새로운 형식의 역사쓰기를 통한 작가로서의 정체성 탐구- 앗시아 제바르의 『사랑, 기마행진』과 『감옥은 넓은데』를 중심으로
La Recherche de l'identité d'écrivain à travers l'écriture de l'histoire -à partir de L'Amour, la fantasia et Vaste est la prison d'Assia Djebar
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L'Amour, la fantasia et Vaste est la prison, inclus dans le Quatuor Algérien d'Assia Djebar, sont des romans dans lesquels l'écrivain recherche obstinément le rapport entre l'histoire et la littérature. L'Algérie a été un pays colonisé par la France en 1830, et libéré en 1962 par une Guerre d’indépendance qui a duré 8 ans. Or après l'indépendance, les Algériens ont dû souffrir encore pendant plus de dix ans par la Guerre civile. Pour les Algériens qui ont vécu ces moments douloureux, seuls les écrits qui en témoignent devraient être considérés comme honorables. En effet, quand Djebar publie son premier roman La Soif en 1957, l'Algérie entre dans la quatrième année de la Guerre d'indépendance. A cette époque, les intellectuels algériens engagés dans la lutte nationale, ne se lassent pas de critiquer et de désapprouver cette femme écrivain algérienne qui dénonce des aspects honteux de son propre pays, de surcroît, en français, la langue des ennemis. D'ailleurs, ne se créait-elle pas une mauvaise réputation en révélant l'oppression des femmes par les hommes misogynes de cette société patriarcale?Depuis, il semble que Djebar se soucie, d'une part, de la demande du public algérien réclamant une contribution plus soutenue de l'écriture de l'histoire de l'Algérie, et d'autre part, de son propre désir de quête littéraire. Dix ans de silence d'écriture prouveraient un certain malaise devant le public et son conflit intérieur. Mais avec la publication de L'Amour, la fantasia (1985), qui a eu un grand succès non seulement en France mais aussi en Algérie, il semble qu'Assia Djebar se libère de ce regard extérieur hostile et de son conflit intérieur. Avec ce livre, elle entre dans un nouveau champ littéraire. Dans Vaste est la prison publié en 1995, elle examine plus résolument la relation entre la littérature et l'histoire et elle finit par se donner la vocation d'écrire l'histoire de son pays. Dans cette étude, nous avons d'abord regardé la nouveauté de la forme de ses romans. En effet, l'unité entre L’Amour, la fantasia et Vaste est la prison se remarque non seulement au niveau thématique mais aussi au niveau structural. Tout d'abord, ils sont fondés sur une structure de montage alterné où se succèdent des chapitres sur le passé personnel de la narratrice et des chapitres sur l'histoire. Ensuite, les deux romans comprennent un système d'épigraphes des auteurs, soit orientaux, soit occidentaux. Nous avons ainsi analysé les épigraphes utilisés dans ces romans pour mieux comprendre le texte. Enfin, Djebar est la première femme écrivain maghrébine qui a réalisé l'écriture du corps qu’Hélène Sixous revendique tant. La troisième partie de ce travail est consacrée à l'écriture de l'histoire dans L'Amour, la fantasia et Vaste est la prison. Djebar réécrit l'histoire de son pays ; celle du moment de la colonisation, celle de la guerre d'indépendance et celle de l'époque ancienne avant l'Algérie. Pour cela, elle étudie les documents écrits, et entend les témoignages des femmes qui ont vécu la guerre mais qui n’ont pas laissé de traces écrites ne sachant pas écrire. Elle suit également les pas des archéologues pour rechercher les alphabets perdus de ses ancêtres. En parcourant ces traces historiques, elle finit par se donner le discernement vocationnel d'un écrivain. Ici se remarque l'importance du rôle des femmes qui transmettent l'écriture de génération en génération. Le conflit intérieur de Djebar écrivant en langue des ennemis paraît donc être surmonté par la recherche de l'histoire. Djebar, étudiant le passé de l'Algérie, ainsi que le passé d'avant l'Algérie, suit les pas de ses ancêtres qui ont été dominés plusieurs fois par les étrangers mais qui ont pu recréer une nouvelle culture hybride. C'est ainsi que l'écriture des dominateurs sera donnée en héritage aux anciens opprimés, en devenant une sorte de cadeau inespéré.
