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흥겨움의 미학, 라 퐁텐느의 우화

L'esthétique de la gaieté : les Fables de La Fontaine

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초록

La gaieté est un terme indispensable à comprendre la poétique des Fables de La Fontaine. Elle est, avec la nouveauté, ce que demande le lecteur d'aujourdhui (le temps de La Fontaine) pour s'estimer satisfait. La Fontaine s'en explique dans sa Préface de 1668. : <<Je n'appelle pas gaieté ce qui excite le rire mais un certain charme, un air agréable qu'on peut donner à toutes sortes de sujets, meme les plus sérieux.>> De fait, cette gaieté ainsi définie peut être considérée comme la principale caractéristique des Fables. La gaieté, la subtile alchimie, qui mêle le sérieux et l'enjoué, a pour but d'éviter de languir, c'est- à-dire d'ennuyer le lecteur. Selon La Fontaine, une morale nue apporte de lennui. Pour attirer l'attention de son lecteur, autrement dit pour égayer son ouvrage, La Fontaine mobilise la diversité et la brièveté. La Fontaine, par sa devise( diversité, c'est ma devise ), se présente comme un exemple vivant de la discipline classique. La diversité se trouve partout : diversité dans la longueur des fables qui se succèdent, diversité dans les jeux de versification, diversité dans les registres, les thèmes et les tons, etc. Par la diversité, la fable peut susciter un engouement durable auprès du public. La brièveté est aussi impératif. La Fontaine respecte l'idéal de concision véhiculé par la tradition de la fable. Être bref, c'est économiser les ornements inutiles, c'est aller au plus court pour parler ou écrire utile, sans faire le détour par le luxe ou le plaisir. La brièveté répond au besoin de clarté, de plaisir, mais aussi à la necessité de la prudence. La Fontaine ne renie pas cette brièveté essentielle, où il voit lâme du conte. Mais il souhaite la concilier avec l'abondance et le plaisir. Dans la fable, La Fontaine voit la fusion paradoxale du plaisir littéraire et de l'économie de mots. Transformer la fable en oeuvre poétique était une gageure pour La Fontaine. Il ne fait pas que transposer en vers les fables des Anciens. Il exerce sur elles une véritable révolution poétique, grâce à la gaieté s'accompagnant de deux moteurs : la diversité et la brièveté.

Abstract

La gaieté est un terme indispensable à comprendre la poétique des Fables de La Fontaine. Elle est, avec la nouveauté, ce que demande le lecteur d'aujourdhui (le temps de La Fontaine) pour s'estimer satisfait. La Fontaine s'en explique dans sa Préface de 1668. : <<Je n'appelle pas gaieté ce qui excite le rire mais un certain charme, un air agréable qu'on peut donner à toutes sortes de sujets, meme les plus sérieux.>> De fait, cette gaieté ainsi définie peut être considérée comme la principale caractéristique des Fables. La gaieté, la subtile alchimie, qui mêle le sérieux et l'enjoué, a pour but d'éviter de languir, c'est- à-dire d'ennuyer le lecteur. Selon La Fontaine, une morale nue apporte de lennui. Pour attirer l'attention de son lecteur, autrement dit pour égayer son ouvrage, La Fontaine mobilise la diversité et la brièveté. La Fontaine, par sa devise( diversité, c'est ma devise ), se présente comme un exemple vivant de la discipline classique. La diversité se trouve partout : diversité dans la longueur des fables qui se succèdent, diversité dans les jeux de versification, diversité dans les registres, les thèmes et les tons, etc. Par la diversité, la fable peut susciter un engouement durable auprès du public. La brièveté est aussi impératif. La Fontaine respecte l'idéal de concision véhiculé par la tradition de la fable. Être bref, c'est économiser les ornements inutiles, c'est aller au plus court pour parler ou écrire utile, sans faire le détour par le luxe ou le plaisir. La brièveté répond au besoin de clarté, de plaisir, mais aussi à la necessité de la prudence. La Fontaine ne renie pas cette brièveté essentielle, où il voit lâme du conte. Mais il souhaite la concilier avec l'abondance et le plaisir. Dans la fable, La Fontaine voit la fusion paradoxale du plaisir littéraire et de l'économie de mots. Transformer la fable en oeuvre poétique était une gageure pour La Fontaine. Il ne fait pas que transposer en vers les fables des Anciens. Il exerce sur elles une véritable révolution poétique, grâce à la gaieté s'accompagnant de deux moteurs : la diversité et la brièveté.

참고문헌 (15)

  1. La Fontaine (Jean de), "OEuvres complètes I, Fables, contes et Nouvelles" (1991), Gallimard
  2. Adam (Antoine), "Histoire de la littérature française au XVIIe siècle", pp.1948~1959, Domat
  3. Biard (Jean Dominique), "Le style des fables de La Fontaine" (1969), Nizet
  4. Bornecque (Pierre), "La Fontaine fabuliste" (1973), SEDES
  5. Bury (Emmanuel), "L'esthétique de La Fontaine" (1996), SEDES
  6. Caglar (Pascal), "Jean de La Fontaine, Fables (Livres VII à XII)" (1996), Ellipses
  7. Collinet (Jean-Pierre), "Le monde littéraire de La Fontaine" (1970), PUF
  8. Dandrey (Dandrey), "La fabrique des Fables" (1991), Klincksieck
  9. Duchêne (Roger), "Jean de La Fontaine" (1990), Fayard
  10. Fumaroli (Marc), "Le Poète et le Roi" (1997), Editions de Fallois
  11. Leplatre (Olivier), "Fables de Jean de La Fontaine" (1998), Gallimard
  12. Mongrédien (Georges), "Recueil des textes et des documents du XVIIe siècle relatif à La Fontaine" (1973), CNRS
  13. Jean Mesnard, "Précis de littérature française du XVIIe siècle" (1990), PUF
  14. Rolot (Christian), "Les fables de La Fontaine et leurs longeurs, Fables et fabulistes : variations autour de La Fontaine", pp.87~105 (1992)
  15. Slater (Maya), "La Fontaine and Brevity", French Studies, 44(2), pp.143~155 (1990)

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