앙드레 지드의 『사전꾼들』에 나타난 소설 미학
L'esthétique du roman dans Les Faux-Monnayeurs d'André Gide
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초록
André Gide(1869-1951) qui voulait se faire un romancier, n'avait pas toujours la conscience d'avoir écrit un vrai roman même après avoir écrit plusieurs oeuvres : L'Immoraliste(1902), La Porte étroite(1909), La Symphonie pastorale(1912) et Les Caves de Vatican(1914). Selon Gide, le roman est par essence une oeuvre déconcentrée qui doit comporter une diversité de points de vue, soumise à la diversité des personnages et de plus qui ne doit plus être écrit sur un ton ironique ou critique. Pour Gide qui se sentait être résponsable d'un genre ‘roman’, en tant que maître dans le monde littéraire, il lui parut urgent d'écrire ‘un vrai roman’ et de proposer une nouvelle esthétique pour le roman français qui se répétait dans les normes réalistes sans se donner de nouvelles perspectives. Enfin en 1919, après avoir dénommé tous ses livres passés par ‘récit’ ou ‘sotie’, il commence à écrire ‘son premier et unique roman’ qui ne doit assimilable à rien d'autre : Les Faux-Monnayeurs en tenant son Journal des Faux-Monnayeurs. Pour que ce livre soit semblable à la vie même, il veut en faire une oeuvre bien touffue en y versant tout ce que lui présente la vie. De plus il veut en faire un champs de théories littéraires en y introduisant un romancier. De là se dessine le sujet principal de ce roman: la lutte entre la réalité proposée par la vie d'une part, et l'effort du romancier pour faire un livre avec cette réalité, d'autre part. D'une part, pour y mettre toute la réalité, Gide la stylise en montrant tous les problèmes de tous les domaines de la vie humaine et réussit plus ou moins à évoquer la vie entière idéalisée. Et d'autre part, pour élaborer une discussion sur des théories littéraires dans le roman même, il met en scène un romancier-personnage et lui fait présenter ses propres théories littéraires par la technique de ‘mise en abyme’. Mais le problème se pose aussitôt après : Gide met en question tout ce qu'il a presenté comme réalité et théories. Toute la réalité proposée se trouve ébranlée par plusieurs techniques de narration et l'instabilité foncière des êtres qui perçoivent cette réalité. Et les théories littéraires proposées: ‘le roman d'idéalisation’ et ‘le roman pur’ se trouvent aussi ébranlées par la négation de ces théories dans le roman même. C'est le résultat de l'esprit ironique d'A. Gide qui n'est plus une figure rhétorique, mais une vision du monde qui le fait à la fois construire et détruire ses univers imaginaire et théorique. Fatigué de tout ce mouvement dialectique de négation-négation, il se tourne vers la vie réelle, non plus reflétée dans la littérature. C'est parce qu'il se doute que l'acte de l'art, par essence artificiel, comporterait un clin d'oeil du diable qui défait tout l'acte humain qu'il part pour trouver enfin le sens de la vie dans l'acte même, bien que limité.
Abstract
André Gide(1869-1951) qui voulait se faire un romancier, n'avait pas toujours la conscience d'avoir écrit un vrai roman même après avoir écrit plusieurs oeuvres : L'Immoraliste(1902), La Porte étroite(1909), La Symphonie pastorale(1912) et Les Caves de Vatican(1914). Selon Gide, le roman est par essence une oeuvre déconcentrée qui doit comporter une diversité de points de vue, soumise à la diversité des personnages et de plus qui ne doit plus être écrit sur un ton ironique ou critique. Pour Gide qui se sentait être résponsable d'un genre ‘roman’, en tant que maître dans le monde littéraire, il lui parut urgent d'écrire ‘un vrai roman’ et de proposer une nouvelle esthétique pour le roman français qui se répétait dans les normes réalistes sans se donner de nouvelles perspectives. Enfin en 1919, après avoir dénommé tous ses livres passés par ‘récit’ ou ‘sotie’, il commence à écrire ‘son premier et unique roman’ qui ne doit assimilable à rien d'autre : Les Faux-Monnayeurs en tenant son Journal des Faux-Monnayeurs. Pour que ce livre soit semblable à la vie même, il veut en faire une oeuvre bien touffue en y versant tout ce que lui présente la vie. De plus il veut en faire un champs de théories littéraires en y introduisant un romancier. De là se dessine le sujet principal de ce roman: la lutte entre la réalité proposée par la vie d'une part, et l'effort du romancier pour faire un livre avec cette réalité, d'autre part. D'une part, pour y mettre toute la réalité, Gide la stylise en montrant tous les problèmes de tous les domaines de la vie humaine et réussit plus ou moins à évoquer la vie entière idéalisée. Et d'autre part, pour élaborer une discussion sur des théories littéraires dans le roman même, il met en scène un romancier-personnage et lui fait présenter ses propres théories littéraires par la technique de ‘mise en abyme’. Mais le problème se pose aussitôt après : Gide met en question tout ce qu'il a presenté comme réalité et théories. Toute la réalité proposée se trouve ébranlée par plusieurs techniques de narration et l'instabilité foncière des êtres qui perçoivent cette réalité. Et les théories littéraires proposées: ‘le roman d'idéalisation’ et ‘le roman pur’ se trouvent aussi ébranlées par la négation de ces théories dans le roman même. C'est le résultat de l'esprit ironique d'A. Gide qui n'est plus une figure rhétorique, mais une vision du monde qui le fait à la fois construire et détruire ses univers imaginaire et théorique. Fatigué de tout ce mouvement dialectique de négation-négation, il se tourne vers la vie réelle, non plus reflétée dans la littérature. C'est parce qu'il se doute que l'acte de l'art, par essence artificiel, comporterait un clin d'oeil du diable qui défait tout l'acte humain qu'il part pour trouver enfin le sens de la vie dans l'acte même, bien que limité.
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