Abstract
L'Amour, la fantasia et Vaste est la prison, inclus dans le Quatuor Algérien d'Assia Djebar, sont des romans dans lesquels l'écrivain recherche obstinément le rapport entre l'histoire et la littérature. L'Algérie a été un pays colonisé par la France en 1830, et libéré en 1962 par une Guerre d’indépendance qui a duré 8 ans. Or après l'indépendance, les Algériens ont dû souffrir encore pendant plus de dix ans par la Guerre civile. Pour les Algériens qui ont vécu ces moments douloureux, seuls les écrits qui en témoignent devraient être considérés comme honorables. En effet, quand Djebar publie son premier roman La Soif en 1957, l'Algérie entre dans la quatrième année de la Guerre d'indépendance. A cette époque, les intellectuels algériens engagés dans la lutte nationale, ne se lassent pas de critiquer et de désapprouver cette femme écrivain algérienne qui dénonce des aspects honteux de son propre pays, de surcroît, en français, la langue des ennemis. D'ailleurs, ne se créait-elle pas une mauvaise réputation en révélant l'oppression des femmes par les hommes misogynes de cette société patriarcale?Depuis, il semble que Djebar se soucie, d'une part, de la demande du public algérien réclamant une contribution plus soutenue de l'écriture de l'histoire de l'Algérie, et d'autre part, de son propre désir de quête littéraire. Dix ans de silence d'écriture prouveraient un certain malaise devant le public et son conflit intérieur. Mais avec la publication de L'Amour, la fantasia (1985), qui a eu un grand succès non seulement en France mais aussi en Algérie, il semble qu'Assia Djebar se libère de ce regard extérieur hostile et de son conflit intérieur. Avec ce livre, elle entre dans un nouveau champ littéraire. Dans Vaste est la prison publié en 1995, elle examine plus résolument la relation entre la littérature et l'histoire et elle finit par se donner la vocation d'écrire l'histoire de son pays. Dans cette étude, nous avons d'abord regardé la nouveauté de la forme de ses romans. En effet, l'unité entre L’Amour, la fantasia et Vaste est la prison se remarque non seulement au niveau thématique mais aussi au niveau structural. Tout d'abord, ils sont fondés sur une structure de montage alterné où se succèdent des chapitres sur le passé personnel de la narratrice et des chapitres sur l'histoire. Ensuite, les deux romans comprennent un système d'épigraphes des auteurs, soit orientaux, soit occidentaux. Nous avons ainsi analysé les épigraphes utilisés dans ces romans pour mieux comprendre le texte. Enfin, Djebar est la première femme écrivain maghrébine qui a réalisé l'écriture du corps qu’Hélène Sixous revendique tant. La troisième partie de ce travail est consacrée à l'écriture de l'histoire dans L'Amour, la fantasia et Vaste est la prison. Djebar réécrit l'histoire de son pays ; celle du moment de la colonisation, celle de la guerre d'indépendance et celle de l'époque ancienne avant l'Algérie. Pour cela, elle étudie les documents écrits, et entend les témoignages des femmes qui ont vécu la guerre mais qui n’ont pas laissé de traces écrites ne sachant pas écrire. Elle suit également les pas des archéologues pour rechercher les alphabets perdus de ses ancêtres. En parcourant ces traces historiques, elle finit par se donner le discernement vocationnel d'un écrivain. Ici se remarque l'importance du rôle des femmes qui transmettent l'écriture de génération en génération. Le conflit intérieur de Djebar écrivant en langue des ennemis paraît donc être surmonté par la recherche de l'histoire. Djebar, étudiant le passé de l'Algérie, ainsi que le passé d'avant l'Algérie, suit les pas de ses ancêtres qui ont été dominés plusieurs fois par les étrangers mais qui ont pu recréer une nouvelle culture hybride. C'est ainsi que l'écriture des dominateurs sera donnée en héritage aux anciens opprimés, en devenant une sorte de cadeau inespéré.
참고문헌 (21)
- Assia Djebar, "L'Amour, la fantasia" (1995), Albin Michel
- Assia Djebar, "Vaste est la prison" (1995), Albin Michel
- Mireille Calle-Gruber, "Assia Djebar ou la Résistance de l'écriture : Regards d'un écrivain d'Algérie" (2001), Maisonneuve et Larose
- Beïda Chikhi, "Assia Djebar, Histoires et fantaisies" (2007), Pups
- Beïda Chikhi, "Littérature algérienne : Désir d'histoire et esthétique" (1997), L'Harmattan
- Jean Marie Clerc, "Assia Djebar, Ecrire, Transgresser, Résister" (1997), L'Harmattan
- Robert Elbaz, "Najib Redouane et Yvette Bénayoun-Szmidt (sous la direction de), Collection autour des écrivains maghrébins" (2008), L'Harmattan
- Hafid Gafaiti, "Les Femmes dans le roman algérien" (1996), L'Harmattan
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- Assia Kacedali, "Une écriture du désir, Sarrebruck" (2008), Editions universitaires européennes
- Bouali Kouadri-Mostefaoui, "L'amour, la fantasia, Ombre sultane, La femme sans sépulture" (2011), L'Harmattan
- Anna Rocca, "le corps invisible : voir sans être vue" (2004), L'Harmattan
- Marta Segarra, "Leur pesant de poudre : Romanciers francophones du Maghreb" (1997), L'Harmattan
- Hélène Sixous, "Le rire de la Méduse", L'Arc, (61) (1975)
- Kian Soheil, "Ecritures et transgressions d'Assia Djebar et de Leïla Sebbar" (1997), L'Harmattan
- 폴 벤느, "역사를 어떻게 쓰는가" (2004), 새물결
- 김정숙, "앗시아 제바르Assia Djebar의 글쓰기 - 타인의 언어로 역사쓰기", 불어불문학연구, (80), pp.669~690 (2009), 한국불어불문학회
- 송기정, "외디푸스 신화의 재창조 : 식수의 Le Nom d'Oedipe를 중심으로", 불어불문학연구, (52), pp.275~298 (2002), 한국불어불문학회
- 이규현, "소설에서의 역사의 활용과 글쓰기 -김훈의 『남한산성』과 앗시아 제바르의 Vaste est la prison을 중심으로", 불어문화권연구, (17) (2007)
- 이송이, "경계의 글쓰기와 탈식민적 여성의 자아 : 앗시아 제바르 Assia Djebar의 『사랑, 기마행진 L’Amour, la fantasia』을 중심으로", 외국문학연구, (40), pp.181~204 (2010), 외국문학연구소
- 이송이, "혼종적 정체성과 불가능한 자서전: 앗시아 제바르 Assia Djebar의 자서전 연구 - 『사랑, 기마행진 L’Amour, la fantasia』, 『감옥은 넓은데 Vaste est la prison』를 중심으로", 비교문학, (59), pp.303~328 (2013), 한국비교문학회
