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Une écriture de l'infini - l'autre, représentation et langage chez Emmanuel Lévinas et Nathalie Sarraute
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Notre étude vise à examiner les textes d'Emmanuel Lévinas et de Nathalie Sarraute dans la perspective de l'infini. Le désir de l'infini se manifeste sous différents aspects chez Lévinas aussi bien que chez Sarraute. C'est de façon manifeste que l'idée de l'infini, s'opposant à la connaissance, se fonctionne en tant que mot clef dans les réflexions éthiques et philosophiques de Lévinas, alors que chez Sarraute, malgré la fréquence relativement restreinte du mot d'infini, l'idée s'en trouve au coeur de ses réflexions sur l'homme. Pour cette dernière, elle se fonctionne comme la force impulsive qui pousse l'écriture, aussi bien que comme la clé de voûte de son esthétique. Nous effectuons d'abord un rapide aperçu préliminaire, concernant les parcours biographiques et académiques des deux esprits, pour confirmer la consanguinité qui nous semble à la base de la communauté des opinions à l'égard de l'idée de l'infini. Nous nous mettons ensuite en un examen attentif pour répondre à ces deux questions importantes : comment se fait l'écriture de l'infini, et quels en sont les éléments essentiels. La partie principale de notre étude se constitue de trois volets. En premier lieu, nous essayons de définir la notion de l'altérité dans les textes de Lévinas et de Sarraute pour observer comment elle se fonctionne en rapport avec l'idée de l'infini. L'analyse montre que chez Lévinas et Sarraute, la subjectivité se fonde dans le face-à-face avec l'Autre et dans la perspective de l'infini. L''infini faisant sauter le cercle clos de la totalité, le sujet a la possibilité de s'émanciper de la contrainte de la généralité réduisante qui l'entrave, pour enfin atteindre à l'existence aussi pleine qu'authentique. En second lieu, nous examinons l'aspect de la ruine de la représentation, et cela permet d'explorer et d'exprimer les grouillements informes qui ne peuvent apparaître que par la poésie. Selon Lévinas, l'idée de l'infini consiste à saisir l'insaissable en lui garantissant cependant son statut d'insaisissable. Ce qui fait constater que l'écriture de l'infini se fait sur la ruine de la représentation. En dernier lieu, notre étude se penche sur la question de la parole. On sait bien que Lévinas et Sarraute mettent l'accent, tous les deux, sur la valeur performative du langage : ils privilégient le dire sur le dit. Pour l'un comme l'autre, l'essence du langage étant la relation avec l'Autre, la conversation devient des lieux-communs, c'est-à-dire un lieu de rencontre. Là, l'envers du langage s'exprime par la résistance à la nomination et à la catégorisation, par le débordement, par le biais du silence, du mensonge et du rire; il renvoie à l'infini. Ce dernier ne peut se faire entendre autrement. Et voilà les trois points en lesquels résident les élements essentiels de l'écriture de l'infini chez Lévinas et Sarraute.
Abstract
Notre étude vise à examiner les textes d'Emmanuel Lévinas et de Nathalie Sarraute dans la perspective de l'infini. Le désir de l'infini se manifeste sous différents aspects chez Lévinas aussi bien que chez Sarraute. C'est de façon manifeste que l'idée de l'infini, s'opposant à la connaissance, se fonctionne en tant que mot clef dans les réflexions éthiques et philosophiques de Lévinas, alors que chez Sarraute, malgré la fréquence relativement restreinte du mot d'infini, l'idée s'en trouve au coeur de ses réflexions sur l'homme. Pour cette dernière, elle se fonctionne comme la force impulsive qui pousse l'écriture, aussi bien que comme la clé de voûte de son esthétique. Nous effectuons d'abord un rapide aperçu préliminaire, concernant les parcours biographiques et académiques des deux esprits, pour confirmer la consanguinité qui nous semble à la base de la communauté des opinions à l'égard de l'idée de l'infini. Nous nous mettons ensuite en un examen attentif pour répondre à ces deux questions importantes : comment se fait l'écriture de l'infini, et quels en sont les éléments essentiels. La partie principale de notre étude se constitue de trois volets. En premier lieu, nous essayons de définir la notion de l'altérité dans les textes de Lévinas et de Sarraute pour observer comment elle se fonctionne en rapport avec l'idée de l'infini. L'analyse montre que chez Lévinas et Sarraute, la subjectivité se fonde dans le face-à-face avec l'Autre et dans la perspective de l'infini. L''infini faisant sauter le cercle clos de la totalité, le sujet a la possibilité de s'émanciper de la contrainte de la généralité réduisante qui l'entrave, pour enfin atteindre à l'existence aussi pleine qu'authentique. En second lieu, nous examinons l'aspect de la ruine de la représentation, et cela permet d'explorer et d'exprimer les grouillements informes qui ne peuvent apparaître que par la poésie. Selon Lévinas, l'idée de l'infini consiste à saisir l'insaissable en lui garantissant cependant son statut d'insaisissable. Ce qui fait constater que l'écriture de l'infini se fait sur la ruine de la représentation. En dernier lieu, notre étude se penche sur la question de la parole. On sait bien que Lévinas et Sarraute mettent l'accent, tous les deux, sur la valeur performative du langage : ils privilégient le dire sur le dit. Pour l'un comme l'autre, l'essence du langage étant la relation avec l'Autre, la conversation devient des lieux-communs, c'est-à-dire un lieu de rencontre. Là, l'envers du langage s'exprime par la résistance à la nomination et à la catégorisation, par le débordement, par le biais du silence, du mensonge et du rire; il renvoie à l'infini. Ce dernier ne peut se faire entendre autrement. Et voilà les trois points en lesquels résident les élements essentiels de l'écriture de l'infini chez Lévinas et Sarraute.
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