레리스와 타자
Leiris et autrui
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초록
Les critiques littéraires leirisiens n'ont pas accordé une grande importance à la question des autres dans leurs études de L'Age d'homme. Ce fait est dans une certaine mesure incité par son Journal où Leiris a affirmé qu'il ne parlait que de lui et des autres, qu'en fonction de lui-même. Mais nous constatons qu'il n'a cessé d'insister sur sa communion avec autrui sans laquelle l'ultime connaissance de soi ne pourrait être atteinte. La question d'autrui est d'autant plus cruciale que la trame de sa vie est tissée par un grand nombre de héros mythique, historique ou biblique. En rapport avec les autres, sa vie paraît être régie par deux visions spécifiques telles que la vision héroïque et la vision enfantine du monde, dans lesquelles nous trouvons l'ambiguïté chaotique ; la confusion d'identité sexuelle en est un bon exemple. A côté de ces visions idéales, sa vision réelle d'autrui s'organise autour de deux femmes : Kay, son initiatrice, et Zette, sa femme. Sa rencontre avec elles lui fait comprendre la nécessité de l'inauthenticité, du mensonge ou de la théâtralité pour faire un acte authentique tel que faire l'amour. D'où résulte son expérience de l'absence qui se concrétise par son rapport avec Léna, éternelle absente, à partir de qui il développe méticuleusement son art poétique. Cette perspective nous amène à réfléchir sur l'absence orphique blanchotienne. Son écriture est motivée par l'absence, car c'est à partir de l'échec -manque ou absence- qu'il réussit à créer "un surprenant courant de drame". A l'opposé de son désir de rencontrer les autres, il n'y voit que l'absence. C'est pourquoi il n'a pu devenir ni le sujet de l'acte réel ni le sujet d'écriture : il se révèle comme un sujet écrit, c'est-à-dire comme un objet de sa propre écriture. Leiris qui a essayé de saisir autrui insaisissable, n'a fait que l'expérience de devenir autrui. Son écriture san fin est fondée sur cet échec.
Abstract
Les critiques littéraires leirisiens n'ont pas accordé une grande importance à la question des autres dans leurs études de L'Age d'homme. Ce fait est dans une certaine mesure incité par son Journal où Leiris a affirmé qu'il ne parlait que de lui et des autres, qu'en fonction de lui-même. Mais nous constatons qu'il n'a cessé d'insister sur sa communion avec autrui sans laquelle l'ultime connaissance de soi ne pourrait être atteinte. La question d'autrui est d'autant plus cruciale que la trame de sa vie est tissée par un grand nombre de héros mythique, historique ou biblique. En rapport avec les autres, sa vie paraît être régie par deux visions spécifiques telles que la vision héroïque et la vision enfantine du monde, dans lesquelles nous trouvons l'ambiguïté chaotique ; la confusion d'identité sexuelle en est un bon exemple. A côté de ces visions idéales, sa vision réelle d'autrui s'organise autour de deux femmes : Kay, son initiatrice, et Zette, sa femme. Sa rencontre avec elles lui fait comprendre la nécessité de l'inauthenticité, du mensonge ou de la théâtralité pour faire un acte authentique tel que faire l'amour. D'où résulte son expérience de l'absence qui se concrétise par son rapport avec Léna, éternelle absente, à partir de qui il développe méticuleusement son art poétique. Cette perspective nous amène à réfléchir sur l'absence orphique blanchotienne. Son écriture est motivée par l'absence, car c'est à partir de l'échec -manque ou absence- qu'il réussit à créer "un surprenant courant de drame". A l'opposé de son désir de rencontrer les autres, il n'y voit que l'absence. C'est pourquoi il n'a pu devenir ni le sujet de l'acte réel ni le sujet d'écriture : il se révèle comme un sujet écrit, c'est-à-dire comme un objet de sa propre écriture. Leiris qui a essayé de saisir autrui insaisissable, n'a fait que l'expérience de devenir autrui. Son écriture san fin est fondée sur cet échec.
참고문헌 (18)
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