유르스나르의 『동양의 이야기들』에 나타난동양 미술의 창작 미학- 어떻게 왕포는 구원되었는가와 코르넬리우스 베르그의 슬픔을 중심으로 -
L'esthétique créatrice de la peinture orientale dans les Nouvelles orientales de Marguerite Yourcenar - autour de Comment Wang-Fô fut sauvé et La tristesse de Cornélius Berg -
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초록
Cette étude a pour but de mettre en lumière l'esthétique créatrice de la peinture orientale dans les Nouvelles orientales de Marguerite Yourcenar. Elles se composent de dix nouvelles, influencées par le mythe ou le conte oriental, la première et la dernière ayant un rapport avec la peinture. La première nouvelle, Comment Wang-Fô fut sauvé, s'inspire d'un apologue taoïste de la vieille Chine. La dernière, La tristesse de Cornélius Berg,n'appartient pas à la collection orientale mais Marguerite Yourcenar a souhaité comparer, en regard du grand peintre chinois, celui contemporain de Rembrandt méditant mélancoliquement à propos de sa condition. Cette structure demande une lecture circulaire tout en faisant résonner l'esthétique de la création idéale dans l'esprit des lecteurs. Pour cette recherche, nous avons d'abord réfléchi au contexte et au sens de la composition des Nouvelles orientales, en remarquant la coïncidence du moment de la naissance des Nouvelles orientales avec celui de la douleur amoureuse de l'auteur. Ensuite, nous avons analysé la facture de la création idéale de la peinture orientale que Yourcenar a bien soulignée, en comparant Wang-Fô avec Cornélius Berg. L'itinéraire de Wang-Fô et de Ling qui rejettent l'attachement aux choses et regardent le monde autrement contre tout préjugé, à la différence de Cornélius qui peint sur commande en s'enfermant, correspond à la culture spirituelle du taoïsme qui a influencé la peinture orientale. Et la facture de la création de Wang-Fô, cherchant à saisir la vitalité interne des choses, à la différence de Cornélius qui demeure fidèle à la reproduction réaliste de ses apparences, correspond à celle du peintre chinois qui capte le souffle vital et le fixe sur la toile. Il s'agit, dans la peinture chinoise, de capter le principe immanent et dynamique, au-delà de l'apparence des choses, comme Cheng et Deleuze l'ont déjà fait remarquer. Cette pensée a profondément influencé Deleuze et Yourcenar, et la pensée de Deleuze croise celle de Yourcenar dans une certaine mesure. Du point de vue de Deleuze,la peinture de Wang-Fô revêt la notion de «simulacre» qui recèle une puissance positive et immanente en niant l'original et la copie, tandis que la peinture de Cornélius Berg n'est qu'une pâle copie sans vitalité. Par ailleurs,le désespoir de Cornélius montre le refus de reproduire l'apparence que la peinture occidentale a longtemps recherchée. L'ultime geste créateur de Wang-Fô, qui s'absorbe dans l'oeuvre jusqu'à parvenir à s'oublier soi-même, sous-tend le mystère de la création qui abolit la frontière entre l'homme et l'univers, entre la vie et la mort, entre le réel et l'irréel etc. Wang-Fô est sauvé en entrant dans l'oeuvre. En Chine, la création du peintre concerne celle de l'espace médiumnique et d'un objet à vivre. Une telle action créatrice de Wang-Fô ressemble à la «magie sympathique» de Yourcenar qui fait le vide en elle pour accueillir ses personnages et les laisser parler. Notre analyse permet d'observer comment l'esthétique créatrice de la peinture orientale parvient à enrichir le monde de la composition de Marguerite Yourcenar. C'est avec La tristessede Cornélius Berg que Yourcenar a montré symboliquement son inquiétude en tant qu'auteur qui doit mettre le réel dans l'irréel et son refus de la description réaliste et minutieuse qui ne dévoile jamais complètement ni la vérité ni sa pensée. Comment Wang-Fô fut sauvé lui a permis de réfléchir sur sa vocation d'écrivain et d'exprimer également sa propre esthétique de la composition. Les Nouvelles orientales, une des premières oeuvres comme Feux et Les Songes et les Sorts, a tenu un rôle de prélude où elle réorganise sa vie pour renaître en tant que véritable auteur. On ne doit cependant pas oublier,alors qu'elle était en crise existentielle, que l'esthétique créatrice de la peinture orientale a quant à elle existé.
