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avoir를 조동사로 취하는 복합시제의 과거분사와 선행 직접목적어의 일치규칙 - 규범문법에서 다양한 언어학적 분석의 장으로

La règle de l'accord du participe passé conjugué avec avoir: de la grammaire normative à la varitété des analyses linguistiques

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Le présent article a pour but de tracer l'histoire de la règle de l'accord du participe passé conjugué avec avoir dans l'histoire du français et de justifier la place qu'elle occupe dans la grammaire du français actuel. Pour cela, nous analyserons les arguments des grammairiens du 18e siècle mentionnés dans le Journal de la langue française (1784-1792), périodique de commentaires sur la grammaire du français, créé par François-Urbain Domergue, grammairien et professeur de français à Lyon. A côté de l'analyse de ces arguments, nous analyserons aussi cette règle à la lumière de la théorie de la grammaticalisation et en fonction des deux principes("principe historique" et "principe linguistique") servant à expliquer le système orthographique du 17e siècle. Afin de déterminer les spécificités du français et ainsi de mieux comprendre la nature de cette règle au sein des langues romanes, nous comparerons en dernier lieu la règle valant en français avec celle de l'italien. La règle d'origine latine a été soutenue sans contestation par Vaugelas et par les grammairiens postérieurs(le courant de la grammaire générale et les grammairiens du siècle des Lumières) en raison de sa nécessité pour la clarté du français, un des soucis majeurs chez les grammairiens du français classique. Les deux principes qui expliquent le fonctionnement de la règle d'accord sont, selon les termes de Pellat, le "principe historique" fondé sur l'histoire du français ou sur le latin, et le "principe linguistique" fondé sur le mécanisme de la langue française de l'époque. Domergue utilise ainsi plusieurs critères pour discerner la transitivité du verbe et la nature du pronom: “comparaison avec le latin”, “passivation”, “décomposition”, “question quoi”. Dans l'application de ces critères, le "principe historique"(“comparaison avec l'équivalent du latin”, “décomposition”), sous la forme d'analyse formelle, l'emporte sur le "principe linguistique(“passivation”, “question quoi”)", comme nous l'avons constaté dans l'analyse du pronom en et du verbe coûter. La théorie de la grammaticalisation de Klausenburger fournit une justification à cette règle dans la mesure où, en français comme en italien, on applique toujours l'accord du participe avec l'objet qui précède. La structure "avoir/avere + participe passé + objet" garde donc le souvenir de la structure attributive du latin. D'après cette théorie, l'existence de la règle d'accord confirme la grammaticalisation "incomplète" du temps composé, vis-à-vis de la grammaticalisation "complète" du "futur": au futur, l'auxiliaire(avoir et avere) a atteint un stade d'affixation tandis que, aux temps composés, il en est à un stade antérieur. Pour l'enseignement du français, cette règle, qui est une règle essentiellement écrite, pose des problèmes d'acceptabilité, et doit donc susciter des remises en question, en particulier avec la forme féminine du participe passé de certains verbes tels que craindre(crainte), plaindre(plainte) et produire(produite). Les linguistes français d'aujourd'hui prévoient que cette règle est en voie de régression à l'oral et à l'écrit en raison notamment de transformations dans l'environnement d'enseignement et qu'on se dirige ainsi vers l'invariabilité du participe passé, chemin que l'italien a déjà pris. Cet article se veut apporter un éclairage sur les caractéristiques de la règle d'accord soi-disant "normative" en illustrant ses évolutions importantes dans l'histoire du français. Ainsi nous montrons que la grammaire, comme reflet d'un état de langue, évolue à tout instant, et que la grammaire du français est sujette à des changements constants dûs à la mise en oeuvre de plusieurs facteurs complexes dans sa propre communauté linguistique.

Abstract

Le présent article a pour but de tracer l'histoire de la règle de l'accord du participe passé conjugué avec avoir dans l'histoire du français et de justifier la place qu'elle occupe dans la grammaire du français actuel. Pour cela, nous analyserons les arguments des grammairiens du 18e siècle mentionnés dans le Journal de la langue française (1784-1792), périodique de commentaires sur la grammaire du français, créé par François-Urbain Domergue, grammairien et professeur de français à Lyon. A côté de l'analyse de ces arguments, nous analyserons aussi cette règle à la lumière de la théorie de la grammaticalisation et en fonction des deux principes("principe historique" et "principe linguistique") servant à expliquer le système orthographique du 17e siècle. Afin de déterminer les spécificités du français et ainsi de mieux comprendre la nature de cette règle au sein des langues romanes, nous comparerons en dernier lieu la règle valant en français avec celle de l'italien. La règle d'origine latine a été soutenue sans contestation par Vaugelas et par les grammairiens postérieurs(le courant de la grammaire générale et les grammairiens du siècle des Lumières) en raison de sa nécessité pour la clarté du français, un des soucis majeurs chez les grammairiens du français classique. Les deux principes qui expliquent le fonctionnement de la règle d'accord sont, selon les termes de Pellat, le "principe historique" fondé sur l'histoire du français ou sur le latin, et le "principe linguistique" fondé sur le mécanisme de la langue française de l'époque. Domergue utilise ainsi plusieurs critères pour discerner la transitivité du verbe et la nature du pronom: “comparaison avec le latin”, “passivation”, “décomposition”, “question quoi”. Dans l'application de ces critères, le "principe historique"(“comparaison avec l'équivalent du latin”, “décomposition”), sous la forme d'analyse formelle, l'emporte sur le "principe linguistique(“passivation”, “question quoi”)", comme nous l'avons constaté dans l'analyse du pronom en et du verbe coûter. La théorie de la grammaticalisation de Klausenburger fournit une justification à cette règle dans la mesure où, en français comme en italien, on applique toujours l'accord du participe avec l'objet qui précède. La structure "avoir/avere + participe passé + objet" garde donc le souvenir de la structure attributive du latin. D'après cette théorie, l'existence de la règle d'accord confirme la grammaticalisation "incomplète" du temps composé, vis-à-vis de la grammaticalisation "complète" du "futur": au futur, l'auxiliaire(avoir et avere) a atteint un stade d'affixation tandis que, aux temps composés, il en est à un stade antérieur. Pour l'enseignement du français, cette règle, qui est une règle essentiellement écrite, pose des problèmes d'acceptabilité, et doit donc susciter des remises en question, en particulier avec la forme féminine du participe passé de certains verbes tels que craindre(crainte), plaindre(plainte) et produire(produite). Les linguistes français d'aujourd'hui prévoient que cette règle est en voie de régression à l'oral et à l'écrit en raison notamment de transformations dans l'environnement d'enseignement et qu'on se dirige ainsi vers l'invariabilité du participe passé, chemin que l'italien a déjà pris. Cet article se veut apporter un éclairage sur les caractéristiques de la règle d'accord soi-disant "normative" en illustrant ses évolutions importantes dans l'histoire du français. Ainsi nous montrons que la grammaire, comme reflet d'un état de langue, évolue à tout instant, et que la grammaire du français est sujette à des changements constants dûs à la mise en oeuvre de plusieurs facteurs complexes dans sa propre communauté linguistique.

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