소설의 시간성에 관한 연구 - 졸라의 『목로주점』과 주브의 『파울리나 1880』
Temporalité narrative dans L'Assommoir et Paulina 1880
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L'Assommoir d'Emile Zola, roman naturaliste par excellence, représente d'une manière linéaire la misère d'une vie écrasée par l'exploitation capitaliste, alors que Paulina 1880 de Pierre Jean Jouve, roman plutôt poétique, raconte d'une manière fragmentaire l'amour fatal d'une bourgeoise italienne. Cette étude a pour but d'analyser la temporalité des deux romans, pour mettre en lumière l'expérience du temps configuré dans le texte et refiguré par la lecture. Nous avons commencé par analyser la temporalité inscrite dans le texte. Dans L'Assommoir qui configure le temps irréversible, il faut remarquer surtout que les indices sinistres qui parsèment le récit amènent à pressentir le malheur ; le lecteur sent à tout moment le désastre imminent. Par contre, Paulina 1880 souligne plutôt la discordance du temps par une configuration fragmentaire : les événements ne s'articulent pas selon une mise-en-intrigue cohérente, mais s'accumulent morceau par morceau selon une chronologie estompée, de sorte que le récit semble s'immerger dans une ambiance mystérieuse et secrète. Ensuite, nous avons essayé de contourner la dimension symbolique des deux romans en nous appuyant sur l'analyse précédente. Dans L'Assommoir, l'expérience fictive du lecteur se précipitant vers la fin tragique, toujours imminente et immanente, le récit devient une prophétie de la fatalité inévitable et irréductible. Dans ce monde tragique, les personnages sont décrits comme les bêtes humaines tracassées par le monde moderne industrialsé. Dans Paulina 1880, la discordance du temps fragmenté met en relief paradoxalement le temps réversibile, dans la mesure où le lecteur va et vient entre le passé, le présent et le futur pour se transcender dans l'éternité, un temps qui s'incarne parfois dans l'instant. Pour conclure, nous avons remarqué que L'Assommoir montre par excellence la "fiction de la fin", en mettant en relief la concordance discordante du temps narratif : le temps de la crise qui devance le futur désastreux fait du récit 'un mythe de la crise', une apocalypse fatale sans issue. En revanche, le muthos de Paulina 1880 se définit par une discordance concordante dont la stratégie consiste dans la rhétorique de l'indicible : les événements racontés surgissent comme des îlots flottants à la faveur des cassures et des silences. L'écriture en creux de Paulina 1880 semble mettre la fin à "la fiction de la fin".
Abstract
L'Assommoir d'Emile Zola, roman naturaliste par excellence, représente d'une manière linéaire la misère d'une vie écrasée par l'exploitation capitaliste, alors que Paulina 1880 de Pierre Jean Jouve, roman plutôt poétique, raconte d'une manière fragmentaire l'amour fatal d'une bourgeoise italienne. Cette étude a pour but d'analyser la temporalité des deux romans, pour mettre en lumière l'expérience du temps configuré dans le texte et refiguré par la lecture. Nous avons commencé par analyser la temporalité inscrite dans le texte. Dans L'Assommoir qui configure le temps irréversible, il faut remarquer surtout que les indices sinistres qui parsèment le récit amènent à pressentir le malheur ; le lecteur sent à tout moment le désastre imminent. Par contre, Paulina 1880 souligne plutôt la discordance du temps par une configuration fragmentaire : les événements ne s'articulent pas selon une mise-en-intrigue cohérente, mais s'accumulent morceau par morceau selon une chronologie estompée, de sorte que le récit semble s'immerger dans une ambiance mystérieuse et secrète. Ensuite, nous avons essayé de contourner la dimension symbolique des deux romans en nous appuyant sur l'analyse précédente. Dans L'Assommoir, l'expérience fictive du lecteur se précipitant vers la fin tragique, toujours imminente et immanente, le récit devient une prophétie de la fatalité inévitable et irréductible. Dans ce monde tragique, les personnages sont décrits comme les bêtes humaines tracassées par le monde moderne industrialsé. Dans Paulina 1880, la discordance du temps fragmenté met en relief paradoxalement le temps réversibile, dans la mesure où le lecteur va et vient entre le passé, le présent et le futur pour se transcender dans l'éternité, un temps qui s'incarne parfois dans l'instant. Pour conclure, nous avons remarqué que L'Assommoir montre par excellence la "fiction de la fin", en mettant en relief la concordance discordante du temps narratif : le temps de la crise qui devance le futur désastreux fait du récit 'un mythe de la crise', une apocalypse fatale sans issue. En revanche, le muthos de Paulina 1880 se définit par une discordance concordante dont la stratégie consiste dans la rhétorique de l'indicible : les événements racontés surgissent comme des îlots flottants à la faveur des cassures et des silences. L'écriture en creux de Paulina 1880 semble mettre la fin à "la fiction de la fin".
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