앗시아 제바르Assia Djebar의 글쓰기 - 타인의 언어로 역사쓰기
Ecriture d'Assia Djebar : Mon Histoire dans la langue de l'Autre
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초록
Alors que l'on prévoyait "le tarissement naturel de la littérature colonisée", la littérature algérienne d'expression française survit et poursuit son développement en intégrant une nouvelle génération d'écrivains. Une question s'impose : pourquoi les écrivains algériens continuent-ils à écrire dans la langue du colonisateur un demi-siècle après l'indépendance? Les écrivains algériens ne devraient-ils pas délaisser une langue imposée à une époque douloureuse pour exploiter pleinement leur identité littéraire nationale? Notre objectif est d'essayer de trouver une réponse à ces questions en étudiant le rapport que l'écrivain maghrébin entretient avec la langue de l'ancienne puissance coloniale. Assia Djebar, romancière algérienne de renommée internationale, nous semble représentative de cette problématique, non seulement par ses oeuvres abondantes écrites en français, mais aussi par sa conscience très aiguë du sens porté par l'emploi de cette langue. Sa réflexion sur sa relation avec le français constitue une des thématiques fondamentales qui parcourt toute son oeuvre. Elle fut initiée au français par son père instituteur et fit ses études secondaires en France. La guerre d'indépendance l'obligea à rentrer en Algérie où elle entama une carrière universitaire. Elle écrivit son premier roman en 1957: Le Soif. Quatre romans suivirent avant qu'elle n'abandonne brusquement l'écriture. La mise à nu qu'est l'écriture provoqua un sentiment de malaise insurmontable chez cette auteur, élevée dans la culture arabe. La langue de sa création romanesque était celle de l'ancien oppresseur et perturbait l'intégrité de son identité. Eut-elle écrit en en arabe qu'il en eut-été autrement? Sa tentative de produire en arabe fut pourtant infructueuse. Pendant ses années de silence, elle fit cependant une expérience qui la réconcilia avec la langue française et lui permit d'accepter son bilinguisme. Il s'agit de la réalisation d'un documentaire sur les femmes de sa tribu qui participèrent à la Guerre d'Algérie. Ce retour au pays de son enfance lui permit de prendre conscience d'une nouvelle dimension de son role d'écrivain qui influença toute sa création ultérieure: l'Histoire et la femme. Cette prise de conscience la décida à relancer son activité littéraire. Elle appréhende l'écriture comme le moyen de reconstituer une histoire oubliée et occultée et comme le moyen de ressusciter la voix de femmes, qu’elle qualifie "d'étouffée" et "d'ensevelie". Pour accomplir cette tâche, elle a délibérément choisit la langue du colonisateur. "Avec le français comme butin", elle tentera de faire une révolution à sa manière. "Si la France a colonisé mon pays, c'est à mon tour de coloniser sa langue" semble t-elle nous suggérer à travers tous ses écrits.
Abstract
Alors que l'on prévoyait "le tarissement naturel de la littérature colonisée", la littérature algérienne d'expression française survit et poursuit son développement en intégrant une nouvelle génération d'écrivains. Une question s'impose : pourquoi les écrivains algériens continuent-ils à écrire dans la langue du colonisateur un demi-siècle après l'indépendance? Les écrivains algériens ne devraient-ils pas délaisser une langue imposée à une époque douloureuse pour exploiter pleinement leur identité littéraire nationale? Notre objectif est d'essayer de trouver une réponse à ces questions en étudiant le rapport que l'écrivain maghrébin entretient avec la langue de l'ancienne puissance coloniale. Assia Djebar, romancière algérienne de renommée internationale, nous semble représentative de cette problématique, non seulement par ses oeuvres abondantes écrites en français, mais aussi par sa conscience très aiguë du sens porté par l'emploi de cette langue. Sa réflexion sur sa relation avec le français constitue une des thématiques fondamentales qui parcourt toute son oeuvre. Elle fut initiée au français par son père instituteur et fit ses études secondaires en France. La guerre d'indépendance l'obligea à rentrer en Algérie où elle entama une carrière universitaire. Elle écrivit son premier roman en 1957: Le Soif. Quatre romans suivirent avant qu'elle n'abandonne brusquement l'écriture. La mise à nu qu'est l'écriture provoqua un sentiment de malaise insurmontable chez cette auteur, élevée dans la culture arabe. La langue de sa création romanesque était celle de l'ancien oppresseur et perturbait l'intégrité de son identité. Eut-elle écrit en en arabe qu'il en eut-été autrement? Sa tentative de produire en arabe fut pourtant infructueuse. Pendant ses années de silence, elle fit cependant une expérience qui la réconcilia avec la langue française et lui permit d'accepter son bilinguisme. Il s'agit de la réalisation d'un documentaire sur les femmes de sa tribu qui participèrent à la Guerre d'Algérie. Ce retour au pays de son enfance lui permit de prendre conscience d'une nouvelle dimension de son role d'écrivain qui influença toute sa création ultérieure: l'Histoire et la femme. Cette prise de conscience la décida à relancer son activité littéraire. Elle appréhende l'écriture comme le moyen de reconstituer une histoire oubliée et occultée et comme le moyen de ressusciter la voix de femmes, qu’elle qualifie "d'étouffée" et "d'ensevelie". Pour accomplir cette tâche, elle a délibérément choisit la langue du colonisateur. "Avec le français comme butin", elle tentera de faire une révolution à sa manière. "Si la France a colonisé mon pays, c'est à mon tour de coloniser sa langue" semble t-elle nous suggérer à travers tous ses écrits.
참고문헌 (19)
- "La Soif" (1957), Julliard
- "Femmes d'Alger dans leur appartement" (1980), des Femmes
- "L'Amour, la fantasia, Jean-Claude Lattes, 1985, réédité chez Albin Michel en 1995", ~
- "Ombre sultane", Jean-Claude Lattes (1987)
- "Loin de Médine" (1991), Albin Michel
- "Vaste est la prison" (1995), Albin Michel
- "La Nouba des femmes du Mont Chenoua, long métrage produit par la Radio-Télévision algérienne, 1978", ~
- "La Zerda ou les chants de l'oubli, id, 1982", ~
- Mireille Calle-Gruber, "Assia Djebar ou la résistance de l'écriture: Regards d'un écrivain d'Algérie" (2001), Maisonneuve et Larose
- Achour Cheurfi, "Ecrivains Algériens" (2004), Casbah Editions
- Beïda Chikhi, "Littérature Algérienne: Désir d'histoire et esthétique" (1997), L'Harmattan
- Beïda Chikhi, "Les Romans d'Assia Djebar" (2002), Office des publications Universitaires
- Chems Eddine Chitour, "L'Algérie le passé revisité: Une brève histoire de l'Algérie" (1998), Casbah éditions
- Jeanne-Marie Clerc, "Assia Djebar: écrire, transgresser, résister" (1997), L'Harmattan
- Anna Rocca, "le corps invisible: Voir sans être vue" (2004), L'Harmattan
- Marta Segarra, "Leur pesant de poudre; romancière francophone du Maghreb" (1997), L'Harmattan
- Cahiers d'Etudes Maghrébines, "Littérature algérienne de femmes : notre dossier : Assia Djebar", Cologne, (2) (1990)
- "« Ecrire dans la langue de l'Autre » in Identité" (1989), culture et changement social
- 문애희, "알제리 여성문학 연구 in : 중동여성문학의 이해", pp.113~183 (2006), 한울아카데미
