전기 작가와 그의 모델 - 스탕달과 『로시니 생애』의 경우
Le biographe et son modèle - Vie de Rossini de Stendhal
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초록
Depuis l'Antiquité, la biographie était un genre codé, au caractère officiel et édifiant. Ce n'est qu'au 19ième siècle que les biographes romantiques tentent de décrire leur sujet en tant qu'être humain, dans toute sa complexité psychologique, tout en laissant transparaître leur propre subjectivité. En ce sens, la Vie de Rossini de Stendhal est exemplaire puisqu'elle se présente comme le compte-rendu des émotions de l'auteur lors de ses visites à l'opéra. De fait, tous les biographes ne peuvent échapper à l'emprise de leur sujet, et cette emprise va souvent jusqu'à l'identification inconsciente. Le temps de l'écriture, ils vivent avec le personnage biographé, et doivent souvent combler lacunes ou non-sens de leur propre logique ou imagination. Pour l'égotiste que fut Stendhal, il n'est pas étonnant que la biographie ait été le moyen de se chercher à travers l'autre. Rossini, qui était son cadet de 9 ans, représentait pour Stendhal le descendant des artistes qu'il révérait le plus, c'est-à-dire Cimarosa, Mozart, et Haydn; en cela, il pemettait à l'écrivain de se projeter sur eux à travers lui, et de parler de ses idéaux esthétiques. Les autres écrits intimes de l'auteur du Rouge et le Noir montrent d'ailleurs que la quête du moi s'effectue toujours par l'intermédiaire de l'autre. La musique, qui est également l'autre du langage, lui fournit un terrain propice pour se heurter aux limites de la langue, et pour créer la sienne propre. Car le langage se dresse comme l'un des obstacles de l'égotiste. En même temps que la musique habille le sentiment, l'excès, la folie à l'état pur que l'auteur cherche à capter et à mettre en mots, elle est cet art de l'instant, du temps dans lequel les mois multiples et fugitifs peuvent se re-connaître dans un flux irréversible mais sans cesse répété. C'est ainsi qu'à travers la biographie du musicien, Stendhal s'entraîne à assembler les morceaux épars et éphémères de son moi, avant d'entreprendre la Vie de Henry Brulard.
Abstract
Depuis l'Antiquité, la biographie était un genre codé, au caractère officiel et édifiant. Ce n'est qu'au 19ième siècle que les biographes romantiques tentent de décrire leur sujet en tant qu'être humain, dans toute sa complexité psychologique, tout en laissant transparaître leur propre subjectivité. En ce sens, la Vie de Rossini de Stendhal est exemplaire puisqu'elle se présente comme le compte-rendu des émotions de l'auteur lors de ses visites à l'opéra. De fait, tous les biographes ne peuvent échapper à l'emprise de leur sujet, et cette emprise va souvent jusqu'à l'identification inconsciente. Le temps de l'écriture, ils vivent avec le personnage biographé, et doivent souvent combler lacunes ou non-sens de leur propre logique ou imagination. Pour l'égotiste que fut Stendhal, il n'est pas étonnant que la biographie ait été le moyen de se chercher à travers l'autre. Rossini, qui était son cadet de 9 ans, représentait pour Stendhal le descendant des artistes qu'il révérait le plus, c'est-à-dire Cimarosa, Mozart, et Haydn; en cela, il pemettait à l'écrivain de se projeter sur eux à travers lui, et de parler de ses idéaux esthétiques. Les autres écrits intimes de l'auteur du Rouge et le Noir montrent d'ailleurs que la quête du moi s'effectue toujours par l'intermédiaire de l'autre. La musique, qui est également l'autre du langage, lui fournit un terrain propice pour se heurter aux limites de la langue, et pour créer la sienne propre. Car le langage se dresse comme l'un des obstacles de l'égotiste. En même temps que la musique habille le sentiment, l'excès, la folie à l'état pur que l'auteur cherche à capter et à mettre en mots, elle est cet art de l'instant, du temps dans lequel les mois multiples et fugitifs peuvent se re-connaître dans un flux irréversible mais sans cesse répété. C'est ainsi qu'à travers la biographie du musicien, Stendhal s'entraîne à assembler les morceaux épars et éphémères de son moi, avant d'entreprendre la Vie de Henry Brulard.
참고문헌 (24)
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