Abstract
Cette étude a pour but de mettre en lumière l'esthétique créatrice de la peinture orientale dans les Nouvelles orientales de Marguerite Yourcenar. Elles se composent de dix nouvelles, influencées par le mythe ou le conte oriental, la première et la dernière ayant un rapport avec la peinture. La première nouvelle, Comment Wang-Fô fut sauvé, s'inspire d'un apologue taoïste de la vieille Chine. La dernière, La tristesse de Cornélius Berg,n'appartient pas à la collection orientale mais Marguerite Yourcenar a souhaité comparer, en regard du grand peintre chinois, celui contemporain de Rembrandt méditant mélancoliquement à propos de sa condition. Cette structure demande une lecture circulaire tout en faisant résonner l'esthétique de la création idéale dans l'esprit des lecteurs. Pour cette recherche, nous avons d'abord réfléchi au contexte et au sens de la composition des Nouvelles orientales, en remarquant la coïncidence du moment de la naissance des Nouvelles orientales avec celui de la douleur amoureuse de l'auteur. Ensuite, nous avons analysé la facture de la création idéale de la peinture orientale que Yourcenar a bien soulignée, en comparant Wang-Fô avec Cornélius Berg. L'itinéraire de Wang-Fô et de Ling qui rejettent l'attachement aux choses et regardent le monde autrement contre tout préjugé, à la différence de Cornélius qui peint sur commande en s'enfermant, correspond à la culture spirituelle du taoïsme qui a influencé la peinture orientale. Et la facture de la création de Wang-Fô, cherchant à saisir la vitalité interne des choses, à la différence de Cornélius qui demeure fidèle à la reproduction réaliste de ses apparences, correspond à celle du peintre chinois qui capte le souffle vital et le fixe sur la toile. Il s'agit, dans la peinture chinoise, de capter le principe immanent et dynamique, au-delà de l'apparence des choses, comme Cheng et Deleuze l'ont déjà fait remarquer. Cette pensée a profondément influencé Deleuze et Yourcenar, et la pensée de Deleuze croise celle de Yourcenar dans une certaine mesure. Du point de vue de Deleuze,la peinture de Wang-Fô revêt la notion de «simulacre» qui recèle une puissance positive et immanente en niant l'original et la copie, tandis que la peinture de Cornélius Berg n'est qu'une pâle copie sans vitalité. Par ailleurs,le désespoir de Cornélius montre le refus de reproduire l'apparence que la peinture occidentale a longtemps recherchée. L'ultime geste créateur de Wang-Fô, qui s'absorbe dans l'oeuvre jusqu'à parvenir à s'oublier soi-même, sous-tend le mystère de la création qui abolit la frontière entre l'homme et l'univers, entre la vie et la mort, entre le réel et l'irréel etc. Wang-Fô est sauvé en entrant dans l'oeuvre. En Chine, la création du peintre concerne celle de l'espace médiumnique et d'un objet à vivre. Une telle action créatrice de Wang-Fô ressemble à la «magie sympathique» de Yourcenar qui fait le vide en elle pour accueillir ses personnages et les laisser parler. Notre analyse permet d'observer comment l'esthétique créatrice de la peinture orientale parvient à enrichir le monde de la composition de Marguerite Yourcenar. C'est avec La tristessede Cornélius Berg que Yourcenar a montré symboliquement son inquiétude en tant qu'auteur qui doit mettre le réel dans l'irréel et son refus de la description réaliste et minutieuse qui ne dévoile jamais complètement ni la vérité ni sa pensée. Comment Wang-Fô fut sauvé lui a permis de réfléchir sur sa vocation d'écrivain et d'exprimer également sa propre esthétique de la composition. Les Nouvelles orientales, une des premières oeuvres comme Feux et Les Songes et les Sorts, a tenu un rôle de prélude où elle réorganise sa vie pour renaître en tant que véritable auteur. On ne doit cependant pas oublier,alors qu'elle était en crise existentielle, que l'esthétique créatrice de la peinture orientale a quant à elle existé.
참고문헌 (21)
- Yourcenar, Marguerite, "OEuvres romanesques" (1991), Gallimard
- Yourcenar, Marguerite, "OEuvres romanesques" (1991), Gallimard
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- Yourcenar, Marguerite, "Essais et Mémoires" (1991), Gallimard
- "Les Yeux Ouverts: entretiens avec Matthieu Galey" (1980), Centurion
- "Lettres à ses amis et quelques autres, édition établie, présentée et annotée par Michèle Sarde et Josph Brami avec la collaboration d'Elyane Dezon-Jones" (1997), Gallimard
- "Sources II(recueil personnel de citations de Marguerite Yourcenar), texte établi, annoté par Elyane Dezon-Jones, présenté Michèle Sard" (1999), Gallimard
- Barbier, Catherine, "Étude sur Marguerite Yourcenar: Les Nouvelles Orientales" (2008), Ellipses
- Grassi, Marie-Claire, "Le Taoïsme dans Comment Wang-Fô fut sauvé", Société Internationale d'Études Yourcenariennes, (24), pp.75~87 (2003)
- Sarde, Michèle, "Vous, Marguerite Yourcenar: La passion et ses masques" (1995), Robert Laffont
- Savigneau, Josyane, "Marguerite Yourcenar : l'invention d'une vie" (1990), Gallimard
- Song, Anna, "Comment Wang-Fô fut sauvé et la peinture chinoise", Société Internationale d'Études Yourcenariennes, (16), pp.81~91 (1996)
- Cheng, François, "Vide et plein: le langage pictural chinois" (1991), Seuil
- Deleuze, Gilles, "Cinéma I: L'image-mouvement" (1983), Minuit
- Deleuze, Gilles, "Francis Bacon, Logique de la sensation" (2002), Seuil
- Deleuze, Gilles, "Logique du sens" (2012), Minuit
- Deleuze, Gilles, "Qu'est-ce que la philosophie?" (1991), Minuit
- 마이클 설리번, "중국미술사" (1999), 예경
- 장자, "장자" (1999), 현암사
