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Éloignement et supplément : les lieux de l’opéra baroque

Distance and supplement: the places of Baroque opera

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Cette étude est consacrée aux sens et aux fonctions des lieux de l’opéra baroque aux XVIIe et XVIIIe siècles. Nous commençons par étudier pourquoi à cette époque le sujet ariostien devient à la mode surtout dans l’opéra baroque. L’étude du problème nous aide à éclaircir la caractéristique de l’opéra baroque ainsi que la fonction du genre. Les musiciens et leurs librettistes visent des effets « merveilles » grâce auxquels les spectateurs quittent la réalité et rêvent de s’en éloigner. C’est pourquoi nous définissons un des thèmes principaux de l’opéra baroque à l’aide de la notion d’« éloignement ». Dans notre étude, nous examinons une brève histoire de l’opéra baroque, puis essayons d’analyser les morceaux musicaux qui nous montrent mieux cette fonction de l’« éloignement » dans les productions des musiciens. Ceux-ci prennent toujours soin de mettre en avant la fascination qui permet aux spectateurs de se déplacer au-delà de la réalité. Dans les ouvrages musicaux de Haendel, Campra, Rameau, Rousseau et Mozart, nous remarquons comment de petites modulations habilement traitées, ingénieusement inventées apportent de grands effets musicaux à l’aide desquels l’auditeur rêve d’un autre monde merveilleux et imaginaire. Nous ne contentons toutefois pas d’élucider avec la seule notion d’« éloignement » le fond sur lequel s’appuie l’esthétique de l’opéra baroque. Une invention médiocre ne suffit pas pour nous faire sentir éloignés de la réalité. Paradoxalement, pour accomplir cet effet d’éloignement, viendra une autre notion, celle de « supplément » qui, dans les scènes et dans les chants, fait des effets à l’aide de la grande adresse des musiciens et des metteurs en scène. Plus la passion qui se déroule dans la scène paraît vraisemblable et sincère aux spectateurs, plus ceux-ci sont aptes à se laisser émouvoir et à tomber volontiers dans une illusion que visent les musiciens. Voilà pourquoi, pour tenter d’apprécier et d’analyser les ouvrages de l’opéra baroque, nos deux notions « éloignement » et « supplément » sont nécessaires.

Abstract

Cette étude est consacrée aux sens et aux fonctions des lieux de l’opéra baroque aux XVIIe et XVIIIe siècles. Nous commençons par étudier pourquoi à cette époque le sujet ariostien devient à la mode surtout dans l’opéra baroque. L’étude du problème nous aide à éclaircir la caractéristique de l’opéra baroque ainsi que la fonction du genre. Les musiciens et leurs librettistes visent des effets « merveilles » grâce auxquels les spectateurs quittent la réalité et rêvent de s’en éloigner. C’est pourquoi nous définissons un des thèmes principaux de l’opéra baroque à l’aide de la notion d’« éloignement ». Dans notre étude, nous examinons une brève histoire de l’opéra baroque, puis essayons d’analyser les morceaux musicaux qui nous montrent mieux cette fonction de l’« éloignement » dans les productions des musiciens. Ceux-ci prennent toujours soin de mettre en avant la fascination qui permet aux spectateurs de se déplacer au-delà de la réalité. Dans les ouvrages musicaux de Haendel, Campra, Rameau, Rousseau et Mozart, nous remarquons comment de petites modulations habilement traitées, ingénieusement inventées apportent de grands effets musicaux à l’aide desquels l’auditeur rêve d’un autre monde merveilleux et imaginaire. Nous ne contentons toutefois pas d’élucider avec la seule notion d’« éloignement » le fond sur lequel s’appuie l’esthétique de l’opéra baroque. Une invention médiocre ne suffit pas pour nous faire sentir éloignés de la réalité. Paradoxalement, pour accomplir cet effet d’éloignement, viendra une autre notion, celle de « supplément » qui, dans les scènes et dans les chants, fait des effets à l’aide de la grande adresse des musiciens et des metteurs en scène. Plus la passion qui se déroule dans la scène paraît vraisemblable et sincère aux spectateurs, plus ceux-ci sont aptes à se laisser émouvoir et à tomber volontiers dans une illusion que visent les musiciens. Voilà pourquoi, pour tenter d’apprécier et d’analyser les ouvrages de l’opéra baroque, nos deux notions « éloignement » et « supplément » sont nécessaires.

참고문헌 (25)

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  24. Vivant Denon, "Voyage au royaume de Naples", pp.59~ (1997), Perrin
  25. Rémy Stricker, "Mozart et ses opéras: Fiction et vérité", pp.284~ (1980), Gallimard

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