알제리 카빌리 지방: 인류학적 역사적 접근
La Kabylie, une région algérienne : une approche anthropologique et historique.
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초록
La Kabylie est une région algérienne qui se fait remarquer par une visibilité toute particulière, non seulement dans le domaine de la littérature d’expression française, mais aussi dans le domaine scientifique. De nombreux écrivains sont issus des villages kabyles ; de nombreuses études scientifiques sont consacrées à ces villages. En quoi consiste le particularisme kabyle? C’est l’objet d’étude qui motive cet article dont le but principal est d’explorer cette région qui a bénéficié de tant d’intérêt. Il ne s’agit donc pas d’une analyse textuelle littéraire, mais d’une sorte de présentation anthropologique et historique qui servirait à une meilleure compréhension de certain nombre de productions littéraires algériennes. Dans cette région montagneuse et surpeuplée, située au bord de la Méditerranée, la population vit principalement de l’élevage et de l’arboriculture avec des ressources complémentaires telles que l’artisanat et le commerce. Le mot-clé qui permet d’aborder cette province algérienne, réputée être « une terre de dissidence et de révolte », se trouve sans aucun doute dans sa berbérité. Si les berbères, cette population autochtone de l’Afrique du Nord qui y vit depuis au moins 5 mille ans, elle est mal connue dans le reste du monde, c’est qu’elle s’est islamisée et arabisée à partir du 7ème siècle. En dépit de l’islamisation et de l’arabisation subséquente, une grande partie des berbères persistent à maintenir leur culture et leur langue tout en appartenant à des régions berbérophones, dispersées dans toute l’étendue du Maghreb. La Kabylie est la région la plus importante de l’Algérie par le nombre de ses habitants ; elle se distingue également par les activités du mouvement revendicatif berbère. La période coloniale fut décisive pour le surgissement de la Kabylie contemporaine. Le gouvernement colonial s’intéressait à la Kabylie, parce qu’elle paraissait utile à sa politique fondée sur l’antagonisme exagéré entre berbères et arabes. Des « mythes » autour des kabyles, jugés les plus aptes à l’assimilation, se sont créés et se sont reproduits. La première école française d’Algérie y fut fondée. Malgré les désillusions causées par les révoltes kabyles, les investissements de l’État français s’y maintinrent, surtout dans le domaine de l’éducation. Ainsi la Kabylie devint la province la plus scolarisée d’Algérie. Et cette scolarisation contribua à la formation d’un milieu intellectuel important et favorisa l’insertion des kabyles dans la modernité. Les kabyles se sont mobilisés pour l’indépendance algérienne et certains d’entre eux ont été des leaders du mouvement pour l’indépendance. Ceux-ci ont été cependant écartés et parfois supprimés physiquement par l’ALN venue de Tunisie pour laquelle seuls l’islam et l’arabisme étaient capables de faire reculer le colonialisme français. La marginalisation des kabyles s’est poursuivie sous le nouveau gouvernement qui adopta l’islamo-arabisme comme l’idéologie officielle en niant ainsi la composante berbère de l’identité nationale. Demeurés une minorité marginalisée et opprimée, les berbères de Kabylie ne cessent d’affronter le gouvernement algérien en provoquant des événements de grande ampleur, tels que « le Printemps berbère » et en entraînant d’autres régions berbérophones dans la contestation. La revendication de la reconnaissance de l’identité et de la langue berbères prend surtout en Kabylie une allure de contestation contre le régime politique. Et la jeunesse kabyle semble quelque peu radicaliser le mouvement berbère. Telle est la situation de la Kabylie dans le contexte actuel de l’Algérie. S’il est difficile de prévoir l’orientation du mouvement culturel berbère, il mérite d’être suivi avec vigilance.
Abstract
La Kabylie est une région algérienne qui se fait remarquer par une visibilité toute particulière, non seulement dans le domaine de la littérature d’expression française, mais aussi dans le domaine scientifique. De nombreux écrivains sont issus des villages kabyles ; de nombreuses études scientifiques sont consacrées à ces villages. En quoi consiste le particularisme kabyle? C’est l’objet d’étude qui motive cet article dont le but principal est d’explorer cette région qui a bénéficié de tant d’intérêt. Il ne s’agit donc pas d’une analyse textuelle littéraire, mais d’une sorte de présentation anthropologique et historique qui servirait à une meilleure compréhension de certain nombre de productions littéraires algériennes. Dans cette région montagneuse et surpeuplée, située au bord de la Méditerranée, la population vit principalement de l’élevage et de l’arboriculture avec des ressources complémentaires telles que l’artisanat et le commerce. Le mot-clé qui permet d’aborder cette province algérienne, réputée être « une terre de dissidence et de révolte », se trouve sans aucun doute dans sa berbérité. Si les berbères, cette population autochtone de l’Afrique du Nord qui y vit depuis au moins 5 mille ans, elle est mal connue dans le reste du monde, c’est qu’elle s’est islamisée et arabisée à partir du 7ème siècle. En dépit de l’islamisation et de l’arabisation subséquente, une grande partie des berbères persistent à maintenir leur culture et leur langue tout en appartenant à des régions berbérophones, dispersées dans toute l’étendue du Maghreb. La Kabylie est la région la plus importante de l’Algérie par le nombre de ses habitants ; elle se distingue également par les activités du mouvement revendicatif berbère. La période coloniale fut décisive pour le surgissement de la Kabylie contemporaine. Le gouvernement colonial s’intéressait à la Kabylie, parce qu’elle paraissait utile à sa politique fondée sur l’antagonisme exagéré entre berbères et arabes. Des « mythes » autour des kabyles, jugés les plus aptes à l’assimilation, se sont créés et se sont reproduits. La première école française d’Algérie y fut fondée. Malgré les désillusions causées par les révoltes kabyles, les investissements de l’État français s’y maintinrent, surtout dans le domaine de l’éducation. Ainsi la Kabylie devint la province la plus scolarisée d’Algérie. Et cette scolarisation contribua à la formation d’un milieu intellectuel important et favorisa l’insertion des kabyles dans la modernité. Les kabyles se sont mobilisés pour l’indépendance algérienne et certains d’entre eux ont été des leaders du mouvement pour l’indépendance. Ceux-ci ont été cependant écartés et parfois supprimés physiquement par l’ALN venue de Tunisie pour laquelle seuls l’islam et l’arabisme étaient capables de faire reculer le colonialisme français. La marginalisation des kabyles s’est poursuivie sous le nouveau gouvernement qui adopta l’islamo-arabisme comme l’idéologie officielle en niant ainsi la composante berbère de l’identité nationale. Demeurés une minorité marginalisée et opprimée, les berbères de Kabylie ne cessent d’affronter le gouvernement algérien en provoquant des événements de grande ampleur, tels que « le Printemps berbère » et en entraînant d’autres régions berbérophones dans la contestation. La revendication de la reconnaissance de l’identité et de la langue berbères prend surtout en Kabylie une allure de contestation contre le régime politique. Et la jeunesse kabyle semble quelque peu radicaliser le mouvement berbère. Telle est la situation de la Kabylie dans le contexte actuel de l’Algérie. S’il est difficile de prévoir l’orientation du mouvement culturel berbère, il mérite d’être suivi avec vigilance.
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