écrivain coréen, il a écrit dans sa langue maternelle, non pas en japonais mais en coréen, tandis qu’Assia Djebar, écrivaine arabe, elle écrit non pas dans l’arabe qui est sa langue maternelle mais en français. En ce sens, apparemment il semble ne pas avoir subi ce conflit langagier. Cependant, en entrant au cœur de ses œuvres, on pourrait le percevoir, tant on peut dire qu’il aurait intériorisé ce conflit, lequel s’exprimait implicitement, alégoriquement, alors qu’Assia Djebar l’a intériorisé et exprimé explicitement, directement. Enfin, ce conflit entre deux langues, il s’articule avec une certaine sexualité, c’est-à-dire avec des expériences du corps de la femme, au niveau des phénomènes textuels. En vue de l’éclairage réciproque propre à la littérature comparée, nous avons d’abord pu assurer séparément les signifiances des deux romans, à savoir La disparition de la langue française par Assia Djebar et La Génération de graffitis par Sohn Tachang-Seop. A la première vue, les deux romans semblaient n’avoir aucun rapport l'un à l’autre. Mais en interprétant à titre juste chaque roman et en éprouvant l’atmosphère de chaque roman, on peut consentir que la resemblance essentielle en soit la prise de conscience de l’entre-deux-langues et en même temps l’articulation entre le corps féminin et la langue, entre l’amour et l’écriture. Qu’est-ce qu’Assia Djebar et Sohn Tachang-Seop voulaient dire à travers son oeuvre littéraire dans son époque? En guise de conclusion, je voudrais présenter une scène tirée d'un conte intitulé Un jour férié par Sohn Tchang-Seop, dans laquelle il raconte un jeu de son héros, vieux garçon Do-Il. Il se trouve malaisé d’avoir reçu une carte d’inviation au mariage de son ancienne copine et de s’être tracassé par sa soeur cadette, sa mère, et sa fiancée. Il commence alors à jouer son jeu ordinaire pour détendre son esprit: il s’agit d’observer le bocal et d’y percer d’un coup de stylo les trois poissons(deux loches et un carassin). Je suis sûr que la scène est caratéristique de l’écriture de Sohn Tchang-Seop; elle est riche de significations symboliques. Do-il=Sohn Tchang-Seop est ici dédoublé en écrivain et en poisson; il doit vivre dans son époque comme le poisson dans son bocal, mais il peut l’observer hors du monde par la pensée. Comme lui, nous sommes pris, selon Michel Foucault, dans le discours de notre époque, mais grâce à la pensée nous pourrions aussi nous observer au dehors de notre société et même la critiquer à distance. Quelle est la différence ultime entre le discours de son époque et celui de notre époque? Est-ce qu’à notre époque l’anglais n’a pas été substitué au japonnais? L’écrivain est-il, comme dans un jeu de mot d’Assia Djebar, l’écrit vain?
참고문헌 (22)
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