Le rouge et le noir et romantisme Stendhalien
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초록
Nous avons limité notre étude à des correspondances entre quelques préceptes romantiques stendhaliens établis dans Racine et Shakespeare et leur application dans le rouge et le noir. A l'instar de ce que propose Stendhal, Julien bouscule les règles des bienséances et dénonce le rire moqueur cher aux classiques. A travers Julien, Stendhal ménage pour le lecteur des moments d'illusion parfaite et d'émotion profonde. Stendhal tout bouscule et choque les habitudes du lecteur en instaurant dans l'écriture des changements de passion aptes à conduire le roman vers la beauté sublime. Pour reprendre les mots de J. Danĕk, nous dirons alors que la beauté du roman acquiert l'exacte signification du mot correspondant grec : la beauté est le dévoilement de l'étant des choses dans leur essence, dans les profondeurs cachées à la vérité réceptive, finie et relative, ici celle des personnages de fiction. A travers l'aspiration à l'absolu des personnages-clés du roman (Julien, Mme de Rênal et Mathilde), l'esthétique stendhalienne conquiert son idéal métaphysique consacré à ce qui est divin dans l'art autant que dans l'homme. Stendhal s'attache à le prouver dans l'opposition même entre les bienséances et ce que projettent les personnages, entre le rire moqueur et l'observance du silence, entre l'illusion parfaite et l'émotion profonde. Pour Stendhal, l'habitude choquée du lecteur n'a de sens que pour le porter vers le sublime. L'amour infini que Mathilde voue à Julien est l'étant même du sublime. Plus largement, l'intrusion du sublime qui pèse tant sur les actes de Mathilde n'est pas sans rappeler la conduite du chevalier Des Grieux dans l'œuvre de l'abbé Prévost : Manon Lescaut. A l'instar de Des Grieux qui rompt tout lien d'avec son père pour voler au secours de Manon, la conduite de Mathilde interroge l'énigme de la passion dans un dénouement tout aussi tragique. Pour reprendre les mots de P. Henriot, nous dirons alors que « le propre de l'art romantique est d'exprimer des tourments, ceux d'une subjectivité qui se sait vouée à l'infini et exilée dans le fini »
Abstract
Nous avons limité notre étude à des correspondances entre quelques préceptes romantiques stendhaliens établis dans Racine et Shakespeare et leur application dans le rouge et le noir. A l'instar de ce que propose Stendhal, Julien bouscule les règles des bienséances et dénonce le rire moqueur cher aux classiques. A travers Julien, Stendhal ménage pour le lecteur des moments d'illusion parfaite et d'émotion profonde. Stendhal tout bouscule et choque les habitudes du lecteur en instaurant dans l'écriture des changements de passion aptes à conduire le roman vers la beauté sublime. Pour reprendre les mots de J. Danĕk, nous dirons alors que la beauté du roman acquiert l'exacte signification du mot correspondant grec : la beauté est le dévoilement de l'étant des choses dans leur essence, dans les profondeurs cachées à la vérité réceptive, finie et relative, ici celle des personnages de fiction. A travers l'aspiration à l'absolu des personnages-clés du roman (Julien, Mme de Rênal et Mathilde), l'esthétique stendhalienne conquiert son idéal métaphysique consacré à ce qui est divin dans l'art autant que dans l'homme. Stendhal s'attache à le prouver dans l'opposition même entre les bienséances et ce que projettent les personnages, entre le rire moqueur et l'observance du silence, entre l'illusion parfaite et l'émotion profonde. Pour Stendhal, l'habitude choquée du lecteur n'a de sens que pour le porter vers le sublime. L'amour infini que Mathilde voue à Julien est l'étant même du sublime. Plus largement, l'intrusion du sublime qui pèse tant sur les actes de Mathilde n'est pas sans rappeler la conduite du chevalier Des Grieux dans l'œuvre de l'abbé Prévost : Manon Lescaut. A l'instar de Des Grieux qui rompt tout lien d'avec son père pour voler au secours de Manon, la conduite de Mathilde interroge l'énigme de la passion dans un dénouement tout aussi tragique. Pour reprendre les mots de P. Henriot, nous dirons alors que « le propre de l'art romantique est d'exprimer des tourments, ceux d'une subjectivité qui se sait vouée à l'infini et exilée dans le fini »
참고문헌 (20)
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- STENDHAL, "Racine et Shakespeare" (1970), Édito-Service, S.A
- STENDHAL, "Journal littéraire III, Cercle du Bibliophile" (1970), Édito-Service
